dimanche 31 mai 2020

Notre-Dame de Paris de Victor Hugo

Notre-Dame de Paris de Victor Hugo (Flammarion, 739 pages, 2017)

Incipit :

Il y a aujourd'hui trois cent quarante-huit ans six mois et dix-neuf jours que les Parisiens s'éveillèrent au bruit de toutes les cloches sonnant à grande volée dans la triple enceinte de la Cité, de l'Université et de la Ville.

Quel roman ! Raconté comme un conte pour adulte, la narrateur nous narre une aventure en 1482. A part quelques brefs passages dont celui de la ville de Paris que je commençais à trouver longuet, cet ouvrage est passionnant. On sent que l'architecture est au centre de l'intérêt pour Victor Hugo, ce que confirme le dossier, Victor Hugo se désolant de la perte du patrimoine qui soit tombait en ruine, soit était le fruit de spéculation pour en revendre la matière première, soit se dégradait, soit était vandalisé par les évènements divers ou tout simplement la perte d'influence de la religion et du message transmis par ces livres de pierre, maintenant remplacé par les livres de papier. Notre-Dame est le cœur qui palpite dans Hugo comme dans le centre de Paris, tel un fier vaisseau fendant les flots. C'est aussi une histoire d'Amour centrée sur La Esmeralda, le cœur noir de Frollo abandonnant toute raison, tout savoir, toute connaissance pour cet amour impossible, cette mouche prise dans les filets de la passion, cette araignée qui ne lâchera plus La Esmeralda, Frollo, soleil noir devenu cyclope, ayant perdu la vue de la raison pour celui de son cœur égoïste. Le cœur pur de Quasimodo, cyclope estropié, la beauté intérieure qui ne réussit pas à charmer la beauté intérieure et extérieure. Le cœur rabougri, faux, insincère de Phoebus,  soleil en toc, tout ce qui brille n'est pas or, cyclope de pacotille. Le cœur trompé d'une mère à l'amour filial infini, cyclope du Trou-aux-rats dont la lucarne réduit sa vision, unique canal dont elle n'échappera que si peu. L'amour du philosophe, Pierre Gringoire, qui se fait une raison et préfère partir avec la chèvre ... un amour bien moins compliqué, peut-être, un amour incomplet, cyclopéen. Le tragi-comique n'est pas exempt de cette œuvre, comme lors de la parodie de justice, aveugle, même pas cyclopéenne, alors que le juge est aussi sourd que Quasimodo ... C'est aussi la vie parisienne avec sa Cour des Miracles, sa pauvreté, ses prébendes, cette lutte pour le pouvoir temporel et intemporel où règne en majesté Notre-Dame, crachant du feu et bavant du plomb, finalement violée par les gueux comme par les représentants du Roi, où la religion perd pied, par les remous de Guttenberg (1450). Bon, c'est bien plus que tout cela ... C'est une plume qui vous enchante, qui vous emporte, par ses personnages archétypaux, ses situations de tensions, cet amour impossible qui finira transcendé et sublimé par ... Ah je ne puis vous dévoiler la fin, tout de même !!! Cela rejoint ces amours contrariés comme ceux de Tristan et Iseult, Roméo et Juliette, Paul et Virginie. La Belle et la Bête, où la Bête n'est pas celle qu'on croit ... Bref, un chef-d’œuvre qui décrit aussi la vie parisienne au milieu du XVème siècle et la faiblesse relative du roi.

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA

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