lundi 1 juin 2020

The Picture of Dorian Gray by Oscar Wilde

The Picture of Dorian Gray by Oscar Wilde (Dover, 165 pages, 1993)

Incipit :

Ths studio was filled with the rich odour of roses, and when the light summer wind stirred amidst the trees of the garden there came through the open door the heavy scent of lilac, or the more delicate perfume of the pink-flowering thorn.
Une œuvre bien plus riche que ce dont je je pensais me rappeler. De nombreuses thématiques s'entrecroisent et s'enchâssent, comme un kaléidoscope. Il y a la figure de l'artiste, Basil Hallward, qui ne crée d’œuvre marquante autant qu'il est dans la vie insipide, sorte de vase communicant. Donc plus l'artiste est intéressant, vivant, social et moins ses œuvres seraient riches et puissantes. Qui a des principes éthiques. Qui aurait besoin d'une muse, en 'espèce celle de Dorian Gray, ce qui explique la légère bromance entre les deux personnages. Il fait le lien entre l'humain et l'art. Entre le monde et sa représentation. Il offre un miroir à la société. Il offrira à Dorian le chemin de Narcisse, dans lequel Dorian se perdra. Il y a la figure du serpent tentateur, Lord Henry, qui incite Dorian à cueillir le fruit de l'Art du Bien et du Mal, qui vit dans son monde qui dépasse toute notion éthique, genre de cynisme bon teint, mondain, où tout s'explique par les bons mots, les aphorismes, l'apparat, la surface des choses et au final le superficiel, monde d'illusions. Basil voudra garder les siennes et sera jugé comme tel, Dorian les perdra avec sa vie, Lord Henry y restera enfermé, aveugle. Oscar Wilde joue sur tous les tableaux (ha ha) au point de dire que l'Art est une maladie ... Mot polysémique qui va de la maladie d'amour à celle gangrène le corps et l'esprit. Et enfin Dorian, qui ne fait qu'un avec son tableau, le Bien et le Mal étant en chacun de nous, l'habit ne fait pas le moine dit-on, cela est illustré avec brio dans cette nouvelle. Dorian est d'ailleurs l'antithèse de Quasimodo et de lire ces deux ouvrages à quelques jours d'intervalle c'est comme de rencontrer la particule et son antiparticule, ce que fera Dorian à la fin lorsqu'il ne fera plus qu'un avec le tableau, retrouvant ainsi la voie du cœur, mais trop tard. Cette rencontre dans le monde quantique crée un flash, comme le cri déchirant qu'on entendra au dernier étage. L'auteur parle de l'âme, des masques (sociaux, éthiques etc), de l'Art sous ses différentes formes et Lord Henry établi une hiérarchie, le Beau est supérieur au Bien qui est supérieur au Laid. Il y aurait beaucoup de choses à dire sur cette hiérarchie qui oppose au lieu de transcender. Qui nie le principe de réalité. Lord Henry s'illusionne de bons mots au point de se tromper gravement sur la nature de Dorian, fasciné par son apparence extérieure, ignorant de son intérieur. Mais il s'agit également de cette quête chimérique de la jeunesse éternelle, de la vie éternelle, de la jouissance égoïste. Comme Faust. Dorian est l'enfant qui veut tout, est l'ego totalitaire, il est la fascination du Mal, de la Corruption, lui offrant plus de plaisir que faire le Bien. C'est un personnage qui, sous des dehors d'éducation et de civilité, est un monstre qui n'a pas su grandir, à la différence de Peter Pan qui ne le souhaitait pas et assumait de rester enfant. Cet ouvrage a du être amendé. A cause des attaques qu'a subit Oscar Wilde. La préface est une suite d'aphorisme se gaussant de ces critiques. Sa réponse est cinglante et p. 161 on peut aussi lire : The books that the world calls immoral are books that show the world its own shame. Un corollaire à : Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage. Ces mêmes biais sont toujours à l’œuvre. Au lieu d'adresser le problème de la sixième extinction et du réchauffement climatique, de prétendus intellectuels comme Finkielkraut et Pascal Bruckner préfèrent s'en prendre à Greta Thunberg. De vieux ronchons qui ne proposent rien, et qui préfèrent s'en prendre à une jeune fille qui râle (à bon escient), deux Lord Henry contemporains qui se noient dans leurs illusions de bons mots et regardent le doigt du sage au lieu de regarder la lune. Mais je m'égare. Ce livre d'Oscar Wilde est un petit bijou d'ironie, de réflexions sur l'art et les apparences, sur le combat de chacun avec sa nature profonde, de la quête de soi, du déni de la réalité, etc. C'est clairement une œuvre majeure en si peu de pages. Que cela ait gêné son époque et même servi à envoyer Oscar Wilde aux travaux forcés me la rend encore plus importante et vitale.

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA

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