jeudi 30 juillet 2020

Sabrina the teenage witch by Thomson and Fish

Sabrina the teenage witch by Kelly Thomson and Veronica Fish (Archie Comics, 144 Pages, 2019)

Une héroïne de comics qui ne date pas d'hier (1962) et qui est régulièrement rebrassée par la pop-culture, redessinée, avec des mises en pages et scénarios "modernisés" comme, pour la série TV, celle remise au goût du jour dernièrement l'est par Netflix, Chilling Adventures of Sabrina. C'est d'ailleurs en découvrant la série télé que je me suis intéressé à sa contrepartie en BD récente. Sabrina Spellman partageant sa vie entre le lycée et le combat contre des forces obscures. Oui dit comme cela rien de nouveau sous le soleil. Mais j'aime beaucoup, encore plus la série télé en fait, à la fois amusante et sombre, comme Stranger Things en fait. Avec de la magie, de l'ésotérisme et un humour noir hilarant. Et puis j'aime bien les héroïnes un peu badass. J'aime bien aussi les chats noirs, un familier du nom de Salem.  Faudra que je le présente à ma chatte Lilith. Ah j'oubliais, le dessin est particulièrement réussi !

Note : AAAAAAA

lundi 27 juillet 2020

Quidditch through the ages by Kennilworthy Whisp

Quidditch through the ages by Kennilworthy Whisp, by J. K. Rowling (Bloomsburry Comic Relief, 131 pages, 2017)

Incipit :
Quidditch through the ages is one of the most popular titles in the Hogwarts school library.
Une très belle édition. Reliée. L'argent est de surcroît reversé à une association caritative. La jaquette est très belle, légèrement embossée. Il y a une fiche de bibliothèque où apparait ceux qui ont emprunté l'ouvrage (et réserve quelques surprises ... et de l'humour), très bien illustré, les dessins sont fins, en noir et blanc à l'encre, détaillés. Les articles sont informatifs, amusants, avec quelques clins d’œil. Un avant-propos de Dumbledore ... que demander de plus ? Ah si j'ai des idées, des tickets de tournois détachable, une carte de terrain dépliable au milieu, une invitation pour le prochain tournoi, un vif d'or original ... bon tant pis. Bref j'ai adoré. Bon je suis un peu fan d'Harry Potter aussi, mais même si je l'avais dans la bibliothèque il était de côté pour le jour où ... et voilà c'est fait je l'ai lu. J'ai cru comprendre qu'une version illustrée en couleur avec plus d'illustrations allait paraitre à la rentrée !!! Hum .... Des trois livres de la librairie d'Hogwarts il me reste à lire Fantastic beast and where to find them, car j'ai lu et relu Beedle the bard depuis longtemps, je l'ai même en édition collector. Oui ... bon ... je sais, je suis un peu frappé.

Note : AAAAAAAA

Histoire des croyances et des idées religieuses : Volume 1 de Mircea Eliade

Histoire des croyances et des idées religieuses : Volume 1, De l'âge de pierre aux Mystères d'Eleusis de Mircea Eliade (Payot, 572 pages, 2016)

Incipit :
Pour l'historien des religions, toute manifestation du sacré est de conséquence ; tout rite, tout mythe, toute croyance ou figure divine reflète l'expérience du sacré, et par conséquent implique les notions d'être, de signification et de vérité.
Un livre somme, on ressort gavé et abasourdi par l'ingéniosité humaine pour expliquer le monde, et l'évolution des modèles au cours du temps. Mais surtout ce qui sidère le plus ce sont les schémas, les patterns, les structures communes. Et tout cela pour répondre à : d'où on vient, qui on est, où on va. La philosophie a pris le relais, chez les grecs déjà, puis à l'aufklärung, mais maintenant la philosophie est morte (ha ha quel facétieux ce Stephen Hawking !), sous-entendu place à l'astrophysique !! Bon ok Mircea Eliade n'était pas un ange (Il a fricoté avec un parti nationaliste et il avait des tendances antisémites, je résume). Il y a même un "concurrent" récent qui a écrit un livre (Impostures et pseudo-science: L'œuvre de Mircea Eliade) que je n'ai pas lu. Je n'ai pas l'impression que cela entache ce livre, en particulier sur la partie concernant la Torah et les juifs. Il n'en demeure pas moins que ce livre est fantastique, riche, dense, très argumenté, avec de nombreuses références ET une bibliographie critique. J'avais lu Le sacré et le profane, qui déjà m'avait passionné. Bon je pense lire d'autres ouvrages de cet auteur. Il me rappelle Joseph Cambell, disons qu'il y a des similitudes, et Les chamanes de la préhistoire. Finalement je me dis qu'étudier l'histoire des religions, ou plus précisément du sacré est source de tellement d'enrichissement que cela devrait être au programme d'études à l'école. Cela dit tellement de l'humain, comme l'anthropologie. Là il ne s'agit que du volume I, la préhistoire, l’Égypte, la Mésopotamie, Zarathoustra, le mazdéisme, les mythes d’Éleusis, dont on ne sait pas grand chose mais cela m'a fasciné ! Ce n'est pas trop romancé, c'est plutôt universitaire. Donc cela manque un peu de fun, vous êtes prévenu. Donc j'en lisais un peu chaque semaine. Et puis entrelacé avec La Montagne Magique (lecture en cours), Moby Dick, la nature humaine,  Les mythes dans les séries, Harry Potter ou Homère, hum cela fait sens. Un livre impressionnant.

Note : AAAAAAAAAA 

L'Homme qui aimait trop les livres d'Allison Hoover Bartlett

L'Homme qui aimait trop les livres d'Allison Hoover Bartlett (Pocket, 264 pages, 2020)

Incipit :
Sur un coin de mon bureau repose un livre vieux de presque quatre cent ans, enveloppé de nombreux mystères et d'un vieux sac en lin.
Sur le chemin du retour du Limousin où je suis allé me ressourcer comme une loutre sous xanax (Oui la fin d'année au travail a été compliquée), végétant dans la position qu'affectionne Hans Castorp chez les gens d'En Haut, à savoir l'horizontale, nous nous sommes arrêté à Limoges. Il se trouve que je ne puis résister à entrer dans une librairie, qu'elle soit de quartier, de livres anciens, d'occasions, de neufs, sur un étal, dans un vide-grenier,  dans une foire, ou d'une chaine comme la Fnac. En l’occurrence il s'agissait de cette dernière et une nouvelle montagne est apparue à mes sens, en l'espèce trois étages, avant d'atteindre le graal tant attendu, le rayon livres. Comme tout obsessionnel nombriliste, cet ouvrage sur un homme qui aimait trop les livres a capté mon attention comme l'orage magnétique sur un pôle en fer pointu. Ce livre s'est ajouté à la pile modeste d'achat possible déjà en cours. C'est là qu'on se dit parfois, ha ce serait cool d'acheter une palette de livres, non ? Mais je m'égare. Et puis la voiture avait le coffre plein. Comme dans le roman Catch me if you can: The true story of a real fake de Frank Abagnale on suis ici un escroc qui vit sa passion et exploite les faiblesses du système bancaire comme celui de la confiance des gens. Mais c'est surtout un témoignage sur un milieu assez discret, celui des libraires qui font commerce de livres anciens et rares, et leur contrepartie, les passionnés, les collectionneurs, les bibliophiles ou plutôt les biliomaniaques. L'auteur qui est journaliste fait une enquête et nous raconte celle-ci, ce n'est donc pas un roman ni un thriller (légère déception sur ce point, hypothèse d'achat erronnée), sur une variante du collectionneur bibliomaniaque, le voleur de livre, un en particulier, John Gilkey, qui a passé sa vie à escroquer à la carte bancaire pour assouvir son besoin de collectionneur des premières éditions d'ouvrages rares et recherchés (il suit d'ailleurs un classement des 100 meilleurs ouvrages américains) tout en menant une vie aisée (hôtel de luxe, bon repas, par exemple). On découvre surtout un milieu et l'amour immodéré pour le livre papier et jusqu'où on peut aller pour assouvir son désir. Avec une tentative de réponse qui n'effleure jamais l'instinct de chasse ancestral ... Sur l'amour irraisonné des livres, lire ce livre est comme un cachet d'extasy. A la différence que c'est le contenu qui m'intéresse au premier chef, je ne fais plus la chasse à la première édition comme j'ai pu le faire pour les bandes-dessinées. Pas les moyens de mes ambitions, on va faire dans le raisonnable. Dans ce livre il y a de nombreuses anecdotes dont celle de Jefferson faisant don de ses plus de 6000 livres à la bibliothèque qui porte son nom. Moi avec mes à peu près 3500 livres je fais petit joueur, mais je comprends totalement la passion qui habite ces personnes. Disons que je suis un bibliophile modéré. C'est tout de même un hymne aux livres. Un témoignage qui se déguste, se lit avec grand plaisir, surtout qu'il s'agit de faits réels. La bibliographie est intéressante à plus d'un point car finalement il y a peu d'ouvrages sur le sujet. Et puis peut-être serez-vous surpris par la cotation de certains ouvrages ... Ce livre m'a également très légèrement évoqué La neuvième porte, rémanence de mon souhait latent que cet ouvrage soit un thriller, ce qu'il n'est pas vraiment, mais comme j'ai vu ce film il y a longtemps cela n'a peut-être pas trop de rapport, mais bon je me rappelle Johnny Depp en marchand de livres rares. Et puis, heu, pas grand-chose d'autres, à part peut-être qu'il y a Satan dans un second rôle ? Qui fait un caméo ? Bon on s'en tape. Bref une bonne lecture détente.

Note : AAAAAAAAAAA

dimanche 26 juillet 2020

Allez tous vous faire foutre d'Aidan Truhen

Allez tous vous faire foutre d'Aidan Truhen (10x18, 312 pages, 2019)

Incipit :
Je commande un latte macchiato parce que Didi est morte et c'est triste.
Pulp Fiction format papier ! Ultra-violence, scènes trash, propos déjantés, humour noir grinçant, cynisme stoïcien et de multiples références plus ou moins cachées. Un livre qui tache. Mettez un bavoir ou une tenue d'abattoir. Vous n'allez peut-être pas me croire mais on peut voir  sourdre dans ce livre quelques propos philosophiques sous l'apparat défécatoire d'un langage fleuri, un homme au QI élaboré mais qui en est resté à l'humour potache. D'un certaine manière il est très grec, très homérique, il accepte son destin, l'assume et rempli le rôle pour lequel il sied, il y va, il agit, il ne recule pas devant l'adversité, pour lequel il scie (dans la colle) avec une tronçonneuse dernier modèle taille XXL. Du Tex Avery en mode politiquement incorrect, crade, un sale gosse qu'il fallait pas embêter, qui sait être raisonnable et ne tombe pas dans l'hubris. Il n'est pas comme Achille au moment où ce dernier passe en mode berserker, mais il défouraille sévère quand même. Bref notre héros pourrait tout à fait avoir un rôle dans l'Iliade. Un livre qui prolonge, d'une manière assez particulière, le livre Un été avec Homère. cela commence bêtement si je puis dire. Sa voisine du dessous se fait tuer méchamment. Il s'inquiète. Alors on le tabasse pour lui dire poliment d'arrêter. Mais voilà, c'est pas poli, fallait demander de manière raisonnable. Alors il passe la seconde et pour le dire en quelques mots, ça va chier grave. Bon un livre défoulatoire. Un bonbon acidulé. La couverture résume bien en fait.

Note : AAAAAAA

Open Bar 2 de Fabcaro

Open Bar 2 de Fabcaro (Delcourt, 56 pages, 2020)

Deuxième service ! Ou deuxième tournée ! Après l'opus 1, je n'ai pu résister, enfin ... nous n'avons pu résister, car cela plait à toute la famille. Une déconstruction de nos clichés, commentaires de pilier de bar, propos préformaté BFMTV,  langue de bois, hypocrisies, conformisme, biais cognitifs, idéologies en poupe (Bio, écologie, anti-racisme etc) dont se moque avec une ironie mordante l'auteur. Il renvoie dans les cordes les phrases marketing des uns et des autres dans un minimalisme formel de bon aloi, en quelques images figées les propos creux résonnent dans leurs tréfonds de vacuité. Fabcaro est aussi un bon observateur de notre époque.

Note : AAAAAAAAAAAAAA



Un été avec Homère de Sylvain Tesson

Un été avec Homère de Sylvain Tesson (Des Equateurs parallèles, 252 pages, 2018)

Incipit :
Ce fut un honneur, un bonheur, d'enregistrer Un été avec Homère.
Une lecture d'été lue en plein Limousin, dans une roulotte isolée, parfois au frais au petit matin, devant la vallée boisée, le soleil irisant frôlant les cimes des montagnes de l'autre côté.J'ai lu récemment L'Odyssée, cela tombait bien, car ce n'était pas prévu, il s'agit d'un livre de mon épouse, que je lui ai emprunté quelques jours, tant je pensais que ce livre était en adéquation avec ce lieu, en superposition avec mon voyage personnel. Il est tout aussi vrai que La Montagne Magique, roman que je lis actuellement, s'y prête tout autant. J'ai alors alterné. Il s'agit ici d'une lecture personnelle de l'Iliade et de l'Odyssée, retranscription des chroniques radiophoniques de l'auteur. Comme a dit ou pourrait dire Sylvain Tesson, rien de nouveau sous le soleil, Homère, que ce dernier ait inventé, retranscrit, ou adapté des mythes de tradition orale, décrit le monde humain, ses contradictions, ses passions, ses aspirations, le tout dans un esprit grec que l'auteur semble regretter. C'est vrai l'auteur laisse transpirer ses vues, ses paradoxes et parfois ses simplifications. Car je ne pense pas qu'il ait fallu attendre les monothéismes pour la promesse d'au-delà, l'Egypte avec le livre des morts, ou le valhalla de la mythologie nordique promettaient un au-delà où il était possible d'y trouver une bonne vie voire une meilleure, mythe de l'Eden retrouvé. Mais peu importe, j'aime bien Sylvain Tesson, car j'y retrouve mes propres interrogations. Et cette lecture est tout simplement passionnante. Au point où je vais peut-être lire L'Iliade. Beaucoup de thématique sont abordées et démontrent la richesse incroyable qui transpire de l’œuvre d'Homère. Et Sylvain Tesson y imprime ses affects, son vécu, ses impressions, et laisse percevoir quelques références intéressantes, comme Mircea Eliade, Hannah Arendt et bien d'autres. Donc cet été avec Homère est une réussite. Bien écrit, source de réflexions, et ces vers ramassés où, en quelques mots, tant de choses sont dites.

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAA

samedi 18 juillet 2020

Moby Dick d'Herman Melville

Moby Dick d'Herman Melville (Folio classique, 735 pages, 2019)

Incipit :
Je m'appelle Ishmaël. Mettons.

Un roman d'apprentissage. Un assez long prologue avec de nombreuses digressions sur la baleine, les références au début, la chasse, les matières premières extraites de la baleine, les métiers, le contexte économique, etc.. Moby Dick est un cachalot plutôt que baleine (Même famille des cétacés mais l'infra-ordre différent, le cachalot étant de la famille des Physétéridés et les baleines cela dépend, il y a la famille des Balénidés, Ziphiidés et des Balaenoptéridés. Les orques et les dauphins étant de la même famille des Delphinidés. Disons que sur la couverture il s'agit d'un cachalot, vulgairement appelé baleine à dents) et a priori n'est pas le cachalot de la couverture puisque Moby Dick est blanche. Donc un long prologue, au moins les trois quarts, puis un passage assez philosophique voire mystique, non dénué de poésie et en quelques chapitres la chasse. Puis une courte biographie de Melville. Il y aurait tellement à dire. Déjà je ne m'attendais pas à cette structure, je pensais que la chasse prendrait la plus grande partie du roman. Mais on s'imprègne des personnages, de leurs pensées, du milieu de la pêche à la baleine, de la concurrence, de quelques remarques qui auraient pu être prescientes mais ne le sont finalement pas. Melville pensait que la baleine ne serait jamais en voie d’extinction au contraire du buffle. Grossière erreur. Il y a de nombreuses références bibliques (le nombre 40, le Jugement Dernier, trinité, autel, cierges, Satan, etc.). De nombreux symboles (Faucon Noir, flamme blanche, chemin, soleil, ciel, etc.) et même des liens possibles avec Héraclite. Un  roman marquant, qui prend son temps, et prend de l'ampleur au fil des pages, et offre une profondeur certaine. En tout cas qui ne peut laisser indifférent. Je n'ai pas encore bien tout digéré, je me disais qu'il me faudrait même le relire. Plusieurs fois l'auteur parle de fantôme, ceux de Gomorrhe et d'autres. Il y a forcément un sens. Comme celui de la fatalité, ce destin auquel Achab ne souhaite même pas échapper, le rôle du prophète qui prédit son destin, et cette ambiance incroyable de faire partie d'un tout, ciel et soleil avec des échos spirituels hallucinés. Un livre qui parle de la vie ... et donc de la mort ... La mort est un mur aveugle où se cogne finalement toutes les têtes questionnantes (page 664). Un roman riche qui va me demander encore bien des jours de réflexion (J'ai pris de nombreuses notes et souligné plein de passages !)

Note : AAAAAAAAAAAAAA

Open Bar de Fabcaro

Open Bar 1re tournée de Fabcaro (Delcourt, 56 pages, 2019)

Toujours aussi drôle ce Fabcaro, le genre d'humour que j'adore. Décalé, jouant sur les tabous, les non-dits, délicieusement fantasque et absurde, avec une ironie mordante il s'amuse de nos travers, de nos angoisses modernes (climat, bio, etc.). Je suis un grand fan ... il est toujours bon de rire de sujets aussi sérieux et dérangeants.

Note : AAAAAAA

vendredi 17 juillet 2020

Dialogue sur la nature humaine de Cyrulnik et Morin

A table !!!
Dialogue sur la nature humaine de Boris Cyrulnik et Edgar Morin (Édition de l'aube, 84 pages, 2000)

Incipit :
Boris Cyrulnik. - Je vous surveille depuis longtemps - il m'arrive même de vous lire - et j'ai l'impression que nous jouons un peu dans la même équipe mentale.

Une surprise trouvée en tête de gondole à la Libraire du Chat qui dort. Merci à la libraire. En parcourant ce court entretien j'y ai trouvé deux passages qui me semblaient prometteurs, je l'ai donc acheté. J'y ai retrouvé ce souhait de la transdisciplinarité, de l'unité terrienne, de cet accord harmonieux avec la biosphère, ces regrets sur le peu de progrès spirituels de Sapiens, gavé de raison mais toujours aussi belliqueux, agressif, xénophobe, imbécile, intolérant etc. Cette crevure (au sens figuré du dictionnaire) de Donald Trump est à ce titre un beau spécimen de la médiocrité humaine (Comme le dit à sa manière Sylvain Tesson il suffit de regarder les actualités pour voir l'échec de Sapiens toujours dans son enfance chaotique, ce qu'a parfaitement résumé D. H Lawrence dans sa figure sur la chenille [1]). J'y ressent ce souhait de transcendance, d'une nouvelle humanité, tenant enfin compte de son histoire, de ses réflexions, de sa pensée, de son empathie, la plus aboutie parmi les animaux selon Cyrulnik. Beaucoup de passages qui méritent réflexion, j'ai pris de nombreuses notes. De manière synchronique (coïncidence signifiante) page 41 Héraclite est cité, alors que je venais il y a peu d'écouter Sylvain Tesson parler d'un de ses livres favoris : Les fragments d'Héraclite. De surcroit ce qui est cité dans ce livre est "vivre de mort, mourir de vie" et cela fait écho à justement mon autre lecture en cours, Moby Dick, où, page 583 est dit "La Vie enveloppait la Mort ; la Mort tramait la Vie". A la fois Ouroboros et ce tramage qui rappelle les Parques, en particulier Clotho, celle qui notamment tisse. Et tout cela est lié, les propos de Sylvain Tesson, comme ceux d'Herman Melville, par la voix d'Ishmaël, comme ceux de Boris Cyrulnik ou Edgar Morin, ou encore cet exposé sur l'archéologie enseignée à Cambridge. J'y rajouterais bien quelques propos d'Isaac Asimov, que ce soit ses interview ou son autobiographie I, Asimov ou encore Les Tisserands  d'Abdennour Bidar. Tout cela pour dire que ce court récit d'entretien recèle en lui de nombreux fils de réflexions, des pistes à explorer, une profondeur et surtout un espoir.

Note: AAAAAAAAAAAAAAAA

[1]  “And besides, look at elder flowers and bluebells-they are a sign that pure creation takes place - even the butterfly.
But humanity never gets beyond the caterpillar stage -it rots in the chrysalis, it never will have wings.It is anti-creation, like monkeys and baboons.
” ― D.H. Lawrence, Women in Love

jeudi 16 juillet 2020

Les tribulations d'un Chinois en Chine de Jules Verne

Les tribulations d'un Chinois en Chine de Jules Verne (Le livre de Poche, 254 pages, 2019)

Incipit :
Il faut pourtant convenir que la vie a du bon ! s'écria l'un des convives, accoudé sur le bras de son siège à dossier de marbre, en grignotant une racine de nénuphar au sucre.

Leçon de vie. une fois de plus. Je ne l'aurais pas interprété de manière si claire plus jeune. Mais là c'est évident. Surtout lorsqu'on est en train de lire Sénèque. Un livre sur le bonheur, sur la Vie et donc sur la Mort. A quoi sert de vivre ? Peut-on être heureux né avec une cuillère d'argent dans la bouche ? Faut-il connaitre la souffrance ? Peut-on être indifférent au monde ? A quoi sert la philosophie ? L'expérience des autres profite-t-elle ? Bref. J'ai trouvé l'histoire moins passionnante que Le tour du monde en 80 jours mais suffisamment plaisante. Un roman d'apprentissage comme sait si bien le faire Jules Verne. Ne boudons pas notre plaisir. Je serais curieux de revoir le film avec Belmondo, bien que transposé à notre époque et sans que l'acteur soit le moins du monde chinois. Mais après tout l'allégorie reste la même.

Note : AAAAAA

Alice's adventures in Wonderland by Lewis Carroll

Alice's adventures in Wonderland by Lewis Carroll (Pocket Bilingue, 288 pages, 2018)

Incipit :
Alice was beginning to get very tired of sitting by her sister on the bank, and having nothing to do: once or twice she had peeped into the book her sister was reading, but it had no pictures or conversations in it, and "what the use of a book," thought lice, "without pictures or conversations?"

Il s'agit d'une relecture. Et pour aussi pratiquer régulièrement l'anglais. Si j'ai opté pour un choix bilingue c'est pour ne pas trop rater les jeux de mots, ou la précision des mots employés par Carroll ou les références méta (Lieux, enfance, biographie) liées à l'auteur. J'ai bien fait car dans les notes est précisé certains jeux de mots où je serais passé à côté (En particulier 'the little sister' pour faire référence à 'the Liddell sister', celui là je l'aurais raté ! Même en étant attentif). Je compte relire la suite mais cette fois dans l'édition "The annotated Alice" avec des remarques de l'excellent Martin Gardner. Bon ce récit est archi connu, archi adapté (Walt Disney, Tim Burton), disons que cette édition vaut pour le côté bilingue ainsi que les notes, et la courte biographie ainsi que les illustrations et photos.

Note : AAAAAAA

Mythes & symboles cachés dans nos séries préférées de Christian Doumergue

Mythes & symboles cachés dans nos séries préférées de Christian Doumergue (Les éditions de l'Opportun, 304 pages, 2020)

Incipit :
S'il y a eu un âge d'or des séries télé américaines dans les années 1950, il aura fallu attendre les années 1990, et plus encore 2000, pour voir ce genre reprendre toute sa puissance dans la culture de masse.
Un livre qui va vous révéler à quel point les mythes et symboles infusent dans les séries télé (de qualité). Je ne pense pas qu'il s'agisse d'un hasard, nous sommes séduit par ce qui nous est familier, par notre culture, par les références, par des structures qui nous parlent, directement, intuitivement, pour ainsi dire inconsciemment, et il est de notoriété que dans les contes, le mythe du héro ou encore le storytelling, les structures de base sont peu nombreuses, tout le reste est habillage. Retrouver les archétypes dans les séries qui ont du succès ne peut donc être surprenant, bien plus serait le contraire. Cet ouvrage démontre ainsi les références antiques auxquels des scénaristes astucieux ont fait appel, tant ce sont dans les vieux pot qu'on fait les meilleures soupes. C'est aussi un guide culturel sur des traditions antiques, des cultes, des lieux, des légendes, des mythes. Cela peut aussi s'apparenter à un jeu de piste où le spectateur curieux peut aguerrir son esprit. Au final rien n'empêche de regarder ces séries de manière indifférentes aux mythes sous-jacents, passif, sans esprit critique, sans curiosité. Et pourtant ce guide montre à quel point il y a matière à s'interroger et jusqu'où les scénaristes sont prêt à creuser pour offrir à celui qui veut chercher de quoi s'interroger. Je n'ai pas vu certaines séries, sur celles que j'ai vu il est vrai que je n'ai pas vu toutes les références. Je ne connaissais pas Ishtar je ne risquais pas de la reconnaitre, et en ce sens ce guide permet aussi de se cultiver et d'essayer de mieux percevoir la prochaine fois. De nombreuses références et une bibliographie passionnante. Pour faire passer des messages il n'y a pas que le montage, les plans, le choix des acteurs, le scénario, il y a aussi des sous-structures puissantes qui peuvent aussi servir. Un livre qui m'a envouté !

Note : AAAAAAAAAAAAA

Dans l'abîme du temps de H.P. Lovecraft & Gou Watanabe

Dans l'abîme du temps de H.P. Lovecraft & Gou Watanabe (Ki-oon, 346 pages, 2019)

La version manga d'un ouvrage de H.P. Lovecraft. Il est toujours risqué de dessiner l'horreur surtout lorsqu'elle est souvent évoquée, laissant au lecteur le soin de combler par son imagination, ses peurs ancestrales et archétypales. Néanmoins ce manga a su saisir l'étrangeté, le sentiment de peur, d'angoisse, et ce quelque chose qui nous dépasse au travers de l'espace et du temps. Dans son ensemble c'est plutôt réussi. Un cadeau de Noël ! Oui j'ai un peu de retard dans mes lectures, dans mes articles, dans à peu près tout. Mais est-ce si grave en définitif ? (Cherchez pas, la réponse est : pas le moins du monde). Pour m'affranchir du monde du travail que je trouve particulièrement pesant, j'ai compensé par de nombreuses lectures. Comme je parallélise (oui c'est pas forcément recommandé, mais je crois que je m'en fous complètement, Daniel Pennac dans Comme un roman indique les droits imprescriptibles du lecteur, il n'y a pas semble-t-il, vu que j'ai pas lu son livre mais dans le résumé disons, le choix de lire plusieurs livres "en même temps", mais c'est dans l'esprit) forcément les articles arrivent par lot car je termine plus de livres "en même temps". Bref j'aime bien ce manga. La texture souple et douce de sa couverture, ce noir et blanc qui va si bien à l'ambiance, en clair il fait honneur au texte initial. Que je préfère. Oui je préfère en général toujours l'original à la copie, fut-elle adaptée au mieux.

Note : AAAAA

Au rendez-vous des revenants de Robert Arthur Jr.

WouhhouuuuuhhhHHH
Au rendez-vous des revenants de Robert Arthur Jr., présenté par Alfred Hitchcock (Bibliothèque Verte / Hachette, 180 pages, 1979)

Incipit :
Bob Andy laissa sa bicyclette devant le perron et entra dans la maison.
Une relecture d'un des livres de mon enfance. J'ai pu retrouver la même édition. Effet madeleine de Proust ... Nostalgie ? Un peu. Amusant comme expérience. J'ai hésité à le lire en anglais, après tout pourquoi ne pas changer une variable ? Et puis non j'ai voulu retrouver le même livre, avec cette couverture bien précise, le même toucher, le même poids, voire la même odeur. Au contraire de ce qu'on peut croire de prime abord ce n'est pas écrit par Alfred Hitchcock, mais par Robert Jay Arthur Jr. J'aime beaucoup la manière dont on découvre les trois adolescents et comment ils bâtissent leur agence de détective.C'est très orienté pour les garçons tout de même avec des personnages assez cloisonnés : l'intelligent, donc le chef, les muscles et le rat de bibliothèque. Mais l'histoire est pas mal, avec son côté maison hanté qui forcément intrigue ... Une redécouverte qui a gardé une (petite) partie de son charme.

Note : AAAAAA