lundi 27 juillet 2020

L'Homme qui aimait trop les livres d'Allison Hoover Bartlett

L'Homme qui aimait trop les livres d'Allison Hoover Bartlett (Pocket, 264 pages, 2020)

Incipit :
Sur un coin de mon bureau repose un livre vieux de presque quatre cent ans, enveloppé de nombreux mystères et d'un vieux sac en lin.
Sur le chemin du retour du Limousin où je suis allé me ressourcer comme une loutre sous xanax (Oui la fin d'année au travail a été compliquée), végétant dans la position qu'affectionne Hans Castorp chez les gens d'En Haut, à savoir l'horizontale, nous nous sommes arrêté à Limoges. Il se trouve que je ne puis résister à entrer dans une librairie, qu'elle soit de quartier, de livres anciens, d'occasions, de neufs, sur un étal, dans un vide-grenier,  dans une foire, ou d'une chaine comme la Fnac. En l’occurrence il s'agissait de cette dernière et une nouvelle montagne est apparue à mes sens, en l'espèce trois étages, avant d'atteindre le graal tant attendu, le rayon livres. Comme tout obsessionnel nombriliste, cet ouvrage sur un homme qui aimait trop les livres a capté mon attention comme l'orage magnétique sur un pôle en fer pointu. Ce livre s'est ajouté à la pile modeste d'achat possible déjà en cours. C'est là qu'on se dit parfois, ha ce serait cool d'acheter une palette de livres, non ? Mais je m'égare. Et puis la voiture avait le coffre plein. Comme dans le roman Catch me if you can: The true story of a real fake de Frank Abagnale on suis ici un escroc qui vit sa passion et exploite les faiblesses du système bancaire comme celui de la confiance des gens. Mais c'est surtout un témoignage sur un milieu assez discret, celui des libraires qui font commerce de livres anciens et rares, et leur contrepartie, les passionnés, les collectionneurs, les bibliophiles ou plutôt les biliomaniaques. L'auteur qui est journaliste fait une enquête et nous raconte celle-ci, ce n'est donc pas un roman ni un thriller (légère déception sur ce point, hypothèse d'achat erronnée), sur une variante du collectionneur bibliomaniaque, le voleur de livre, un en particulier, John Gilkey, qui a passé sa vie à escroquer à la carte bancaire pour assouvir son besoin de collectionneur des premières éditions d'ouvrages rares et recherchés (il suit d'ailleurs un classement des 100 meilleurs ouvrages américains) tout en menant une vie aisée (hôtel de luxe, bon repas, par exemple). On découvre surtout un milieu et l'amour immodéré pour le livre papier et jusqu'où on peut aller pour assouvir son désir. Avec une tentative de réponse qui n'effleure jamais l'instinct de chasse ancestral ... Sur l'amour irraisonné des livres, lire ce livre est comme un cachet d'extasy. A la différence que c'est le contenu qui m'intéresse au premier chef, je ne fais plus la chasse à la première édition comme j'ai pu le faire pour les bandes-dessinées. Pas les moyens de mes ambitions, on va faire dans le raisonnable. Dans ce livre il y a de nombreuses anecdotes dont celle de Jefferson faisant don de ses plus de 6000 livres à la bibliothèque qui porte son nom. Moi avec mes à peu près 3500 livres je fais petit joueur, mais je comprends totalement la passion qui habite ces personnes. Disons que je suis un bibliophile modéré. C'est tout de même un hymne aux livres. Un témoignage qui se déguste, se lit avec grand plaisir, surtout qu'il s'agit de faits réels. La bibliographie est intéressante à plus d'un point car finalement il y a peu d'ouvrages sur le sujet. Et puis peut-être serez-vous surpris par la cotation de certains ouvrages ... Ce livre m'a également très légèrement évoqué La neuvième porte, rémanence de mon souhait latent que cet ouvrage soit un thriller, ce qu'il n'est pas vraiment, mais comme j'ai vu ce film il y a longtemps cela n'a peut-être pas trop de rapport, mais bon je me rappelle Johnny Depp en marchand de livres rares. Et puis, heu, pas grand-chose d'autres, à part peut-être qu'il y a Satan dans un second rôle ? Qui fait un caméo ? Bon on s'en tape. Bref une bonne lecture détente.

Note : AAAAAAAAAAA

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