dimanche 30 août 2020

In praise of shadows by Jun'ichiro Tanizaki

 In praise of shadows by  Jun'ichiro Tanizaki (Leete's Island Books, 56 pages, 1977)

Incipit :

What incredible pains the fancier of traditional architecture must take when he sets out to build a house in pure Japanese style, striving somehow to make electric wires, gas pipes, and water lines harmonize with the austerity of Japanese rooms—even someone who has never built a house for himself must sense this when he visits a teahouse, a restaurant, or an inn.

Je n'ai jamais lu quelque chose d'aussi beau sur les sanitaires. Mais on entre surtout dans la pensée contemplative japonaise, de celle qui se soucie du détail, du beau, de l'esthétique, y compris voire surtout dans les objets du quotidien, là où on vit, l'essentiel en somme. Le contrepoint de l'utilitarisme et de notre occident consumériste, de la vitesse, du plastique, en un mot de la laideur (Ce qui nous semble beau étant mis en cage, enfermé dans ce qu'on appelle des musées, tout à fait dans la logique occidentale en perdition de spiritualité). J'ai, peut-être, touché légèrement du doigt l'esprit japonais, son esthétique, sa vision du monde, tout en délicatesse, en minimalisme. Les minimalistes occidentaux retrouvent cette économie matérielle mais passent complètement à côté de l'esthétique ou du raffinement japonais (L'ombre, les textures, la transparence, le silence, les sons naturels, l'harmonie, l'équilibre, les matières qui s'associent entre elles, bref une pensée globale esprit-corps-âme). Le passage sur la femme m'interroge, de celui qui enferme la femme ne laissant voir que son visage ou estimant que la femme japonaise fait tache dans un groupe d'occidentale. L'essentialisation me pose souci, dénotant des généralisations abusives, pire, le dégoût supposé de l'ombre par les occidentaux (Encore une généralisation abusive) justifie, pour des raisons esthétiques, sous-jacente à la psychologie, le rejet par la race blanche (!) des races de couleurs (!) (p. 31). Je suis stupéfait par ce genre de propos qui en une phrase réductrice, lapidaire, essentialiste, expliquerait le racisme et le trouverait ... normal. Pour des raisons  ... esthétiques. Pourquoi pas le bruit et l'odeur pendant qu'on y est, comme le proposait l'éminent intellectuel J. Chirac ? Mais les propos esthétiques de cet essai évacuant la psyché de la femme, de l'homme au sens large, le jugement est ainsi formé sur les apparences. Cependant on ne peut s'arrêter aux apparences ou alors on évite des raisonnements basés sur des faits aussi incomplets et étroits. L'impression que depuis la controverse du Valladolid, l'humain n'a guère progressé d'un pouce. J'ai apprécié les errances de cet essai, en dépit de ce qu'affirme la postface que l'occidental est habitué à thèse antithèse synthèse et une certaine structure. C'est possible. Mais je n'y adhère pas, encore un poncif d'un intellectuel en mal d'idée et qui affirme par autorité. Mais au moins il relève que le présupposé génétique qui aurait induit un goût particulier pour les ombres est un peu crétin. Bizarrement on aurait pu s'en douter, n'est-ce pas ce qu'on lit dans Candide, dans l'ouvrage de Darwin qui estime une l'humanité après son séjour en Terre de Feu, ou autre ouvrages antérieurs à cet essai ?

Note : AAAA

samedi 29 août 2020

L'ultime Mystère de Paris de Bernard Prou

 L'ultime Mystère de Paris de Bernard Prou (Anne Carrière, 331 pages, 2019)

Incipit :

Après l'affaire qui m'amena naguère à Pau afin de régler la succession de la bibliothèque du docteur Saint-Marly, j'ai amalgamé, en entorse avec la plus élémentaire déontologie, ma vie professionnelle et ma vie privée.

Un thriller ésotérique qui se lit avec avidité, rythme soutenu, meurtres, labyrinthe dans des souterrains, bibliothèques secrètes, énigmes, cryptographie, cercles d'initiés, et qui se mélange assez bien à des évènements contemporains, la guerre d'Algérie notamment et les bombes nucléaires gerboise françaises. Sur ce dernier point cela semble assez réaliste mais je ne sais la part historique, l'auteur ne le précise pas et je trouve cela dommage. Globalement c'est très bien fait, il y a des ruptures de tons un peu déroutantes mais au final je suis assez content de ce thriller. Le seul reproche est que la résolution de l'intrigue principale laisse sur sa faim (Les raisons des meurtres et le(s) assassin(s), je ne peux préciser sans divulgâcher). Les aspects alchimie et franc-maçonnerie ajoutent un aspect mystérieux et mystiques à l'ensemble qui se marrie bien à la grande histoire et propose une explication intéressante sur la pierre philosophale, un peu différente de celle d'Harry Potter ha ha.

Note : AAAAAAA

Harry Potter and The Chamber of Secrets House Edition Hufflepuff by J.K. Rowling

 Harry Potter and The Chamber of Secrets House Edition Hufflepuff by J.K. Rowling (Bloomsburry, 384 pages, 2018)

Incipit :

    CHAPTER ONE
The Worst Birthday
Not for the first time, an argument had broken out over breakfast at number four, Privet Drive.

Oui, je suis au courant, je l'ai déjà lu il y a seulement un peu plus d'un an. Que voulez-vous ... J'y pris à nouveau grand plaisir. Je me posais des questions sur le bien et le mal, en particulier sur Lucius Malfoy qui, par son action, a failli faire tuer, en tout cas a des intentions clairement meurtrière et qui s'en sort facilement par une petite tape sur la main et la perte de son familier. D'un point de vue de la justice temporelle il y aurait à redire, quant à Dumbledore, il avait peut-être derrière la tête un plan plus stratégique. Il n'empêche que Lucius s'en sort bien pour des visées clairement racialistes. Un ministre de la magie fantoche, un conseil soumis, un innocent envoyé en prison pour des raisons de communication, cela interroge beaucoup et il en est bien ainsi, cela permet des échanges fructueux avec ses enfants. Enfin, je le suppose.

Note : AAAAAAA

Le voyage initiatique de Daniel Béresniak

 Le voyage initiatique. L'enseignement des dieux de Daniel Béresniak (Detrad, 151 pages, 2013)

Incipit

"Lève-toi et marche !" Ces mots sont trop familiers, au moins dans l'espace judéo-chrétien, pour être connus.

Sur le conseil de lecture d'une amie j'ai lu ce livre avec plaisir. Cela résonnait bien avec ma randonnée cet été dans le Limousin. J'y ai retrouvé Gilgamesh mais avec une histoire sensiblement différente de celles que j'avais lu (Stephen Mitchell, Jens Harder), quant au Graal cela m'a rappelé Excalibur de Boorman mais aussi Indiana Jones 3, mais surtout qu'il me faudrait lire Chrétien de Troyes. Je n'ai pu m'empêcher d'y voir des liens assez fort avec La Montagne Magique (Par exemple p.143 sur le mythe du héros). Et bien sûr Harry Potter qui comporte aussi beaucoup l'usage du nombre sept comme dans le roman de Thomas Mann. A une époque de tourisme de masse,de Google Street, d'un perte de sens, que signifie encore voyager ? Sylvain Tesson y répond à sa manière, en Sibérie par exemple ou sur les chemins noirs, mais pour moi qui ne m'isole pas près du lac Baïkal, est-ce que je voyage ? Humm dans le Limousin oui ... Est-ce que cela m'a élevé ? Je me rappelle cette randonnée à la cascade de la Tine. Clairement j'y ai trouvé plus que de l'eau qui tombe.

Note : AAAAAAA

dimanche 23 août 2020

La Montagne Magique de Thomas Mann

La Montagne Magique de Thomas Mann (Livre de poche, 1169 pages, 2019)

Incipit :

Un jeune homme simple quitta sa ville natale de Hambourg, au plus fort de l'été, pour se rendre à Davos, dans le canton des Grisons.
Un livre qui nous emmène dans un voyage, à travers l'espace et le temps, comme un songe, une rêverie. Distorsion du temps, hors de l'espace commun, celui des hommes dans un monde profane. Ceux d'en Haut (Espace sacré) échappant à une routine des destins de l'Histoire. Ce livre parle de la Mort, omniprésente, et donc de la vie, de ses codes sociaux, de ses enjeux intellectuels qui y trouvent toujours place. Cela interroge notre humanité et induit une réponse intuitive sur notre origine, qui nous sommes et où nous allons. Il y a plusieurs manières de modifier notre perception du temps, l'auteur en parle lui même dans sa manière d'écrire au sein de cette histoire, mais la longueur du livre elle-même va œuvre sur le lecteur, l'auteur étant un Shaman qui va nous modifier notre état de conscience à plusieurs niveaux. Cela suit le mythe du héros (Campbell 1, Campbell 2), et les archétypes des religions (Eliade), un voyage initiatique en somme (Comme chez Jules Verne 1, Jules Verne 2, CF. Jules Verne et le roman initiatique de Simone Vierne), une catabase comme chez Homère (L'odyssée, Harry Potter 1, deuxième histoire dans Thorgal 1), où le héros se transforme après un passage via la mort, une deuxième renaissance. Une traduction claire, avec force annotations sur les références pas forcément évidentes (notamment celles du Faust de Goethe, même si j'aurais reconnu a minima La nuit de Walpurgis, car ayant lu Faust aux 3/4 cet été et l'ayant abandonné, c'est bien écrit, il y a de beaux vers mais l'histoire est assez mal racontée, par exemple la rencontre entre Faust et Méphistophélès est médiocrement expédiée, mal exploitée, nase. Le film La Beauté du Diable est bien mieux à ce titre. Et puis les chapitres manquent de liant, bref très déçu). Un grand roman, puissant, ramifié, complexe (ce qui ne veut pas dire compliqué : riche en somme). La traductrice propose une postface assez érudite qui m'a permis de comprendre certaines choses qui m'avaient échappées (Notamment le contexte de l'écriture du roman, paru dans l'entre deux guerre, en 1925, mais aussi la réception de cet ouvrage par Gide et la germanophobie française de l'époque, ou encore les liens avec l'oeuvre Proust ou Bergson). Je recommande. En fait il y a beaucoup trop à dire sur ce roman ... mais il n'en reste pas moins vertigineux.

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA


samedi 22 août 2020

Qu'est-ce que la connaissance ? de Julien Dutant

 Qu'est-ce que la connaissance ? de Julien Dutant (Vrin, 128 pages, 2018)

Incipit :

Lorsqu'on demande à un philosophe ce qu'est la connaissance, on attend de lui une explication de ce en quoi elle consiste - une théorie de la connaissance.

Déjà je pense avoir à peu près tout suivi et compris. Une gageure sur un livre qui fouille dans le détail la notion de connaissance. C'est suite à une article de Science & Vie (N° 1235, août 2020) sur la démonstration mathématique de la croyance en Dieu que ce sujet m'a intéressé. Mais également à la suite de Free Will, m'interrogeant sur nos fondations mêmes. Cette démonstration de S&V est de suite reformulée dans le sous-titre par "selon les règles de la logique, l'existence de Dieu est nécessaire !" puis dans l'article que Dieu n'est pas véritablement prouvé mais que ne pas croire en la démonstration relèverait de l'irrationnel. Déjà reformuler à qui mieux mieux la problème initial ne va pas en la faveur d'une rigueur scientifique très claire. Mais je ne vois pas en quoi il est plus rationnel de démontrer mathématiquement ce qui relève de la croyance, de la foi et qui échappe en quelque sorte à la connaissance, cette dernière s'appuyant sur quelque chose de réel (Voir les définitions du réel et de la réalité). Il n'est pas clairement étayé non plus que la croyance aux licornes vaudrait moins que la croyance en Dieu sous prétexte que Dieu aurait plus qualités. Dans Harry Potter et la pierre philosophale la Licorne a bien également toutes les qualités de pureté (D'où mon 'L' majuscule). Il semble que se mêlent à tout cela des 'jeux de langage'. Rien que l'athéisme a une définition large et une réduite (Apparait plus clairement dans l'article Wikipédia anglais que celui en français). Mais l'article reprend une démonstration assez ancienne (Saint-Anselme) déjà démontrée au milieu du XXème siècle par Kurt Gödel, il s'agit de l'argument ontologique. Donc rien de vraiment nouveau d'un point de vue argumentaire. Le problème de cet argument, pour faire court et de manière lapidaire, est qu'il présuppose ce qu'il prétend démontrer (Comme le "Je pense donc je suis". Dès le premier "Je", la démonstration peut déjà s'arrêter, ce qui rend circulaire le raisonnement la phrase de Descartes ou la proposition une tautologie). L'avancée réelle, donc, apportée par l'article est en fait l’utilisation de l'informatique pour valider la démonstration de cet argument ontologique par Kurt Gödel, et d'ailleurs y trouver au passage une faille dans ce raisonnement. Mais au final n'est pas clairement séparé l'existence de Dieu de la croyance en l'existence de Dieu, le lien entre langage et réalité, le langage étant un outil permettant d'échanger mais avec un lien diffus avec la réalité (Richard Dawkins le rappelle très bien dans son livre Le gène égoïste, certains croyant aux mots au point d'oublier que les mots sont supposés être un reflet du réel et donc en oublie ... le réel). Bref, suite à cet article j'ai souhaité creuser le sujet, sur connaissance, ignorance, vérité, science et croyance. En premier lieu un livre sur l'épistémologie (de Guillaume Decauwert), un livre sur Philosophie de la connaissance (Dutant et Engel) et ce livre sur "Qu'est-ce que la connaissance ?". Je n'ai pas été déçu, on voit comment cette notion de connaissance est un sujet plus complexe, plus profond, plus difficile qu'il ne pourrait paraître de prime abord. Mais je regrette que cet livre ne soit pas plus clair entre la connaissance qu'à le sujet et la connaissance objectif "indépendante" du sujet. C'est la connaissance au sens un peu classique de "je connais" qui est tout de même liée à la vérité, au vrai, mais comme ces deux dernières notions ne sont pas approfondies on s'attache surtout à ce qu'il est possible de connaitre et ce qu'on entend par connaissance, au niveau de l'individu. Et distingue certitude, ou exonère l'erreur en cas de bonne foi. Cela parle de croyance mais au sens de "je crois que les clés sont dans le tiroir" ce qui n'est pas la croyance au sens de la foi qui n'est pas explicitement évoquée ici non plus. Ce livre montre les recherches sur la connaissance, définition, mais aussi formalisme avec le système formel (calcul des propositions et des prédicats), cela me rappelle quelques souvenirs de programmes en Prolog tout ça ... La deuxième partie reprend quelques sources (B. Russell, voir Logicomix, Peter Unger) et cite Wittgenstein plusieurs fois ce qui m'évoque aussi quelques souvenirs (Enquête, biographie). Globalement ce livre résume assez bien la problématique et les enjeux ainsi que les lignes de dissension entre les différents philosophes. J'ai particulièrement apprécié le trilemme d'Agrippa (P. 86) ainsi que les commentaires suite aux deux testes de B. Russell et Unger mais je reste sur ma faim en ce qui concerne le vrai, la vérité voire la Vérité et la distinction entre la connaissance qu'a un sujet et une connaissance qui serait indépendante du sujet (si elle existe). Le livre semble dire que cette distinction n'a pas d'importance au final et là-dessus il me faudrait y réfléchir plus intensément. Certes un groupe qui renforcerait ou aurait la même connaissance n'est pas un gage (Voir le film Le village de Night Shyamalan, ou le communautarisme ou tout type de groupe cohérent en leur sein, ou à peu près, y compris les complotistes) et puis il y a toujours la position style The Matrix, impossible de savoir si nous sommes dans une simulation (Je prends l'hypothèse qu'il n'y a ni Neo ni Morpheus), ou pire comme dans Simulacron-3 (en film soit Le monde sur le fil ou Passé virtuel) qui explore peut-être la régression infinie et nous perds dans une spirale sans fin. Au final un livre vivifiant et édifiant, un sujet passionnant, je me suis éclaté ...

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA 

 “Those who can make you believe absurdities, can make you commit atrocities.” ― Voltaire.

dimanche 16 août 2020

Free Will by Sam Harris

 Free Will by Sam Harris (S & S International, 96 pages, 2012)

Incipit :

The question of free will touches nearly everything we care about.
J'avais des doutes. Je n'en ai guère plus. En ce qui concerne le libre arbitre ... nous n'en avons pas. Une illusion. Illusion utile d'un point e vue évolutionniste, rassurante, mais une illusion tout de même. J'avais regardé quelques vidéos sur le sujet (Voir mon post sur Parlez-vous cerveau) et Alex parlait de cet essai de Sam Harris. Quel que soit la manière d'y penser, de tourner autour, d'essayer de s'en sortir, ben non pas de libre arbitre. Faudra vous y faire. Cela ne veut pas dire être fataliste, ne rien faire ou ne pas essayer d'influencer pour une meilleur société ou excuser les criminels, ces points sont d'ailleurs adressés car effectivement cela peut donner le sentiment d'un "à quoi bon" délétère alors qu'en fait on peut faire comme l'auteur et s'améliorer ou se complaire dans l'illusion (Comme le traitre dans le film Matrix) ou comme l'auteur le dit en reprenant l'illustration de la couverture "A puppet is free as long as he loves his strings". Après les trois blessures narcissiques de l'humanité (Copernic, Darwin, Freud) et peut-être une quatrième avec l'I.A. (Défaite du meilleur joueur d'échec et récemment de Go), qu'on pourrait attribuer à John McCarthy ? Ou à Alan Turing ? bref, cette perte de libre-arbitre pourrait en être une cinquième (A moins qu'elle ne se cumule à celle de Freud qui disait
"malgré toutes les apparences et les croyances, l'homme n'était jamais le souverain de son âme" à quoi s'ajouterait, modification toute personnelle, "malgré toutes les apparences et les croyances, l'homme n'était jamais le souverain de son esprit").

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA

Parlez-vous cerveau de Lionel Naccache

 Parlez-vous cerveau de Lionel Naccache (Odile Jacob, n pages, 2100)

Incipit :

C'était un peu avant l'été, ce détail saisonnier qui peut paraitre incongru a ici sa petite importance.
Un recueil de chroniques radio dont l'ambition est de donner au citoyen honnête et curieux quelques éléments de base sur le cerveau, que ce soit sur la plasticité du cerveau, la dissonance cognitive ou encore la conscience de soi. C'est un peu léger et m'a laissé sur ma faim. Néanmoins on apprends tout de même plein de chose, notamment The Rubber hand Illusion. Qui me rappelle un peu l'expérience de l'INRIA (Six fingers illusion) en réalité virtuelle, pour nous faire accroire qu'on avait un sixième doigt ! Tout ça à cause d'échange avec un joueur de Go sur la conscience, le libre arbitre, les croyances ou qu'est-ce que penser/créer/etc. J'ai regardé pas mal de vidéos (Par exemple Alex de ComicSkeptic, ou Stephen Woodford de Rationality Rules) sur le sujet ce qui m'a amené à d'autres ouvrages. Cet ouvrage effleure ce libre arbitre et ne tend pas à dire que nous en ayons beaucoup. Cela parle un peu aussi de nos biais cognitifs. D'ailleurs le "Je pense donc je suis" n'est pas contradictoire mais un argument circulaire, le premier 'Je' étant préexistant dans le "Je pense" au "je suis" qui suit. Donc faut déjà être avant même de penser (Dire 'Je' suffit en fait, et puis si on existe pas, de facto on pense pas). L'argument ontologique qui sert aussi à prouver l'existence de Dieu, donc non cet argument circulaire ou tautologique ... ne marche pas. Mais comment sait-on que ce qui existe existe ? Qu'est-ce que le réel ? Et donc au bout d'un moment on se demande sérieusement comment notre cerveau fonctionne, qu'est-ce que penser, raisonner, qu'est-ce que croire, est-on libre de nos actions ? En méditant je me disais de plus en plus que non. Mais après tout s'observer n'est pas en soi une preuve, on peut mal s'observer par exemple. Et prendre son cas pour une généralité est une erreur. Donc attention aux inductions hâtives. Bref il me fallait un peu plus de matière pour échanger avec ce joueur.

Note : AAAAA

That which can be asserted without evidence, can be dismissed without evidence.” Christopher Hitchens.

samedi 15 août 2020

The Templar Legacy by Steve Berry

 The Templar Legacy by Steve Berry (Hoder, 559 pages, 2006)

Incipit

Jaques de Molay sought death, but knew salvation would not be offered.

Un thriller du même auteur que Le troisième secret. J'ai préféré celui-là parce qu'il parle des templiers. Peut-être un peu long au milieu lors des recherches avec beaucoup de rebondissements mais un final à la hauteur de mes attentes. Dans la postface l'auteur distingue le vrai (historique) du faux (invention de l'auteur). Cela tourne autour de Rennes le château, de l'abbé Saunières, et de la survivance de l'Ordre. Ce dernier qui aurait survécu jusqu'à nos jours est en quête de ce qu'auraient caché les Templiers au XIVème siècle avant d'être brutalement arrêtés et torturés grâce au roi Philippe IV et avec l'accord du Pape Clément V. L'auteur offre une fin qui mérite une réflexion spirituelle aussi bien qu'intellectuelle et c'est le grand mérite de ce thriller. C'est le premier de la série des Cotton Malone, un ancien agent devenu bouquiniste, à la mémoire eidétique, et qui se mêlent des affaires de son ex-patronne. Comme profil c'est un peu lu et relu, et je ne parle pas que de Dan Brown ou même d'Umberto Eco avec son Guillaume de Baskerville, mais bon je suis assez tolérant, le sujet central, les Templiers, est suffisamment envoûtant pour que ça passe crème.

Note : AAAAAAAAA

vendredi 14 août 2020

Harry Potter and The Philosopher's Stone by J. K. Rowling

 Harry Potter and The Philosopher's Stone by J. K. Rowling (Bloomsbury Childrens Books, 368 pages, juin 2017)

Incipit : 

Mr and Mrs Dursley, of number four, Privet Drive, were proud to say that they were perfectly normal, thank you very much.

Bon ... oui je sais je l'ai déjà lu, pas plus tard que l'an dernier ... Cela ne fait que la quatrième fois. Là j'en suis au tome 2. Le plaisir de retrouver Harry, Hermione, Ron, Snape, McGonagall, Dumbledore etc. Et puis à chaque fois j'y vois des choses. J'avais pas noté l'ironie qu'Hermione, qui a des dents de devant proéminentes, avait ses DEUX parents dentistes. Ha ha sacrée J.K. Rowling. Également comme cette descente dans le noir vers la fin de l'ouvrage, genre catabase (ou saut dans un terrier de lapin ...), où Harry rencontre ... un démon ... C'est classique chez les grecs (ou chez Dante). On a bien un héro, démuni, pauvre, sans parents, esclave, maltraité qui descend aux enfers et s'en trouve transformé. Et puis Nicolas Flamel, où j'ai appris depuis que sa maison subsistait à Paris (transformée en auberge). Je suis passé pas loin cet été ... sans le savoir ! Argh. J'ai un ouvrage de vulgarisation sur l'alchimie (Le grimoire secret de l'alchimiste avec de magnifiques illustrations) alors forcément l'ouvrage parle de la pierre de vie éternelle (D'où Voldemort, Vol de mort ...). Mais l'auteur dit plus ou moins qu'il y a un complot d'EDF contre la recherche sur la fusion froide (Ce que la fiche wikipedia nuance fortement, comme si EDF pouvait au niveau mondial empêcher ce type de recherche ...) ce qui fait assez anachronique (Et idéologique) et complotiste. Ha oui Harry, ben toujours aussi bien. Mais je ne vous apprends rien !!!

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA

“A man can do what he wants, but he cannot want what he wants.” Schopenhauer

“I would rather have questions that can't be answered than answers that can't be questioned.” Richard Feynman.

Le troisième secret de Steve Berry

Le troisième secret de Steve Berry (Pocket, 473 pages, 2019)

Incipit :

Le regard fixe, Lucia examinai la Vierge qui descendait du ciel.

Un thriller, dans la lignée des Dan Brown, Giacometti et Ravenne, Aubarbier, Sinedy, ou encore Dos Santos. Et ce qui me plait est que ce soit lié à des faits historiques. Souvent les auteurs précisent ce qui fait partie du roman et la part historique. Là c'est lié au troisième secret de Fatima où tout n'aurait pas été révélé par le Vatican ... Pourquoi ? Un bon thriller, parfait en période de canicule, rebondissement, méchant ambitieux prêt à tout, bref le cocktail habituel. Finalement je vais en lire d'autres (Bon en fait j'ai déjà commencé, The Templar Legacy, oui en anglais car je dois maintenir mon niveau, on ne sait jamais cela pourrait me servir un jour, thriller qui ouvre une saga tournée autour de Cotton Malone, un peu l'équivalent de Robert Langdon chez Dan Brown).

Note : AAAA

“I have noticed even people who claim everything is predestined, and that we can do nothing to change it, look before they cross the road.” Stephen Hawking

jeudi 13 août 2020

L'Île des Mers Gelées de Rosinski et Van Hamme

L'Île des Mers Gelées de Rosinski et Van Hamme (Le Lombard, 48 pages, 2012)

On a la réponse à nos questions sur Slive, du premier tome. Là on sort de l'heroic fantasy pure, avec un cross-over vers la science fiction et le mythe des "Anciens astronautes". Je me demande si Van Hamme n'aurait pas lu Le matin des magiciens ... Bon je ne sais pas si je vais faire un article par BD finalement. En plus il s'agit de relecture. Et puis une légère nostalgie d'une série lu il y a longtemps. Pour voir l'effet que cela fait ... ha ha. Depuis j'ai lu aussi le tome 3 et 4.

Note  : AAAA


La magicienne trahie de Rosinski et Van Hamme

La magicienne trahie de Rosinski et Van Hamme (Le Lombard, 48 pages, 2012)

Bon la canicule exige des lectures ni trop soporifiques ni trop difficiles pour mes pauvres neurones. Le moment de relire Thorgal et d'essayer de convaincre ma famille. Pour ma fille c'est râpé. Un vrai réquisitoire ... même le dessin elle aime pas. Bon, ok. C'est vrai aussi qu'Aaricia fait potiche. Mais cette série m'avait envouté par ses aspects mythologiques et l'origine de Thorgal. Et puis cela puise dans d'autres mythologies que celle des vikings. La deuxième histoire (Oui, cet album en comporte deux) rappelle L'Odyssée, la partie avec Calypso. Et puis zut il fait chau, faut bien rêver un peu. 

Note : AAAAA


Suis-je snob ? de Virginia Woolf

Suis-je snob ? de Virginia Woolf (Éditions Rivages, 176 pages, 2014)

Incipit :
Molly m'a chargée, à mon avis très injustement, de la lourde tâche de vous faire un exposé ce soir.

Un recueil d'essai et de nouvelles. Bon, je les ai lues il y a quelques temps déjà, il y a eu la canicule, en temps de canicule je fais à peu près rien d'autres que lire, dans la pièce la plus fraîche de la maison, donc j'ai eu le temps de lire plusieurs ouvrages déjà. Toutes les nouvelles m'ont plu. Celle sur le snobisme est étonnante de sincérité, n'hésitant pas à impliquer ses amis voire d'autres personnes et pas forcément de manière positive. Ce qui n'a pu qu'embêter l'intéressée, du moins à l'époque. La nouvelle sur la papillon est saisissante parce qu'elle parle de la mort, ou de la vie, si éphémère. J'aime beaucoup son style, son écriture. Je vais lire les prochains en anglais. Cela m'a attristé d'apprendre qu'elle était bipolaire, qu'elle a lutté toute sa vie et qu'à un moment, après un message éblouissant à son mari, a mis fin à ses jours.

Note : AAAAAAA

lundi 3 août 2020

Mémoires d'un amnésique d'Erik Satie

Mémoires d'un amnésique d'Erik Satie  (Petite Bibliothèque Ombres, 190 pages, 2010)

Incipit :
Tout le monde vous dira que je ne suis pas un musicien. C'est juste.
Un recueil des écrits d'Erik Satie dans les journaux (Ceux dont on est sûr car il utilisait parfois un pseudo et d'autres ont une source discutable). Cela tourne un peu autour des mêmes thèmes, la musique, certains amis (Comme Debussy), la critique des critiques, le groupe des Six, groupes de jeunes musiciens qu'Erik Satie a impulsé, inspiré. Et quelques articles divers. Toujours inspirés, sur un ton ironique mais tout de même plus ou moins réservé pour les fans d'Erik Satie voire ceux qui prônent l'érudition sur ce personnage atypique mais si attachant. Quelques dessins du maître lui-même, quelques illustrations (dont une pour un ballet qui précise de venir avec des lunettes noires et de quoi se boucher les oreilles !). Un hommage à la musique, au changement, à l'évolution, à la découverte. Une chronologie, une bibliographie et une bonne partie de notes de l'éditeur en font un ouvrage de référence sur les écrits de Satie. J'aime bien cet humour primesautier, d'une ironie douce, et d'une cruauté délicate. Et puis cette couverture !!! Un personnage tout droit sortie de Jules Verne ou du courant Steampunk ! Bon je vais aller réécouter les gymnopédies et puis essayer de trouver ce film de René ClairErik Satie apparait. Un grand merci à la librairie Le chat qui dort de me m'avoir fait découvrir cet ouvrage mais aussi cette collection Petite Bibliothèque Ombres.

Note : AAA

dimanche 2 août 2020

L'Affaire Azinski de Jidéhem

L'Affaire Azinski Tome 2 de Jidéhem (Joker Production, 46 pages, 2001)

La suite des yeux de feu. Là on a les réponses auxquelles on aspirait ardemment tel un Dyson (c) sous coke. Avec un peu de géopolitique et des enjeux sur la responsabilité des scientifiques. Des questions toujours actuelles, comme dans le podcast sur Grothendieck où ce dernier se retira du monde. Mais je m'égare. Comme il s'agit d'un diptyque j'ai déjà dit ce qu'il y avait à dire dès le tome 1. Ouais facile, hein ? Ben oui je me défausse, j'ai pas que ça à faire.

Note: AAAAAAA (Oui il est mieux que le premier d'une certaine manière)

Les yeux de feu de Jidéhem

Les yeux de feu Tome 1 de Jidéhem (Joker Production, 46 pages, 2000)

Une BD lue il y a fort longtemps dans sa première édition, puis je l'ai revendue (je suppose). Alors vers l'an 2002 je l'avais rachetée. Une nouvelle édition. Parce que cette histoire d'espionnage me fascinait. Cela commence mystérieusement, des enlèvements, des êtres qui pourraient être des extraterrestres, une sur-humanité en tout cas. Ou des androïdes avec une I.A., ou des robots télécommandés. Et un château tout aussi mystérieux, truffé de bizarrerie. C'est avec le Tome 2 que l'histoire prend toute son ampleur. Ce qui me fascinait et me fascine toujours ce sont les lieux secrets, sophistiqués mais dissimulés, avec des passages secrets et si en plus il y a une bibliothèque et un laboratoire alors là c'est jack-pot ! Bref, de temps à autre j'aime bien relire ce diptyque.

Note : AAAAA