dimanche 30 août 2020

In praise of shadows by Jun'ichiro Tanizaki

 In praise of shadows by  Jun'ichiro Tanizaki (Leete's Island Books, 56 pages, 1977)

Incipit :

What incredible pains the fancier of traditional architecture must take when he sets out to build a house in pure Japanese style, striving somehow to make electric wires, gas pipes, and water lines harmonize with the austerity of Japanese rooms—even someone who has never built a house for himself must sense this when he visits a teahouse, a restaurant, or an inn.

Je n'ai jamais lu quelque chose d'aussi beau sur les sanitaires. Mais on entre surtout dans la pensée contemplative japonaise, de celle qui se soucie du détail, du beau, de l'esthétique, y compris voire surtout dans les objets du quotidien, là où on vit, l'essentiel en somme. Le contrepoint de l'utilitarisme et de notre occident consumériste, de la vitesse, du plastique, en un mot de la laideur (Ce qui nous semble beau étant mis en cage, enfermé dans ce qu'on appelle des musées, tout à fait dans la logique occidentale en perdition de spiritualité). J'ai, peut-être, touché légèrement du doigt l'esprit japonais, son esthétique, sa vision du monde, tout en délicatesse, en minimalisme. Les minimalistes occidentaux retrouvent cette économie matérielle mais passent complètement à côté de l'esthétique ou du raffinement japonais (L'ombre, les textures, la transparence, le silence, les sons naturels, l'harmonie, l'équilibre, les matières qui s'associent entre elles, bref une pensée globale esprit-corps-âme). Le passage sur la femme m'interroge, de celui qui enferme la femme ne laissant voir que son visage ou estimant que la femme japonaise fait tache dans un groupe d'occidentale. L'essentialisation me pose souci, dénotant des généralisations abusives, pire, le dégoût supposé de l'ombre par les occidentaux (Encore une généralisation abusive) justifie, pour des raisons esthétiques, sous-jacente à la psychologie, le rejet par la race blanche (!) des races de couleurs (!) (p. 31). Je suis stupéfait par ce genre de propos qui en une phrase réductrice, lapidaire, essentialiste, expliquerait le racisme et le trouverait ... normal. Pour des raisons  ... esthétiques. Pourquoi pas le bruit et l'odeur pendant qu'on y est, comme le proposait l'éminent intellectuel J. Chirac ? Mais les propos esthétiques de cet essai évacuant la psyché de la femme, de l'homme au sens large, le jugement est ainsi formé sur les apparences. Cependant on ne peut s'arrêter aux apparences ou alors on évite des raisonnements basés sur des faits aussi incomplets et étroits. L'impression que depuis la controverse du Valladolid, l'humain n'a guère progressé d'un pouce. J'ai apprécié les errances de cet essai, en dépit de ce qu'affirme la postface que l'occidental est habitué à thèse antithèse synthèse et une certaine structure. C'est possible. Mais je n'y adhère pas, encore un poncif d'un intellectuel en mal d'idée et qui affirme par autorité. Mais au moins il relève que le présupposé génétique qui aurait induit un goût particulier pour les ombres est un peu crétin. Bizarrement on aurait pu s'en douter, n'est-ce pas ce qu'on lit dans Candide, dans l'ouvrage de Darwin qui estime une l'humanité après son séjour en Terre de Feu, ou autre ouvrages antérieurs à cet essai ?

Note : AAAA

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