dimanche 23 août 2020

La Montagne Magique de Thomas Mann

La Montagne Magique de Thomas Mann (Livre de poche, 1169 pages, 2019)

Incipit :

Un jeune homme simple quitta sa ville natale de Hambourg, au plus fort de l'été, pour se rendre à Davos, dans le canton des Grisons.
Un livre qui nous emmène dans un voyage, à travers l'espace et le temps, comme un songe, une rêverie. Distorsion du temps, hors de l'espace commun, celui des hommes dans un monde profane. Ceux d'en Haut (Espace sacré) échappant à une routine des destins de l'Histoire. Ce livre parle de la Mort, omniprésente, et donc de la vie, de ses codes sociaux, de ses enjeux intellectuels qui y trouvent toujours place. Cela interroge notre humanité et induit une réponse intuitive sur notre origine, qui nous sommes et où nous allons. Il y a plusieurs manières de modifier notre perception du temps, l'auteur en parle lui même dans sa manière d'écrire au sein de cette histoire, mais la longueur du livre elle-même va œuvre sur le lecteur, l'auteur étant un Shaman qui va nous modifier notre état de conscience à plusieurs niveaux. Cela suit le mythe du héros (Campbell 1, Campbell 2), et les archétypes des religions (Eliade), un voyage initiatique en somme (Comme chez Jules Verne 1, Jules Verne 2, CF. Jules Verne et le roman initiatique de Simone Vierne), une catabase comme chez Homère (L'odyssée, Harry Potter 1, deuxième histoire dans Thorgal 1), où le héros se transforme après un passage via la mort, une deuxième renaissance. Une traduction claire, avec force annotations sur les références pas forcément évidentes (notamment celles du Faust de Goethe, même si j'aurais reconnu a minima La nuit de Walpurgis, car ayant lu Faust aux 3/4 cet été et l'ayant abandonné, c'est bien écrit, il y a de beaux vers mais l'histoire est assez mal racontée, par exemple la rencontre entre Faust et Méphistophélès est médiocrement expédiée, mal exploitée, nase. Le film La Beauté du Diable est bien mieux à ce titre. Et puis les chapitres manquent de liant, bref très déçu). Un grand roman, puissant, ramifié, complexe (ce qui ne veut pas dire compliqué : riche en somme). La traductrice propose une postface assez érudite qui m'a permis de comprendre certaines choses qui m'avaient échappées (Notamment le contexte de l'écriture du roman, paru dans l'entre deux guerre, en 1925, mais aussi la réception de cet ouvrage par Gide et la germanophobie française de l'époque, ou encore les liens avec l'oeuvre Proust ou Bergson). Je recommande. En fait il y a beaucoup trop à dire sur ce roman ... mais il n'en reste pas moins vertigineux.

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA


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