mardi 10 novembre 2020

Ce qu'ici-bas nous sommes de Jean-Marie Blas de Roblès

 Ce qu'ici-bas nous sommes de  Jean-Marie Blas de Roblès  (Zulma, 268 pages, 2020)

Incipit:

Ce mémoire est une mise en forme de mes carnets de route destinée, sur la suggestion du professeur Binswanger, à mettre un peu d'ordre dans le chaos de mes souvenirs.
Ce livre me fait l'effet d'un O.L.N.I (Objet Littéraire Non Identifié) encore qu'il me rappelle par certains côtés à la fois le roman The Selected Works of T. S. Spivet mais encore l’inénarrable Catalogue d'objets introuvables de Carelman. Mais c'est surtout l'angle sous lequel il est raconté, une monographie anthropologique sur la contrée du Zindàn. Mélange de verve, d'humour pince sans-rire, de références diverses et surprenantes qui allie à la fois le sérieux et le déjanté, l'imaginaire ébouriffé, entremêlant actualité et passé, une mixtape postmoderne poétique. Vous y retrouverez des passages sur le jeu de Go, et donc sur le deep learning (pour les fans du software engineering) qui a mené Lee Sedol à sa perte, (pour les fans du jeu de Go et d'Alphago) mais aussi des tatouages en forme de QR code, pour les fans de technologie, de l'EMDR (pour ceux qui s'intéressent à la psycho), un langage (qui existe), le BrainFuck (Sur la page wikipédia l'incontournable 'Hello World' en BrainFuck, genre de machine de Turing), pour ceux qui ont un côté g33k, à la fois humour raffiné, provocateur, érudit, fourre-tout parfois, mais très bien raconté, avec un côté Oulipien dont je devine à peine les contraintes. J'ai raté une bonne partie des références littéraires citées en fin d'ouvrage. Mais ce qui fait aussi la particularité de ce roman ce sont ses illustrations, en partie collage mais aussi réalisations de l'auteur (Bravo !). En fait, j'adore ces gravures noir et blanc vintage (style XIXème siècle) finement ciselées et souvent complètement barrées, en contrepied de leur statut encyclopédique d'origine. Un roman atypique qui ne plaira peut-être pas à tout le monde, un peu du Lévi-Strauss sous LSD ou psylocibin, voire des deux. A un moment il y a un écorché d'un personnage nommé Occam et je me demandais si cela avait un rapport avec le rasoir d'Occam, principe bien connu, je suppose que oui, en tout cas je trouve cela délicieusement raffiné.

Note : AAAAAAAAAAA

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