lundi 21 décembre 2020

Glyph by Percival Everett

 Glyph by Percival Everett (Faber and faber, 208 pages, 1999) 

Incipit:

I will begin with infinity.

Un livre à l'architecture sophistiquée, aux jeux de langage et une mise en abyme sur la création même du roman, en tant que fiction, une interrogation philosophique. C'est aussi et surtout une histoire d'enfant ultra-doué, qui ne parle pas (prééminence de l'écrit), teinté de références sémiotiques (Version très romancé d'un essai comme Le signe, Eco), avec forces référence à Lacan, à la psychanalyse, à Barthes comme dans La septième fonction du langage de Binet, et qui propose, comme dans l'Ethique de Spinoza, des axiomes, une formulation mathématique d'une modélisation de notre perception du monde, une intellectualisation du suspension of disbelief. Cela fait écho à ma lecture récente, L'Anomalie, où la fiction devient ici simulation de nos vies, un cadre, un référentiel. C'est également un roman (quand même) qui m'a rappelé Le bizarre incident du chien pendant la nuit. L'histoire d'un enfant à l'intellect exceptionnel, qui en creux nous dépeint, nous, pauvres mortels, avec nos affects, nos émotions, nos ambitions, nos perversités, nos folies. Cet enfant va être enlevé et à partir de là cela devient assez rocambolesque. Les chapitres sont découpés d'une certaine manière avec des titres significatifs, comme par exemple le mot-clé la différance (qui fait appel à un concept de Derrida) par exemple. Personnellement j'ai trouvé cette lecture vivifiante, labyrinthique, mais avec l'impression d'être passé à côté de plein de choses, sans savoir vraiment quoi. Cela m'évoque divers souvenirs sur le langage, mais je ne sais quoi vraiment penser de cette histoire qui mélange fiction, essai, réflexion sur la sémiologie, avec comme début de quelques parties du livre illustré d'un schéma, modélisation du langage vue par différents auteurs comme Saussure. Je ne pense pas avoir suffisamment de bases pour avoir compris où l’auteur voulait en venir, ou peut-être que j'ai compris mais que je ne m'en suis pas rendu compte, il y a quand même des passages que je trouve un peu abscons. J'ai tout de même pris plaisir à cette lecture où mes mots prennent corps et les corps prennent mots. Qu'est-ce qui nous distingue ? Les mots ne sont-ils pas l'essence de ce qui nous humanise ? Mais ont-ils une limite ? Est-ce un cadre borné dans lequel nous nous débattons ?

Note : AAAAAAA



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