jeudi 10 décembre 2020

L'Anomalie d'Hervé Le Tellier

 L'Anomalie d'Hervé Le Tellier (Gallimard, xxx pages, 2020)

Incipit :

    Tuer quelqu’un, ça compte pour rien. Faut observer, surveiller, réfléchir, beaucoup, et au moment où, creuser le vide.

Un livre qui m'a happé. Bon déjà le début commence comme un polar ou un thriller, un tueur méthodique style Dexter. L'auteur arrive à bien camper pas mal de personnages, des situations, avec un style qui vous emporte. Quelques phrases percutantes, de la philo, de la science, des probas, des mises en abyme, des sujets puisés dans l'actualité ou dans la culture pop voire Geek (comme le célèbre '42' du guide du routard galactique). Bizarrerie page 180 avec une 'bat mitzvah' (sic), peut-être une bar mitzvah avec Batman ou une tribu de chauve-souris ? Bon pas important. L'auteur me rappelle le brio d'un Aurélien Bellanger, c'est-à-dire à la fois une histoire prenante, des points de vues élaborés, et une maîtrise totale du récit, tout en proposant des réflexions ou plutôt des interrogations profondes. Un livre qui ne déparerait pas dans une collection SF ou Fantastique, ce qui m'amuse car je connais des lecteurs qui n'aiment pas la SF ou le Fantastique et qui probablement vont apprécier ce livre. Un livre écrit dans le passé et qui se situe dans mon futur (en 2021), et parle du passé qui se trouve être mon présent. Ce qui fait sens pour de multiples raisons. La religion en prend un peu pour son grade, enfin surtout les fanatiques qui l'incarnent. Pas sûr qu'ils apprécient l'ouvrage quel que soit le point de vue abordé, et surtout avec la fin proposée. Car le point de vue développé est un point de vue rationaliste. Mais c'est surtout un livre sur l'identité, l'altérité, et l'existence, qui précède l'essence comme le rappelle l'ouvrage en citant implicitement Sartre. Un livre qui prolonge les réflexions de films comme Matrix, Inception ou d'ouvrages comme Simulacron 3. Il fait aussi le pont avec la Thermodynamique de l'évolution et surtout La formule de Dieu, qui suggère la raison ultime de notre existence, la conscience humaine, celle de l'Univers qui n'existe que parce que nous l'observons lui permettant de continuer son cycle. Oui je reste vague mais je ne veux pas trop divulgâcher ... La fin est ... stimulante. Et propose une réponse intéressante. L'auteur nous offre une expérience de pensée jubilatoire. Qu'est-ce qu'être soi ... C'est aussi un test de Turing inversé à une échelle globale ... bon je ne puis élaborer dans trop en dévoiler. Bref un excellent roman, j'ai adoré !

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA

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