samedi 16 octobre 2021

Vivre avec nos morts de Delphine Horvilleur

Vivre avec nos morts. Petit traité de consolation de Delphine Horvilleur (Grasset, 224 pages, 2021)

Incipit :

Juste avant le début d'une cérémonie au cimetière, mon téléphone sonne.

La disparition récente de deux êtres m'a fait replonger sur la thématique de notre finitude. Jankélévitch et son ouvrage majestueux sur La Mort. Et ce livre sur lequel je suis tombé récemment à la librairie Le Chat qui dort. Rangé dans le rayon religion, pourquoi pas après tout. En tout cas un magnifique témoignage, touchant, subtil, empreint autant de l’expérience, du vécu de l'auteur que de textes comme la Bible ou le Talmud. Au passage un rappel parfaitement juste, car telle est également ma conception, de la définition de la laïcité, la bêtise des intégristes, de tout bord, des antisémites, antihumanistes notoires dont l'ignorance, l'intolérance et la haine est désolante, comme tout racisme. Mais c'est surtout un livre, le titre mais aussi le sous-titre le souligne, sur la mort, l'accompagnement vers cet au-delà inconnaissable, la place des familles, des vivants, comme Le Bardo Thödol, Le Livre tibétain de la Vie et de la Mort de Rinpoché, Happy de Derren Brown à sa manière, et tant d'autres. Le talent de l'auteur s'y ressent par la fluidité du texte sur un sujet si sensible, n'hésitant pas sur les blagues juives (drôles !), l'antiféminisme des orthodoxes, et des éléments théologiques qui m'ont surpris, notamment la place de Dieu dans le Judaïsme ou la manière dont les juifs  se sont approprié la Loi, Dieu n'ayant plus à s'en mêler ... et puis cela évoque Charlie Hebdo, la pandémie et autres. J'apprécie sa pensée non dogmatique, souple, nuancée, riche, humaine, tolérante (sauf face à l'intolérance) et ses impressions à propos de la mort avec les rencontres diverses lors des enterrements. Dite avec humilité, elle admet ses limites, mais malgré tout me semble à la hauteur d'une tâche quasi impossible. Merci Mme Horvilleur pour ce très bel ouvrage, je ne me sens pas suffisamment armé pour en présenter tout le bien que je pense, je suis encore très ému.

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA

La promesse de l'ange de Frédéric Lenoir et Violette Cabesos

La promesse de l'ange de Frédéric Lenoir et Violette Cabesos (Livre de poche, n pages, 1999) 

Incipit :

L’EXTRAIT SYMPHONIQUE de Beethoven s’était tu dans un fracas  de cuivres.

Roman intéressant en ce qui concerne l'histoire du Mont Saint Michel, très détaillée, et puis partiellement les destinées des personnages et les interrogations spirituelles, ou les tensions entre religion chrétienne et la païenne. Cependant, à un moment j'ai tout de même trouvé que cela trainait un peu en longueur, notamment autour de l'énigme finale qu'on devine aisément. Un peu moins bien que le très bon Oracle della Luna, mais j'ai tout de même continué dans ma lancée et débuté La Parole Perdue, ne serait-ce que pour découvrir (je ne le savais pas) qu'on retrouve le personnage principal. Ce qui tombe bien car à la fin de La Promesse de l'Ange il y a, disons, une incertitude ...

Note : AAAAA

samedi 18 septembre 2021

L'Oracle Della Luna de Frédéric Lenoir

L'Oracle Della Luna. Le tragique et lumineux destin de Giovanni Tratore de Frédéric Lenoir (Livre de Poche, 728 pages, 2006)

Incipit:

La peur se lisait sur le visage des villageois.
J'ai adoré cette histoire. Une aventure exceptionnelle, une intrigue sur un secret lié à la religion, des romances passionnées, des rebondissements, un contexte historique plausible, mais surtout le prétexte à des réflexions sur la religion, la foi, l'existence de Dieu, la destinée, le libre arbitre et des propos philosophiques qui s'insèrent parfaitement au récit. Des propos intelligents sur la tolérance, la fraternité, et l'incitation à agir pour le bien de tous, en tentant de dépasser nos pulsions les plus brutales et aveugles. Un beau message dans ce roman qui m'a emporté. Une BD en plusieurs volumes en a même été tirée. Quelque part cela m'a rappelé le feuilleton fascinant et mythique du chef d’œuvre (pour moi) Le Comte de Monte-Cristo.

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA

Le mystère Fulcanelli d'Henri Loevenbruck

Le mystère Fulcanelli d'Henri Loevenbruck  (j'ai Lu, 512 pages, 2014)

Incipit :

L'homme qui pénétra, à la nuit tombée, dans l'église de la Santa Caridad, à Séville, avait toutes les raisons de croire qu'il était seul dans ces murs.

Mince j'avais oublié cet article. J'ai lu ce livre il y a plusieurs semaines. Bon m'en rappelle plus trop mais je sais que cela parle des ouvrages de Fulcanelli, j'ai d'ailleurs commencé celui sur Le Mystère des Cathédrales, et surtout sur le mystère qui règne sur l'identité réelle du Fulcanelli en question. On sent tout le travail d'enquête de l'auteur qui a su tisser une histoire assez prenante autour dudit mystère. Et puis j'aime bien les aventures d'Ari, et ses déboires amoureux. Troisième aventure après Les cathédrales du vide.

Note : AAAAA

La pensée postnazie par Michel Onfray

La pensée postnazie. Contre-histoire de la philosophie t.10 par Michel Onfray (Le Livre de Poche, 473 pages, 2018)

Incipit :

Effets de Freud.

Moins de lecture, car je fais de l'escalade et j'ai repris des études. Mais cela ne m'a pas empêché de lire quelques BDs, des livres sur l'escalade justement et des ouvrages de théologie. Alors j'aime toujours autant cette contre-histoire de la philosophie. Peu m'importe l'auteur ou l'image qu'il a ou encore son évolution idéologique, ces livres de contre-histoire sont une mine de réflexion, une histoire des idées vivifiantes, un puits sans fond d'interrogations. Ce livre n'y échappe pas et on a le droit à trois portraits qui ont marqué l'histoire de la philo, trois rares personnes qui n'ont pas soutenu des dictatures ou autre, pas comme Sartre, Merleau-Ponty et bien d'autres. De vrais penseurs qui ont su ne pas sombrer dans l'idéologie la plus crasse. Hannah Arendt, Hans Jonas, Günther Anders. Trois auteurs à découvrir ou à redécouvrir et qui éclairent le XXème siècle à leur manière. Pas pour forcément être d'accord d'ailleurs même s'il se trouve que je suis en sympathie avec leurs idées. Il y a quand même Günther Anders qui a une vision du Jazz que je trouve étonnamment rétrograde voire délirante, à se demander s'il connait vraiment le jazz, dont il dit qu'il s'agit d'une musique de machine ... vision réductrice pour le moins. André Manoukian s'étranglerais à lire cela ! Bizarre j'y vois pour ma part de l'improvisation, des interprétations multiples, une richesse bien loin des machines. Que Günther Anders n'aime pas le jazz, soit, qu'il réduise ce gendre musical à sa vision techniciste, bof, cela ne m'a pas convaincu d'un iota. Mais peu importe, cela montre la richesse des visions du monde.

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAA

lundi 23 août 2021

The Miraculous Journey of Edward Tulane by Kate DiCamillo

The Miraculous Journey of Edward Tulane by Kate DiCamillo (Candlewick Press, 228 pages, 2006)

Incipit :

ONCE, IN A HOUSE ON EGYPT STREET, there lived a rabbit who was made almost entirely of china.
Un livre jeunesse qui devrait ravir petits et grands. A lire à ses enfants. Un voyage initiatique parsemé d'illustrations magnifiques. Une très belle édition reliée avec un papier doux, soyeux, une jaquette superbe qui masque une couverture sobre mais dotée d'une montre à gousset en relief !! Bref, du travail soigné. Et cela joue tout autant que le contenu pour offrir aux lecteurs une expérience inoubliable. Le même soin éditorial que pour T.S. Spivet. Il se trouve que j'ai pris connaissance de l'existence de cet ouvrage au travers un k-drama romantique à souhait, avec différents titres, sur Netflix c'est "My love from the stars". On peut y voir le héro extraterrestre, Do Min Jun, lire plusieurs fois cet ouvrage et même le proposer à l'élue de son cœur (Évidemment en coréen). Il y a bien sûr un lien entre l'histoire du lapin et Do Min Jun. Ma curiosité m'a poussé à aller y voir de plus prêt ... je dirais "bon placement de produit" ... ha ha.

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAAA

Les cathédrales du vide d'Henri Loevenbruck

Les cathédrales du vide d'Henri Loevenbruck (J'ai Lu, 480 pages, 2010)

Incipit :

La nature a horreur du vide. Moi aussi.

Les suites des aventures d'Ari, après Le rasoir d'Ockham. Basé sur la théorie de la terre creuse (Qui parle de rasoir d'Ockham dans l'article, amusant non ?) d'Edward Bulwer-Lytton. Ce thème a beaucoup inspiré, une aventure papier d'Indiana Jones, une BD de Schuiten, des jeux de rôle et j'en passe. J'ai encore pris plaisir à suivre les aventures d'Ari. Au point où j'ai lu sa troisième aventure. Un thriller plutôt prenant et quelques personnages secondaires attachants. Cela m'a à un moment rappelé un livre qui a marqué ma jeunesse, Voyage au centre de la Terre de Jules Verne, je l'ai en édition Hachette de 1930, papier un peu jauni, cela donnait une épaisseur supplémentaire au récit, les runes au début étaient d'autant plus mystérieuses, enfin c'est l'impression ressenti lorsque j'étais ado. Bon là c'est un peu plus ésotérique voir à la limite du fantastique ...

Note : AAAAAAAAAAAA

Le rasoir d'Ockham d'Henri Loevenbruck

Le rasoir d'Ockham d'Henri Loevenbruck  (J'ai Lu, 544 pages, 2009)

Incipit :

Quand il entendit s’enfoncer doucement la longue et large aiguille dans l’arrière de son crâne, Christian Constantin comprit qu’il allait mourir d’une atroce manière.

Après la découverte de l'excellent L'Apothicaire, je me suis dit bon Henri a-t-il écrit d'autres trucs ? Le plus drôle est que j'avais dans ma bibliothèque ce livre depius quelques mois et je n'y pensais plus. Bref, j'ai regardé sur le net et en fait c'est le début des aventures d'Ari MacKenzie, ce que je ne savais pas trop au départ, et encore moins qu'il y avait une suite. Forcément à la fin je m'attendais à une conclusion et les mots "à suivre" m'ont laissé sur ma faim. Donc forcément j'ai lu la suite. C'est un bon thriller ésotérique qui se focalise sur un ouvrage du XIIIème siècle, les carnets de notes de Villard de Honnecourt. J'en avais entendu parler car l'architecture m'intéresse et j'ai en fac-similé ces fameux carnets. Donc il était plaisant de "vérifier" ce qui était dit dans ce roman ou tout simplement d'aller voir les planches seulement décrite dans les aventures d'Ari. L'auteur a l'art du récit et d'une certaine manière on en a pour son argent, un peu comme Luis Montero Manglano de la trilogie des quêteurs. Il y a un mystère lié à l'alchimie, au milieu ésotérique, à Nicolas Flamel etc. En ce qui concerne ce dernier j'ai failli aller voir sa maison à Paris, que ce livre décrit bien (notamment parce que la maison a été adaptée en restaurant au grand dam de l'auteur semble-t-il, et je ne lui donne pas tort, c'est un peu dommage pour une des plus anciennes bâtisses d'être transformée en commerce). On sent que l'auteur a bien bossé son sujet (Il est journaliste je crois) et il a pu ainsi élaborer une intrigue sur trois volumes tout en donnant une tonalité suffisamment différente à chaque fois. Il se trouve que je l'ai fini il y a déjà pas mal de jour, que j'ai lu les deux autres et quelques livres depuis donc j'ai un peu oublié, mais je me rappelle avoir apprécié l'intrigue, ce personnage récurant, sa liaison compliquée avec Lola, et le mystère autour d'éléments inspiré de faits historiques.

Note : AAAAAAAAAAA


Architectures rosicruciennes de William Pesson

Architectures rosicruciennes du XVIIème siècle à nos jours de William Pesson (AAM, 160 pages, 2016)

Incipit :

A rose is a rose is a rose.
Très beau livre richement illustrée à l'iconographie soignée. Pas uniquement centré sur l'architecture en tant que telle ce qui m'a à la fois surpris et un peu déçu au départ. Mais au final les différentes œuvres d'art (Décors, tableaux etc) font sens au travers les réalisations qui s'inscrivent quant à elles dans des réalisations in fine architecturales. De nombreuses références diverses viennent soutenir le récit et incitent à découvrir au delà. Par exemple les magnifiques illustrations pour Les noces alchimiques par Johfra Bosschart. Cet ouvrage est un bon complément de l'ouvrage historique The rosicrucian enlightenment, ou encore La Bible des Rose-Croix de l'historien Bernard Gorceix(En cours de lecture). A partir d'une mystification (Ce que rappelle par exemple Frédéric Lenoir et donc l'A.M.O.R.C qui met en ligne cette vidéo) ont éclot différents mouvements revendiquant l'héritage de ce qui pourtant s'apparente à une blague sophistiquée mais néanmoins révélatrice d'un contexte que souligne Frances Yates (Cf. Supra The rosicrucian Enlightenment). En tout cas on peut constater que dans les arts et dans l'architecture en particulier cela a eu un effet indéniable. Et comme l’Égypte a toujours éveillé en moi  différents sentiments relevant du mystère, de la sagesse et d'une esthétique particulièrement apaisante ce livre a été un voyage enrichissant intellectuellement, réconfortant spirituellement et gracieux esthétiquement.

Note : AAAAAAAAAAAAAAAA

jeudi 5 août 2021

L'Apothicaire d'Henri Loevenbruck

L'Apothicaire d'Henri Lœvenbruck (J'ai Lu, 800 pages, 2013)

Incipit :

Il vécut à Paris en l’an 1313 un homme sans famille qui allait du nom d’Andreas Saint-Loup, mais que d’aucuns appelaient l’Apothicaire et, quand on le désignait ainsi, nul n’ignorait qu’il s’agissait de celui-là bien qu’il y eût de nombreux autres hommes exerçant la profession dans la capitale, car il était à la fois le plus illustre et le plus mystérieux des préparateurs de potions, onguents, drogues et remèdes que l’on pût trouver dans la ville et peut-être même dans le pays tout entier.

J'ai adoré ce roman très érudit, son contexte historique qui me semble superbement reconstitué, les personnages clés de l'époque (Notamment Philippe le Bel mais quelques autres que je vous laisse découvrir), l'épopée d'Andreas, le chemin de Compostelle, les rebondissements, le mystère qui s'épaissit, et la fin magnifique, une mise en abyme qui interroge clairement autant Andreas ... que le lecteur. Ce dernier aura-t-il compris ? La solution de l'énigme ... est en lui. Roman fleuve qui se lit avec délice, à l'instar d'une aventure de Jules Verne ou Alexandre Dumas. Qui m'a également rappelé, en peut-être un peu moins érudit, Le Nom de la rose d'Umberto Eco et pas qu'en raison des citations latines. Dans ce dernier comme dans L'Apothicaire le chemin est important, tout comme le labyrinthe ... Un unique regret ... c'est de l'avoir fini. Car il y aussi de l'amour et une amitié forte qui se construit et cela est bien amené. Le symbolisme me semble omniprésent avec des allusions assez diverses et riches, tout comme sur l'identité et sa construction, la mémoire. Bref un coup de cœur !!!

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA

samedi 31 juillet 2021

Carbone et silicium de Mathieu Bablet

 Carbone et silicium de Mathieu Bablet (Ankama, 272 pages, 2020)

Encore une très belle réussite de Mathieu Bablet, dont j'ai également lu Shangri-La . Cette fois est adressé l'I.A. Encore une fois des symboles forts. Des deux entités l'une est blanche l'autre noire, comme une dualité, et malgré un savoir et un programme commun il y aura divergence et deux regards. L'occasion de décrire notre humanité. dès le départ comme dans Blade Runner le temps d'existence pose question. Le Carbone et le Silicium sont les deux éléments sur lesquels une vie, telle qu'on la comprend, pouvaient se développer. Nul hasard si le Carbone qui renvoie à la vie humaine est complétée du silicium la vie artificielle à base de puce électronique. Il y aurait beaucoup à dire, je vous laisse découvrir. Là aussi merci à l'éditeur à la fois pour le format qui met en valeur les planches et les couleurs riches ainsi que pour le prix abordable.  Cela réveille en moi mes lectures cyberpunk (Neuromancer, Snow Crash, Ghost in the Shell, Gunnm etc), les films (Blade Runner, Matrix, Wargames, etc) et de nombreux essais (Par exemple Chatbot). Mais cette BD a sa place par sa narration envoûtante. J'ai particulièrement apprécié le chemin d'une des I.A. qui s'évertue à parcourir l'intégralité de la terre et indique où il en est par ... pourcentage. Une vision chiffrée du monde comme certains qui ne voient qu'au travers des chiffres, un peu réducteur et illusoires, l'impression fallacieuse de maîtriser ...

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA

Shangri-La de Mathieu Bablet

Shangri-La de Mathieu Bablet (Ankama, 222 pages, 2016)

Excellente bande dessinée. J'apprécie en particulier le format (Et le prix assez raisonnable) qui met en valeur les planches de Mathieu Bablet. Le début est éminemment symbolique, de l'Un non manifesté émerge du fluide amniotique (La vie est sortie de l'eau d'après la science et le Dieu de la genèse flottait au dessus des flots) un être, qui se scinde en deux, de l'Un émerge le Deux qui crée le trois. Cela rejoint les mythes que l'on retrouve dans Mircea Eliade ou Trinh Xuan Thuan. Cela résonne d'autant plus dans mes synapses que j'étudie le livre L'abbaye du Thoronet, un traité de géométrie sacrée: Méditation sur la genèse d'une oeuvre, je retrouve la puissance évocatrice d'un 2001 odyssée de l'espace, l'éternel recommencement, l'homme qui se prend pour Dieu comme dans le mythe de Babel etc. L'auteur recycle des thèmes certes déjà connus mais arrive à les mettre en scène avec brio et son regard singulier, les planches sont particulièrement belles. La cause animale, le racisme est bien mis en exergue par les animoïdes, tout comme le pouvoir par écran interposé (D'autant plus amusant en ces périodes de télétravail) ou encore le contrôle des peuples par la consommation (L'impression qu'Apple, sans être nommé, est visé, mais le sujet dépasse cette seule entreprise).

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA

Le bureau des affaires occultes d'Eric Fouassier

Le bureau des affaires occultes d'Eric Fouassier (Albin Michel, 368 pages, 2021)

Incipit :

Affronter sa peur.

Ahhh voilà qui est bien mieux comme thriller ésotérique. Bien mieux écrit que Sphinx et sa suite Urgence Absolue. Cela me réconcilie avec le genre. Français plus soutenu, personnages mieux campés, ambiance 19ème à la Sherlock Holmes bien restitué. Usage de vocables de l'époque, utilisation avisée des lieux du Paris de l'époque également, en prise avec les découvertes scientifiques du moment. Du beau travail. Excellente idée d'inclure Évariste Galois ou encore Vidocq dans le fil du récit !! Héro au passé sombre, avec un vrai cerveau,  perspicace et téméraire et une histoire d'amour esquissée. Ah ce Valentin, j'espère bientôt le retrouver ! Vivement la suite. Prix 2021 Maison de la Presse amplement mérité !!!

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAA

Urgence absolue de Christian Jacq

Urgence absolue de Christian Jacq (Pocket, 528 pages, 2019)

Incipit :

Vers quel univers le Sphinx, la plus grande sculpture jamais créée, levait-il les yeux ?
Suite de Sphinx que je trouvais déjà un tout petit peu pénible, hé bien c'est pire cette fois. J'ai l'impression que l'auteur pisse à la ligne. Certes les références à l’Égypte, le changement de lieu incessant prétexte à quelques anecdotes est pas trop mal. Mais les deux héros sont vraiment usant, ils savent qu'ils sont suivi (Depuis le premier tome), qu'ils ont servi de chèvre, qu'ils aident l'ennemi à abattre les supérieurs inconnus et qu'est-ce qu'ils font ? Ils continuent ! A un moment (Oui je suis lent) je me suis rendu compte qu'en fait ils étaient plutôt cons comme des manches, ce qui a nui gravement à mon rythme de lecture et a rendu éprouvante la lecture de la fin de ce volume. En tant qu'auteur il ne suffit pas d'affirmer que le héro est intelligent encore faut-il qu'il le prouve par ses actes. Et là ben ... non. Dan Brown fait bien mieux.

Note : bof.

Sphinx de Christian Jacq

Sphinx de Christian Jacq (Pocket, 464 pages, 2018)

Incipit :

Le monde allait mal, et Bruce aussi.
J'étais intrigué par le quatrième de couverture, l'emprise des  nouvelles technologies (comme dans Le Cercle , Thermodynamique de l'évolution, ou encore Cryptocommunisme), une course poursuite à la Dan Brown mais avec des personnages qui se croient futé et qui provoquent la mort de ceux qu'ils recherchent et n'en tire d'autres conclusion que de ... continuer. Ils se disent sûr d'eux-mêmes, intelligent, mais en fait ils ont juste de l'argent (Beaucoup) et ont une approche assez bourrin. Manque de finesse mais globalement cela peut se lire l'été. Malheureusement il y a une suite, Urgence Absolue (Article à venir). Les aspects symboliques ou liés à l’Égypte font le charme de ce livre mais les deux héros sont au final assez peu attachant. Bruce en particulier. Il fonce et semble pas vraiment réfléchir. Il le dit ou l'auteur le suggère mais dans les faits, quelle buse, comme son meilleur pote milliardaire. Je préfère Dan Brown ou l'excellent Bureau des affaires occultes (Article à venir).

Note : AAA

La Chasse de Bernard Minier

La Chasse de Bernard Minier (XO, 472 pages, 2021)

Incipit :

PLEINE LUNE. Comme dans ces films de série Z qu’il affectionnait. Des histoires avec des zombies ou des vampires. Pas de vampires ici. Ni de zombies. Mais bien pire. C’était derrière lui : pas loin. Quelque part dans la forêt.

Idée pas mauvaise même si le thème a déjà été traité par ailleurs (Les chasses du comte Zaroff) mais c'est surtout un thriller de facture finalement assez classique et une intrigue traitée un peu trop mollement (Par rapport à d'habitude pour la série avec Martin) et qui m'a laissé sur ma faim pour une fois. Je ne saurais dire vraiment pourquoi finalement, peut-être qu'il a manqué un ingrédient, je ne sais trop. Disons que je m'étais habitué à mieux de la part de l'auteur. Bon voilà que j'ai atteint la fin pour les aventures de Martin, il va ma falloir patienter pour une parution future ...

Note : AAAAAA

dimanche 18 juillet 2021

Petit traité d'histoire des religions de Frédéric Lenoir

Petit traité d'histoire des religions de Frédéric Lenoir (Points Essais, 370 pages, 2014)

Incipit :

Comment est né le sentiment religieux ?

Excellent petit traité d'histoire des religions, vraiment excellent. car c'est une gageure de faire entrer en si peu de pages la richesse des diverses religions et de ne pas s'y noyer, de s'y perdre mais surtout d'y trouver une source de visions d'un ou d'autres mondes. Un autre regard. Lecture passionnante qui se marie à merveille avec Les Chemins du sacré, du même auteur, sur ArteTV. Une prise de recul sur la ou plutôt les croyances, les pratiques, les rituels, sur les différents courants religieux, les cosmogonies, l'appropriation du monde, bref une mise en perspective édifiante. C'est raconté sans lourdeurs, de manière simple et directe avec à chaque page des éléments de réflexions, des points notables. Ce livre est une réussite, un condensé de pistes, de chemins, d'interrogations. On ressort grandi d'une telle lecture. Cela complète d'autres lectures personnelles comme Histoire des croyances, Le Sacré et le Profane, Penser le Coran, La victoire des sans Roi, Le livre d'Hénoch, Le Royaume, etc. Ce livre ouvre le regard, incite à se découvrir, se dépasser, incite à la tolérance. En soi c'est déjà beaucoup.

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA

jeudi 15 juillet 2021

La Vallée de Bernard Minier

La Vallée de Bernard Minier (Pocket, 576 pages, 2021)

Incipit :

-- POURQUOI ... VOUS ... FAITES ... ça ?
Toujours aussi prenant ... Faut dire que dès l'incipit le ton est donné .... Sixième aventure de Martin Servaz après Glacé, Le Cercle et N'éteins pas la lumière, Nuit, Soeurs. Quelques personnages d'un passé lointain qu'on retrouvent, en particulier Irène Ziegler, toujours un regard acéré sur nos sociétés dont le climat délétère ou le côté anti-flic est souligné, un ouvrage au climat général oppressant avec un passé bien sombre, des fantômes du passé dont l'Institut Wargnier, et toujours cette interrogation lancinante sur le Mal agrémenté de morts atroces. Et quelques remarques bien senties sur la violence, saupoudré de citations intéressantes, y compris celle de Carl Rogers, ou de références sur des déités du monde entier. Et puis content de retrouver Martin, donc la carrière tient à un fil, comment va-t-il s'en sortir ? Mais mon principal problème est que c'est l'avant dernier de la série avec Martin ... que vais-je lire le restant de mes vacances ? Quel suspense ... Peut-être du Dean Koontz recommandé par un ami.

Note : AAAAAAAAAAA


mercredi 14 juillet 2021

Alexandra-David-Neel Exploratrice et féministe de Laure Dominique Agniel

Alexandra-David-Neel Exploratrice et féministe de Laure Dominique Agniel (Tallandier , 256 pages, 2021)

Incipit :

Tunis, jeudi 4 août 1904.

Une vie bien remplie, une page wikipédia longue comme le bras. La première européenne à aller au Tibet ! C'est suite à l'achat au Chat qui dort d'un de ses ouvrages, Voyages et aventures de l'esprit, pour ma fille, que je me suis dit que sa biographie devait être passionnante. C'est le cas. Alexandra avait la bougeotte et une aspiration à l'élévation (Bon choix pour le Tibet donc, le sommet du monde). Et un esprit critique à qui on ne la raconte pas. Y compris pour la Théosophie, elle ne s'en laissait pas conter sans pour autant condamner. Ouverture d'esprit, quête, voyages, une vie remplie à ras bord. Un côté anar, ni Dieux ni Maître, et à cette époque ne pas s'agenouiller devant un homme, fut-il le Dalaï Lama. Elle a réussit à se marier, elle a su trouver la personnes adaptée, qui l'a tout de même attendue à un moment pendant une absence de 13 ans sans que cela entame un échange épistolaire quasi journalier (Hé bé la Poste de l'époque, chapeau bas !). Une sacrée femme, la force de la volonté, et une étoile protectrice incroyable, Alexandra ayant fait des efforts physiques conséquents, ayant traversée des zones de pandémie, de guerre, etc. Une bibliographie bien écrite qui incite à la découverte, au voyage, à la réflexion, à la quête de soi, à l'écriture aussi tant Alexandra sera prolixe sur ses expériences. Au point qu'elle adopte un fils (son Passe-partout), qui lui-même deviendra connu et écrira. C'est aussi un couple atypique qui survivra à une femme éperdue de liberté et de joie du monde. Un plaisir de suivre les aventures d'Alexandra (Une vie comme Les tribulations d'un chinois en chine, ou encore le tour du monde en 80 jours de Jules Verne, sauf pour la limite de temps ...).

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA

Her-Bak "disciple" d' Isha Schwaller de Lubicz

Her-Bak "disciple" d' Isha Schwaller de Lubicz (Flammarion, 544 pages, 2014)

Incipit :

Le moment indécis qui termine la nuit par l'annonce de l'aube impose le silence.

Suite plus universitaire et spirituelle (Si cela était possible) de Her-Bak "Pois Chiche". Donc moins romancé, plus "pédagogique" et plus ésotérique. Donc cela m'a pris plus de temps, la culture égyptienne ne m'étant pas assez connue et encore moins maîtrisée. L'histoire suit toujours Her-Bak et l'enseignement du Sage, en fait ... le lecteur en quelque sorte. Pour moi plus difficile à suivre et à comprendre. Même accompagné d'un gros corpus explicatif (Au moins 150 pages du volume). C'est presque un guide d'étude spirituel pour un étudiant de l’Égypte ancienne et de sa culture. Cela reste de haute tenue et certains passages intéressants mais un peu trop ésotérique à mon goût (Dans le sens je ne comprends pas tout car il me manque des bases, je ne suis pas contre l'ésotérisme en soi). Débuté il y a plusieurs mois régulièrement je lisais quelques pages pour m'en imprégner. Mais pour moi ne s'est pas lu comme un roman, cela m'a demandé un effort. Parfois abscons (Nécessitant un approfondissement et un investissement supplémentaire en égyptologie).

Note : AAAAAAAA

lundi 12 juillet 2021

La Souplesse du Dragon de Cyrille J-D Javary

La Souplesse du Dragon. Les fondamentaux de la culture chinoise de Cyrille J-D Javary (Albin Michel, 314 pages, 2017)

Incipit :

Aucune terre à la surface du globe n'a été, comme la terre de Chine, aussi constamment sillonnée par le même peuple depuis aussi longtemps.
Un excellent ouvrage sur la pensée chinoise, en quoi elle diffère de la pensée occidentale, et comment mieux comprendre un peuple au travers de son histoire, de sa géographie, de son écriture, de sa culture. D'une certaine manière tout est lié. Comme pour les autres cultures. Sur certains point je trouve que l'auteur force le trait sur les différences avec la culture occidentale, non pas qu'elles n'existent pas mais cela aurait mérité plus de nuances. Par exemple la différence entre idéogramme et écriture à base d'alphabet, je comprends les arguments de l'auteur, mais ce n'est peut-être pas aussi tranché que ce que l'auteur en dit, ce dernier évacuant le signifié/signifiant et les dernières recherches sur la linguistique. Mais cela reste un ouvrage fort intéressant, qui jette les bases sur les fondamentaux d'une culture qui ne me semble pas inaccessible pour peu qu'on se penche dessus et qu'on fasse l'effort de ressembler les différents éléments tant ceux-ci font sens au sein d'une culture globalisante. Quant à la pensée analogique, anagogique, elle n'est pas étrangère à la culture occidentale (Astrologie, ésotérisme, alchimie etc) même si effectivement elle a été mise de côté depuis au moins le siècle des Lumières. La pensée symbolique n'est pas non plus exclue de la pensée occidentale par exemple La docte ignorance, même si elle été au service du christianisme. Je veux dire par là qu'il y a des moyens d'entente et de compréhension ce que l'existence même de ce livre tend à démontrer. Par exemple le culte des ancêtres est bien plus prégnant en Chine pour les raisons que cet ouvrage souligne et ce culte n'est pas exempt de la culture occidentale même si pour cette dernière elle est affadie. Je sens de l'unicité dans cette diversité et de la richesse dans les cultures diverses, c'est pour cette raison que j'ai beaucoup apprécié cet ouvrage.

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA

Soeurs de Bernard Minier

Soeurs de Bernard Minier (Pocket, 528 pages, 2019)

Incipit :

Immense, énorme, la forêt s’étendait devant elles…

La carrière de Martin a subie quelques soubresauts. Dans ce récit le thème invoqué met en scène les fans d'un auteur de ... romans ... policiers ... Mise en abyme ? Je sens que l'auteur s'amuse bien ! En tout cas des fans un peu trop obsessionnels ... Mince j'espère ne pas faire partie de cette catégorie vu le nombre de Bernard Minier que j'ai lu en quelques jours ... Bernard mon petit Bernard, tu fais quoi ce week-end ? Tu m'enverrais ton dernier récit en court pour que je sois ton premier lecteur ? Hein, s'te plait ? Sinon je te tue !!! (Heu je plaisante, hein, je vais bien, enfin je crois). En tout cas j'aime bien la structure du récit avec un gros flash-back et la première enquête de Martin ! La carrière de Martin va encore subir des soubresauts ... ça sent la retraite anticipée, que vais-je lire après ? Martin en déambulateur, enquête à son compte dans un EHPAD ? (Heu te fâche pas Bernard là aussi je plaisante ... hein ? que j'arrête de t'appeler Bernard, oui Monsieur Minier, pardon Monsieur Minier, non le referais plus). Encore des passages pas simple, les autopsies d'enfant ... déjà une autopsie, je crois que je m’évanouirais ou que j'irais dégobiller dans le premier réceptacle rencontré, mais alors d'enfant ... arghh. Bon c'est pour cela (Me faire avoir des sensations, hein, pas des autopsies en particulier) que je lis des thriller, pour me faire peur, mais en pantoufle sous ma couette, après une camomille (Oui je dors en pantoufle, ça vous pose un problème ?). Et où personne ne peut m'entendre hurler !!! Hein ? Pardon chérie je voulais pas te réveiller ... Oui mais bon Bernard, enfin Monsieur Minier, il arrête pas de m'embêter avec ses ... ok ok rendors toi.

Note : AAAAAAAAAAAA

Nuit de Bernard Minier

Nuit de Bernard Minier (Pocket, 608 pages, 2018)

Incipit :

Elle regarde sa montre. Bientôt minuit.

Toujours les aventures un peu rocambolesques tout de même de Martin Servaz. Pour une fois "gros souci" scénaristique, une personne est suspecte et pas de vérification que la douille retrouvée correspond (ou pas) au pistolet du suspect (Suspect connu, identifié, à qui il est très facile de demander son pistolet pour vérification) ... Cela se fait, mais plus tard dans le récit.J'aurais pensé qu'immédiatement son supérieur hiérarchique aurait réquisitionnée l'arme ! Quand même cela me semble la base. Pire le suspect va au commissariat alors qu'il a appris qu'il avait été piégé ! Cela ne semble pas malin du tout. Bon je suis plutôt tolérant mais là c'est un peu exagéré, bon c'est mon ressenti. Et cela diminue un peu l'aura du personnage en question. Bon désolé de pas dire qui c'est pour pas divulgâcher. J'aime bien l'idée du personnage de la Norvégienne, Kirsten, et surtout l'apparition d'un enfant, Gustav, auquel la Némésis (Julian) de Martin est très lié. Cela donne l'occasion de quelques revirements assez surprenants. Qui est le chat ? Qui est la souris ? Où est le piège, pardon où sont les pièges ? Martin est ici secoué comme un prunier et vois son avenir professionnel s'assombrir ... Bon pas facile de parler d'un thriller, après tout l'ensemble repose sur une intrigue tordue (vous allez être servi). Mais vu que j'enquille les aventures de Martin les unes après les autres vous devez vous doutez que cela me convient. Quatrième aventure après Glacé, Le Cercle et N'éteins pas la lumière. Il y a un petit côté obsessionnel ... Pire ... j'écoute du Mahler, notamment les Kindertotenlieder. Encore plus grave j'ai offert l'album à ma femme ... Que va-t-elle en penser ? Ou ma fille ? Hi hi hi hi.

Note : AAAAAA

N'éteint pas la lumière de Bernard Minier

 N'éteint pas la lumière de Bernard Minier (Pocket, 704 pages, 2015)

Incipit : 

IL MARCHAIT AU CŒUR de la forêt.

Une intrigue autour de Toulouse (Je me demande si l'auteur n'y habite pas) et qui tourne autour de la conquête spatiale et du monde de l'art contemporain. Cette fois il convoque deux thématiques, le harcèlement et sa variante le stalking, pour façonner son intrigue. Un ouvrage plus violent et sadique que les précédents ...Peut-être parce que la violence en général est brutal mais courte alors que le stalking dégrade la victime petit à petit et donc qu'il m'a été plus dure de m'en abstraire, qui sait ? Ce que j'aime bien c'est que comme Thilliez l'auteur s'inspire de sujets contemporains et les exploite au sein des enquêtes de Martin. Ici ce sera la place de la femme dans l'histoire de la conquête spatiale, et cela sourcé dans la postface pour ceux qui voudraient en savoir plus et de manière moins romancée. Et toujours une intrigue alambiquée aux petits oignons. Troisième aventure après Glacé et Le Cercle.

Note : AAAAAAA

Le Cercle de Bernard Minier

 Le Cercle de Bernard Minier (Pocket, 800 pages, 2013)

Incipit :

Son esprit n’était qu’un cri.
Bonne suite (Tome 2) de la saga Martin Servaz. Après Glacé on retrouve notre commandant dans un imbroglio où un dame passé s'entremêle à un crime du présent. Bon j'avoue que comme j'ai tardé à faire mes articles et que je lis Bernard Minier comme on enfile des perles (Là j'ai débuté La Vallée acheté à Paris il y a un mois) je commence à ne plus savoir à quel moment je suis dans la saga. Je me rappelle l'essentiel, le cercle en question, et quelques passages tendus (comme lors de la plongée dans le lac au barrage) mais je vais pas pouvoir dire grand chose de plus. Juste que je suis les pérpéties du héros et que comme pour Sharko de F. Thilliez, Bernard Minier lui en fait voir de toutes les couleurs ! Bref je me suis entiché de cette saga et c'était le moment opportun pour m'y plonger. Ce n'est pas trop gore donc ça va, j'apprécie les personnages récurrents (Julian par exemple), les seconds couteaux (les deux piliers de son équipe), l'ambiguïté avec la femme de son premier adjoint, et les thématiques abordées, en particulier le mal et la violence. Et l'auteur n'hésite pas à parsemer ses ouvrages d'aphorismes ou de remarques critiques sur le monde. Deuxième aventure après Glacé.

Note : AAAAAA


mercredi 7 juillet 2021

Glacé de Bernard Minier

Glacé de Bernard Minier (Pocket, 736 pages, 2012)

Incipit :

Dgdgdgdgdgd - tactactac - ddgdgdgdgdg - tactactac

J'ai lu pas mal de Franck Thilliez et puis je suis tombé sur une couverture de La Vallée, une photo qui me parlait, me rappelait les Alpes et j'avais vaguement entendu parler de Minier. Alors je l'ai acheté, à la gare d'Austerlitz. Mais voilà j'ai cru comprendre qu'il y avait un personnage principal récurrent, Martin Servaz, et je n'aime pas lire dans le désordre. Et j'ai bien fait, car au moment où j'écris cet article j'en suis déjà au quatrième (Oui j'ai un peu de retard dans mes articles ... mais bon les vacances arrivent). Alors j'ai acheté le premier au Chat qui Dort, la librairie de Véronique à Beaugency (Miracle elle avait le premier !!!). Et je ne regrette pas, je l'ai dévoré, j'aime bien les thriller en général et celui-là est très bien agencé, avec des rebondissements, une ambiance qui m'a scotché. Et bon je me suis attaché à Martin. Je n'ai pas regretté une seconde de les lire dans l'ordre, tant il y a en filigrane sa Némésis, Julian, mais aussi des évènements personnels qui font sens. Il y a un petit côté Silence des Agneaux dans ce roman, roman que j'avais adoré tout comme le film éponyme. Bon d'accord j'ai une petite fascination pour les serial killer, ce mal 'absolu' allié à une intelligence parfois hors norme. Hannibal reste bien frais dans ma mémoire, tout comme Clarice. Mais Bernard Minier arrive à donner un ton, une ambiance, et on sent qu'il en a sous le pied, même quand on croit qu'on est à la fin, il passe la seconde ! Ah ? vous en voulez encore ? Ok, pas de problème.

Note : AAAAAAAAAAAA

La cité des hommes saints de Luis Montero Manglano

 La cité des hommes saints de Luis Montero Manglano (Actes Sud, 752 pages, 2021)

Incipit:

Si vous voulez des réponses,  je ne suis pas la bonne personne.

Enfin la fin, et quelle fin ! A part un passage un peu violent et un revirement qui m'a un peu trop surpris, cela reste dans la lignée de La Table du Roi Salomon et de L'Oasis Éternelle. L'auteur arrive encore à surprendre, avec des belles images, en particulier l'idée du Mal et du Bien, de Dieu et de Satan, sans qu'ils soient explicitement nommés, juste évoqués et de belle manière, comme avec l'usage des couleurs de s yeux que tout un chacun peut interpréter ... Il y a un peu la même idée sous-jacente que dans Indiana Jones III, ou la fin du I mais cela reste une belle lecture détente, idéale pour l'été. De l'émotion, des rebondissements, une quête qui est également une quête de soi. Avec force références bibliques et symboliques. Cela tombe bien, après Mircea Eliade (Le sacré et le profane, Histoire des croyances et des idées religieuses), je suis également dans Petit traité d'histoire des religions, de Frédéric Lenoir, d'ailleurs je vous recommande sa série Les chemins du sacré sur ArteTv. Bein sûr on écrit pas à partir de rien, on utilise plus ou moins consciemment les archétypes de l'inconscient collectif tout comme l'histoire du passé et M. Manglano les utilise à sa manière et au vu de la vitesse où j'ai lu ses ouvrages je peux dire que, pour moi, il a bien travaillé. Il a su toucher en moi ce besoin d'aventure, de quête, de connaissance, d'idéal, des trésors, des vieux parchemins, de toutes ces choses qui parcourent la vie de Tirso, teinté d'une spiritualité pragmatique. En fait cette trilogie a été un enchantement, Indiana Jones, les Goonies, Bob Morane, et bien d'autres souvenirs se sont rappelés à moi, de manière diffuse, en filigrane, c'est peut-être cela qui m'a convaincu sans que j'en sois totalement conscient. 

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA

L'Oasis Eternelle de Luis Montero Manglano

 L'Oasis Eternelle de Luis Montero Manglano (Actes Sud, 672 pages, 2020)

Incipit :

Mon père était un bon conteur.

Un suite dans la ligne du premier tome La Table du Roi Salomon. Et là on voyage, au Mali, entre légendes, mythes, quête plein de rebondissements (Mêe rocambolesque parfois). Et l'approfondissement des relations entre les différents personnages. Avec en filigrane ce père disparu trop tôt, les relations d'amour contrarié, et des personnages secondaires toujours aussi intriguant comme Enigma. Avec ce goût pour les plot-twist plus ou moins imprévisibles. De l'aventure à la Bob Morane, à la Indiana Jones mais sans que cela réduit à cela, il est toujours délicat de comparer. Cela garde tout de même sa spécificité et j'imagine sans peine une série télé en trois saisons, une par livre. Encore un tome dévoré rapidement tant je ne pouvais le lâcher. Il tombait peut-être aussi à point nommé, qui sait ?

Note : AAAAAA

samedi 19 juin 2021

Le Cercle de Dave Eggers

 Le Cercle de Dave Eggers (Folio, 576 pages, 2017)

 Incipit :

Mon Dieu, pensa Mae. C'est le paradis.
Une version modernisée ou actualisée du Meilleur des Mondes d'Huxley ou de 1984 d'Orwell. Un panoptique mondial où les réseaux sociaux se substituent au télécran Orwellien. Une exploration de l'esclavage numérique, de l'addiction, de la surcharge d'information, de la soumission à la transparence totale, de la dissolution de la vie privée, de la réduction d'un espace à soi, intime. L'impression de devenir un rat de laboratoire ou d'être cantonné dans une boite de Skinner, à appuyer sur un levier convulsivement, pour être sûr d'avoir sa dose, nouveau drogué du virtuel. La multiplication des écrans, que je vis également, dans une moindre mesure, au travail, me parle directement. Le tracking généralisé de tous nos mouvements, gestes, où tout devient indicateur, métrique, pour classer, noter, évaluer, un culte du tableau de bord pour soi, du feedback temps réel, où l'on croit tout maîtriser à partir du moment où c'est transformé en nombre, comme un miroir narcissique tout aussi bien qu'une version numérique du miroir du Rised, où tout se transforme en positionnement, où on devient côté comme à la Bourse, où le dogme de la transparence en vient au paradoxe où l'on devient dissolu, invisible, soumis à la pression sociale, forme de soft power où, comme le crapaud qu'on chauffe petit à petit, on se laisse mourir sans s'en apercevoir à temps. Là aussi petit à petit nous nous laissons happer, séduire par des outils qui promettent de rendre nos vies meilleures. Nos vies sous algorithme dans une course à la performance, à l'étalage pornographique de soi, colonialisme numérique, un classement totalitaire d'une société de l'hypercontrôle, hygiénisme social qui ne laisse plus de place qu'à un absolu funeste. Voyeurisme généralisé soutenu par les bons sentiments et un idéalisme de perfection béat, réseau-réalité comme télé-réalité où on se transforme en role-model factice et ultra-formaté, hétéronomie d'une communauté qui dérive vers le sectarisme le plus brutal où les rapports vrais se retrouve hors champ, hors caméra, dans des toilettes, lieu de déjection, où la digestion de l'être est ici symbolisée par un requin ... digéré par la tekhnè et aussitôt recraché ... Je me rappelle que le patron de Facebook n'avait pas apprécié de voir des images de sa famille en ligne, lui qui annonçait la fin de la vie privée. Une telle hypocrisie démontre l'indigence de sa pensée et de sa vision. La couverture montre bien que nous sommes des rats dans un labyrinthe numérique, symbole qui peut aussi rappeler le pacman glouton qui frénétiquement avale sans fin des pastilles digitales ... Un thriller qui explore, parfois avec lourdeur, les différents aspects du colonialisme numérique. Nous sommes dedans. Dans la Matrice. En sortiront nous meilleur ? Arriverons nous seulement à en sortir ? A trouver le chemin vers l'autonomie, une élévation de soi plutôt qu'un enfermement ? Trump et Twitter, pour ne citer qu'un exemple parmi des millions, nous rappellent cruellement que non. Tout outil a sa part de libération comme d'aliénation. La question a se poser est aussi : qui manie réellement cet outil ? Dans ce livre au lieu de Google Glass c'est un collier ... qui rappelle en filigrane qu'à un collier il y a une laisse ... L'enfer est pavé de bonnes intentions. Le personnage Ty dans le livre montre que le numérique n'est pas mauvais en soi juste son immixtion dans toutes les strates de la société et la centralisation au sein de mains de moins en moins nombreuses. Le Cercle rappelle par sa forme, son communautarisme et son implantation les Gated Communities américaines.

Note : AAAAAAAAAA

Suzuran d'Aki Shimazaki

 Suzuran d'Aki Shimazaki (Actes Sud, 168 pages, 2020)

Incipit :

La nuit tombe. J'entre dans mon appartement où il n'y a personne.

Une écriture sobre, minimaliste, évanescente  où le symbolisme d'une fleur, Suzuran en japonais, suit l'histoire de bout en bout. Initialement accolée à une poterie il verra sa destinée s'étoffer au fur et à mesure, pétale après pétale. Des phrases courtes qui laissent place au non dit, à l'imaginaire du lecteur. Ce côté tout en retenue me plait beaucoup. J'avais découvert Aki Shimazaki au travers sa pentalogie Tsubaki, que j'ai passé depuis à ma fille. Ici il s'agit d'une histoire où le poison s'instille et se diffuse petit à petit. Où l'ampleur de la trahison se découvre jusqu'à  la perte des feuilles, moment fatidique qui verra l'histoire prendre la tangente, le tout étayé par ce titre évocateur. Alors je croie que j'entamerais dans pas trop longtemps le deuxième tome de cette nouvelle pentalogie.

Note: AAAAAAAAA

Ps: je vous recommande le k-drama historique Rookie Historian Goo Hae Ryung.

La Table du Roi Salomon de Luis Montero Manglano

La Table du Roi Salomon de Luis Montero Manglano (Babel/Actes Sud, 600 pages, 2017)

Incipit :

Schem-hamephorash. Le Nom des Noms.


Un livre qui se lit avec une facilité déconcertante, on dirait peut-être de nos jours un page-turner, pour les fanatiques des anglicismes. Une quête qui emprunte un peu à Indiana Jones avec un côté Club des Cinq pour adulte. Cela fait le deuxième livre du mois (Evolution) qui confond programmeur et programmateur (p. 195). Je vais finir par faire une thèse en sociologie pour montrer comment cette confusion déplorable s'immisce dans toutes les strates de la société sans que cela ne fasse la moindre vague. Naaaan je plaisante. Mais quand même les traducteurs font assez mal leur travail, une simple recherche wikipédia leur éviterait cet écueil. Je regrette tout de même le cliché antisémite page 197 où un juif se voit affublé d'un "Gros nez crochu". Sinon l'histoire est captivante, pleine de rebondissements, rondement menée, et parsemée de références à l'histoire de l'Art et bien sûr aux spoliations au cours de l'Histoire. La France s'en prend un peu dans les dents, à juste titre, et en particulier cette saloperie de Napoléon, le gugusse qui a mis à feu et à sang l'Europe, un boucher que certains idéologues vénèrent. Je veux bien faire la part de choses, mais de là à l'idolâtrer comme un doudou il y a un pas que je ne franchirais pas. Les mêmes probablement qui trouvent que Pétain était un bon militaire, les guerres d'attrition étant d'un autre âge (L'Antiquité) je dirais que c'était ce qui se fait de pire comme militaire, une défaite de la pensée comme de l'action, et j'inclus l'Allemagne de la même période, la première guerre mondiale, aussi nulle sur le sujet. Une défaite de la diplomatie, des soi-disant élites dirigeantes, une honte. Mais bizarrement l'histoire est embellie et réécrite. Alors vous allez me trouver hors sujet. Que nenni, ce livre d'aventure est aussi un rappel de l'Histoire au travers des vols d'objets d'art et offre un éclairage bien moins complaisant des musées, centres de recel légaux. Le musée des Arts Premiers quai Branly étant un exemple étonnant, beaucoup d'objets sacrées ayant été volés. Bon je ne sais plus dans quel ouvrage c'est explicité avec force référence, tant pis faite vos recherches vous-mêmes. Pour finir les personnages sont attachants avec un côté atypique et des surnoms particulier comme Enigma que j'aime bien. J'ai commencé ce livre samedi matin et l'ai fini dimanche soir. Oui j'ai beaucoup lu ce week-end là. Cela pourrait faire une série télé intéressante. J'ai déjà entamé la suite L'Oasis éternelle.

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA

Ps: je vous recommande le k-drama Move to heaven. J'ai adoré.


Evolution de Marc Elsberg

Evolution de Marc Elsberg (Livre de poche, 637 pages, 2021)

Incipit :

Seul le pupitre était encore debout sur la scène de la salle d'hôtel comble, le secrétaire d’État américain était étendu, immobile, à son pied.

Ce livre m'a tenté car il adresse des enjeux liés aux biotechnologies, un domaine pour le moins fascinant. J'avais suivi Biohackers, une série allemande sur Netflix, pour essayer de renouer avec l'allemand (heu ... pas simple, je suis une quiche, en partie lié à un enseignement mortifère à souhait, l'impression qu'en dehors de la seconde guerre mondiale impossible d'étudier l'allemand. J'espère que cela a progressé depuis), et j'avais apprécié à la fois comment ces technologies se diffusent de plus en plus auprès du grand public et comment elles étaient mise en œuvre dans des laboratoires personnels, un peu comme le garage américain a permis l'essor de l'ordinateur personnel. Frank Herbert dans La Mort Blanche, que j'ai du lire vers la fin des années 80, explorait déjà l'idée qu'un simple individu pouvait concevoir dans son coin quelque chose de terrible. Et aujourd'hui il est même possible de jouer avec des kits Crispr/cas9 (Exemple et ). Bon maintenant je m'en amuse mais encore un livre qui confond programmeur et programmateur (page 550), non pas l'auteur je suppose mais plutôt le traducteur, ce qui est un peu lamentable, mais bon, quand même un livre sur la culture numérique fait l'erreur ou un livre de quelqu'un du milieu, ChatBot le Robot, tout est possible. C'est tout de même un peu navrant. Bref, ce livre explore les manipulations génétiques, genre transhumanisme par l'ADN, avec plusieurs visions qui s'affrontent mais qui remettent en question l'existence même de Sapiens en tant qu'espèce, style Sapiens 2.0 mais en mode amélioration continue, les technologies permettant de passer à la génération suivante ses propres gènes modifiés, une course à la performance, à l'élitisme, etc, tout à fait dans l'esprit du temps, une version accélérée et technologique de La rivière pourpre. Plus Bene Tleilaxu que Bene Gesserit. L'éthique, la morale etc ne suivant pas vraiment, on peut se demander si Sapiens est mûr pour de tels changements.

Note : AAAAAAAAAA

Ps: je vous recommande le k-drama It's okay not to be okay

Jujutsu Kaisen 01 de Gege Akutami

 Jujutsu Kaisen 01 de Gege Akutami ( Ki-oon, 188 pages, 2020)

A cause, ou grâce à ma fille, je relis des mangas (Et comme en général je regarde aussi l'animé, je me suis remis aux animés également). Ce qui m'a accroché c'est l'humour décalé, voire absurde ainsi que les personnages atypiques (Le panda, celui qui ne parle qu'avec des mots de cuisine) mais également l'univers de magie et d’horreur. Le dessin est parfois inégal mais certaines planches sont impressionnantes. Il y a des personnages qui me plaisent beaucoup en particulier Gojo Satoru. Enfin je sens la culture japonaise sous-jacente ou disons plutôt asiatique. Et comme je lis La souplesse du Dragon (pensée chinoise) je ressens une part de symbolisme oriental sans pouvoir l’expliciter clairement. Bref cela faisait longtemps que je n'avais lu de manga, j'avais adoré 21th Century Boy, Quartier Lointain, GTO, Genshiken, Monsters, Death Note, Gantz etc. et je suis plutôt content de renouer avec un manga, d'autant que c'est ma fille qui les achète, hi hi hi. Bon je n'en suis pas au tome 1 mais au sept je crois. Mais je ne vais pas faire d'entrée à chaque tome. Peut-être au neuf dans l'attente de la parution de la suite.

Note: AAAAAAAAAA

Ps: je vous recommande le k-drama Itaewon Class

Dune Messiah by Frank Herbert

 Dune Messiah by Frank Herbert (Berkley Book, 256 pages, 1975)

 Incipit :

Muad’dib’s Imperial reign generated more historians than any other era in human history.  

Un peu plus perché que le premier volume avec une intrigue sophistiquée et le retour inattendu d'un personnage clé qui puisent dans l'idée de la psychogénéalogie notamment. Enjeu de pouvoir et comment s'en sortir. Quelques idées intéressantes comme "voir sans les yeux", comme une réalité augmenté par un autre sens. J'ai cru comprendre que ce volume était une transition vers le suivant et préparait la suite, ce qui expliquerait sa mauvaise réception  à sa sortie. Bon peu m'importe, je suis dans la suite, Les enfants de Dune. Ce que j'aime par dessus tout c'est le riche Univers créé, l'ambiance particulière qui s'en dégage, les enjeux sous-jacents.

Note : AAAAAA

jeudi 3 juin 2021

Le Gang de la Clef à Molette d'Edward Abbey

Le Gang de la Clef à Molette d'Edward Abbey (Gallmeister, 487 pages, 2005)

Incipit :

Lorsqu’un nouveau pont entre deux États souverains des États-Unis est achevé, arrive l’heure des discours, des drapeaux, des fanfares et de la rhétorique techno-industrielle amplifiée par haut-parleurs. 

Je n'ai pas lu la version illustrée par Crumb (Carrément adapté à l'ambiance du livre !!) car trop chère. J'ai appris aussi qu'il y a une suite. Je ne sais pas si je la lirais, je trouve que cet ouvrage se suffit à lui-même, bien que je sois curieux de ce qui advient à certains personnages, Doc ou Abbzug. Comme les luddites, un groupe épars se réunit en vue de commettre des actes de sabotages, on dirait peut-être éco-terrorisme de nos jours, à l'encontre du modernisme industriel salissant, détruisant, saccageant l'environnement. C'est aussi dans le courant de la contre-culture, voire qui prend racine dans la désobéissance civile de Thoreau. Il y a un côté subversif, comme avec la BD les Pieds-nickelés, mais aussi un hymne à la liberté, à la vie, même à vivre la vie par les deux-bouts, avec limite un soupçon de punk voire de No Future. Comme je ne suis guère pour le vandalisme l'épopée me dérange un peu mais en même temps me fait m'interroger sur moi, la société, le futur. La préface de Robert Redford donne un éclairage singulier sur l'auteur, très taciturne, avare de mots, allant à l'essentiel. Un peu le contraire de ses personnages un peu loufoques, extravagants, qui revivent une sorte de conquête de l'Ouest. Une lecture vivifiante qui interroge notre modernisme, notre société de consommation, tous ces clichés limités éculés mais qui nous rappelle que sous nos yeux il y a la vie, la nature, les relations et que c'est là l'essentiel. En pleine pandémie et télétravail cela fait d'autant plus sens. 

Note:  AAAAAAAAAAAA

 

Dune by Frank Herbert

 Dune by Frank Herbert (Berkley Book, 537 pages, 1983)

Incipit :

In the week before their departure to Arrakis, when all the final scurrying about had reached a nearly unbearable frenzy, an old crone came to visit the mother of the boy, Paul.
Une relecture, je l'ai lu la première fois l'année de mon bac, il y a ... longtemps. Cela m'avait marqué par le côté total du roman, écologie, économie, anthropologie, religion, géopolitique, etc. Avec une ambiance unique, un côté psychologique très accentué, des rapports de force cruels, perfides, sophistiqués. Et des organisations fascinantes comme le Bene Gesserit. Je regrettais à l'époque de ne pas être une fille pour m'imaginer en faire partie. Puis rapidement être un Fremen, aux yeux entièrement bleus. J'avais ramé à le lire, mon premier roman en anglais et, encore maintenant, ce n'est pas ce qu'il y a de plus simple à lire. Mais j'ai pris grand plaisir à le relire, à détester le baron Harkonnen, à être fasciné par le désert et ce recyclage de l'eau, par la magnificence des vers géants d'Arrakis. Des personnages forts, Paul, Jessica mais aussi Liet Kynes, un étranger qui s'est acclimaté et a été accepté par les Fremen. Un livre qui pose question sur tant de sujet et qui arrive à le faire au travers d'une histoire prenante, limite mystique. Il y a un côté bouddhiste par l'interdépendance du tout, systémique voire holistique, comme la pensée chinoise. L'usage de la voix comme pouvoir rappellera Bourdieu, la dualité de la parole, aussi bien porteuse d'espoir et de vie que de mort et de haine. Cette relecture a agrégé en moi tout ce que j'ai appris, découvert, éprouvé depuis sa première lecture. Et je constate que ce livre n'a rien perdu de sa force, au contraire, il permet de projeter tellement de choses qu'il révèle alors toute sa puissance cachée. Il y aurait tant à dire, mais à chaque lecteur de parcourir son chemin, sa "traversée du désert", à l'instar de Paul, personnage christique. Ahhh et les mentats ... Moi qui souhaitait être informaticien à l'époque, cela me parlait !

Note : AAAAAAAAAAAAAAAA

Edison de Torben Kuhlmann

Edison La fascinante plongée d'une souris au fond de l'océan de Torben Kuhlmann (Nord Sud, 108 pages, 2019)

Un ouvrage jeunesse superbement illustré, les décors sont riches, détaillés, immersifs. Les personnages sont trop chou. La mise en scène inventive, en hommage à Edison, même si ce dernier n'arrive pas à la cheville de Nikola Tesla et bénéficie d'une aura un peu usurpée par rapport à Tesla. Une histoire fictive pour parler de l'invention la plus connue, bien qu'il n'en soit pas l'inventeur initial, il en a amélioré le principe, il s'agit de l'ampoule. Éclairage à l'efficacité assez médiocre, 5% étant pour la lumière le reste en chaleur. Mais surtout Edison a inventé des choses tout aussi importantes comme le phonographe. Donc le seul bémol est de renforcer les clichés et l'histoire habituelle en quelque sorte et de ne pas avoir préféré Nikola Tesla. Les couleurs, le dessin, une aventure qui se délecte, surtout avec les dessins qui m'ont fait voyager ainsi que l'inventivité du vaisseau sous-marin. En fait l'auteur a fait toute une série, il y a également Armstrong ou encore Einstein

Note : AAAAAAAAAA

vendredi 14 mai 2021

The Selected Works of T.S. Spivet by Reif Larsen

The Selected Works of T.S. Spivet by Reif Larsen (The Penguin Press, 377 pages, 2009)

Incipit :

The phone call came late one August afternoon as my older sister Gracie and I sat out on the back porch shucking the sweet corn into the big tin buckets.

Un très beau livre (J'ai la première édition reliée), de belles illustrations, une construction labyrinthique, de l'intertexte à foison, avec un roman dans le roman (L'extrait d'un des livrets de sa mère), des références diverses qui montre la vaste culture de l'auteur. On y perçoit un fond idéologique : la méthode scientifique, le darwinisme, la curiosité, la créativité. Mais cela reste un parcours initiatique, avec l'épreuve du sang, où grandi, se séparer de ses parents (La perte filiale), reste un sujet toujours aussi riche. A cela s'ajoute un background dramatique (La perte du frère), la résilience, le dépassement de soi, et enfin la perte des illusions de l'enfance en côtoyant le monde des adultes (Monde de l'apparence, des manipulations, de l'argent, etc). Au final un ouvrage très riche qui aborde un grand nombre de thématiques.  Un hymne à la curiosité humaine, la recherche d'une vérité, la science, la découverte. Qui donne l'envie d'acheter un théodolite ... ha ha ha, et de tout mesurer, cartographier afin d'élaborer des taxonomies originales et contrintuitives. Si après cela il n'y a pas une génération de curieux et de scientifiques c'est à se damner.

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA

Proving Darwin by Gregory Chaitin

 Proving Darwin Making Biology Mathematical by Gregory Chaitin (Vintage Books, 124 pages, 2012)

Incipit :

Mathematicians can be subdivided into two types : problem solvers ans theorizers.

Rien que pour m'avoir fait découvrir le livre Kunstformen der Natur d'Ernst Haeckel je remercie l'auteur. Cela donne de très belles illustrations de début de chapitre et, à nouveau (Voir La Biologie en BD), démontre l'incroyable richesse de la Vie, sa créativité. Cette dernière est au cœur de cet ouvrage, le théorème de Gödel sur l'incomplétude démontrant en creux la créativité des mathématiques (Tout n'est pas rigide, déterminé, stable mais en fait instable, chaotique et permettant la vie, l'évolution, le changement et donc les découvertes mathématiques, je résume beaucoup). Bref, l'auteur souhaite démontrer le darwinisme mathématiquement, se fondant sur Turing mais aussi sur les automates cellulaires de Von Newmann. La partie mathématique assez succincte et absconse m'a laissé un peu froid. De même la vue réductrice sur l'égoïsme des gènes de Dawkins (Surinterprétation subjective du mot 'égoïsme' et Dawkins s'en est expliqué et a même regretté le choix de ce vocable). L'auteur est plus convaincant sur les aspects créatifs de la vie, des mathématiques, et donc de l'évolution. Je ne sais si cette nouvelle matière qu'il a voulu créer, la méta-biologie, a eu du succès, a toujours le vent en poupe, ou est un vrai sujet au regard des recherches actuelles en général, mais j'ai bien aimé que l'humain soit réduit à du logiciel, que l'ADN soit le code de la vie, un programme, il y a des analogies qui sonnent justes même si, pour ma part, je n'en suis guère surpris. Les virus informatiques, les automates cellulaires, et même la science-fiction (Cyberpunk), ces thématiques ont été brassées depuis pas mal de temps déjà. Même Tron de Walt Disney (1982) faisait de telles analogies, l'algorithmie génétique (dès les années 60) ou encore CoreWar (années 70), ce qui ne veut pas dire ou qu'il faille en conclure qu'il n'y a plus rien à ajouter car depuis, les mathématiques, l'informatique, la biologie ont fait des bonds importants et il est toujours utile de régulièrement faire des ponts inter-disciplinaires ou de faire un lien pertinent. Il y a aussi plusieurs points extrêmement intéressants explorés dans cet ouvrage. J'aime beaucoup l'ASCII art de la couverture !!!

Note : AAAAAAAAAAAAAAAA

La Biologie en BD de Larry Gonick et Dave Wessner

La Biologie en BD de Larry Gonick et Dave Wessner (Larousse, 313 pages, 2019)

Incipit

La biologie, ça n'est plus comme avant ...
Je me suis mis un peu aux sciences (Physique, astrophysique, géologie, chimie, électronique et autre) et comme j'ai acquis un microscope de compétition je me devais d'en savoir un peu plus sur le monde vivant. La partie traitant des protozoaires et autres archées est un peu courte à mon goût mais bon il s'agit d'un ouvrage généraliste alors ... Malgré tout, l'approche est celle de l'entonnoir à l'envers, on part du particulier pour aller au général (Je préfère l'entonnoir à l'endroit). Ce particulier est tout de même pas si simple à suivre et surtout montre à quel point la vie est d'une complexité étonnante.La transition vers une approche plus globale est brutale, on part de la cellule pour soudain parler du système sanguin et j'ai l'impression qu'il manque des étapes. C'est le genre d'ouvrages à lire, relire et rerelire tant les pièces du puzzle sont diverses. J'ai appris et compris une foule de choses au passage. Comme j'ai un microscope je me suis intéressé aux choses à observer et je me suis abonné à Mikroscopia un forum dédié aux microscopes et aux observations avec cet outil. Ainsi je savait, car cela était précisé dans un post, que les cyanobactéries ne sont pas toutes bleus ou bleues/vert. Il est pourtant dit dans ce ouvrage p. 262 que c'est le cas (En "vrai" 50% sont en fait bleu/vert, voir la section pigment de Cyanobacteria). Alors c'est vrai c'est simplifié mais là je trouve que c'est quand même un peu limite. Toutefois j'ai appris au passage, page 176,  que c'est Rosalind Franklin qui a en fait découvert la structure hélicoïdale de l'ADN (et non l'escroquerie qui consiste à attribuer cette découverte à Watson et Crick, un prix Nobel immérité). Rien que pour cela ce livre mérite le détour. Bon aussi pour les dessins assez drôles qui finalement allègent un description assez technique parfois. J'aurais aimé une vue d'ensemble plus claire et à cette première lecture il manque des étapes. Mais bon cela permet d'envisager une lecture plus aboutie. On sent le miracle de la vie, son incroyable créativité, sa richesse stupéfiante. Cela me donne envie de creuser ...

Note : AAAAAAAAAAAA