mardi 2 mars 2021

Le ciel à découvert de Jean Andouze

 Le ciel à découvert sous la direction de Jean Andouze (CNRS Editions, 326 pages, 2010)

Incipit :

L'Union astronomique internationale et L'Unesco ont convaincu les Nations unies de proclamer "Année mondiale de l'astronomie" l'année 2009.

Un recueil de textes d'auteurs divers qui brosse un portrait de la recherche en 2010. Il y a des passages qui présupposent des connaissances que je n'ai pas et cela peut paraître assez techniques bien qu'il n'y ait guère d'équations. Disons que cela s'appuie sur les recherches et qu'est offert une réflexion sans pour autant cacher la complexité des travaux sous-jacent, donc pas forcément très grand public. Mais cela reste tout de même passionnant, incroyable, étonnant, tant le travail d'enquête utilise de techniques différentes, élaborées, pour révéler plus qu'il n'y a à voir au premier abord. Cest touchant de lire que β Pictoris pourrait être une exoplanète mais que cela demandait confirmation en 2017. Bon il me fallait savoir et quelques lignes plus loin ils indiquent un site recensant les exoplanète (environ 300 en 2009 et 4687 le 2 mars 2021 !!), j'ai un peu cherché pour la syntaxe pour compulser le catalogue en ligne, en fait il faut utiliser le nom court  Pic b, dont le statut d'exoplanète est ... confirmé ! Amusant de lire que le James Webb Telescope devait être lancé vers 2014 (de mémoire) alors qu'il devrait l'être en fin de cette année (Octobre 2021). Donc pour certaines choses, et c'est normal dans le cadre de la recherche, il y a des attentes non confirmées et il faut remettre en perspective. Oui il y a certes des données obsolètes, par exemple le nombre d'exoplanète découvertes, ou des dates de lancement etc. Et depuis 2010 la recherche a du affiner sur plusieurs points très certainement. Néanmoins j'ai trouvé cet ouvrage toujours pertinent (pour moi et mon niveau) par la qualité des articles, la qualités de l’iconographie, l’éventail des axes de recherches, les outils et techniques utilisées, la variété des connaissances nécessaires autre que la physique (topographie, cartographie, informatique, bases de données et catalogue, statistiques, biologie, biochimie, géologie, archéologie, chimie organique, etc) des références fournies (Là aussi cela ne dépasse pas 2010 évidemment) et ce livre démontre, encore une fois, que le livre Avi Loeb est un peu resté dans l'esprit des années 80/90 tant l'exobiologie (astrobiology chez les anglo-saxons), les exoplanètes, les biomarqueurs, la recherche de signes de vie extraterrestre, était au cœur de plusieurs axes de recherche déjà en 2010 (Et donc avant). Avi Loeb essaye de se faire un nom ou est en manque de notoriété mais ne révèle pas de la nouveauté en ce qui concerne ce type de recherche qu'Avi Loeb centre principalement sur SETI (La fin d'un règne avec l'effondrement d'Arecibo), projet qui a fait à ses débuts l'objet de fantasmes et donc d'hostilité, mais qui n'est qu'un axe parmi d'autres. Ce livre, Le ciel à découvert,  n'est peut-être pas à conseiller pour débuter, mais si on s'accroche on glane un nombre impressionnant d'informations sur un sujet dont la richesse est stupéfiante. J'ai particulièrement apprécié les manières de révéler des indices, à la manière de la police scientifique, car c'est cela nous avons des indices, une scène de crime (ha ha) et on reconstruit la scène de manière très détaillée. Il y a des techniques incroyables auxquelles je n'aurais pas pensé qui nécessitent pour les utiliser une maîtrise scientifique de base et une bonne compréhension des limites des outils, des mesures, et la prise en compte complexe de très ombreux paramètres. Une lecture exigeante mais qui récompense à la hauteur de son investissement. Je complète cette lecture par un cours d'astrophysique, un manuel de base d'astronomie et diverses lectures (Comme les revues Ciel et Espace, L'Astronomie et Astronomy Magazine). Et quelques observations que je planifie avec l'outil logiciel Stellarium (Ici la version en ligne). Au final un livre génial !

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA

lundi 1 mars 2021

Gunnm de Yukito Kishiro

 Gunnm de Yukito Kishiro (Glénat, 2104 pages, 2001)

Quelle saga ! Dessins, mise en page, rebondissement ! Une autre Yoko comme ma Yoko Tsuno de mon enfance. De l'I.A, des Mechas, des androïdes, des médecins fous, du Rollerball, du Mad Max, du Wall-E, du Blade Runner, du Cyberpunk etc. Un mix étonnant et détonnant puisant dans de multiples sources proposant une épopée cyberféministe qui décoiffe ! Que dire de plus sur cette saga de toute manière mythique à l'instar du culte Akira ? J'avais un peu regretté la fin de Gunnm mais voilà il y a eu depuis une suite : Gunnm Last Order !!! Hummm tentant ! Très tentant ... Mais voilà l'astronomie me tente un peu plus en ce moment !!

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA

vendredi 26 février 2021

Le premier signe d'une vie extraterrestre d'Avi Loeb

 Le premier signe d'une vie extraterrestre d'Avi Loeb (Seuil, 272 pages, 2021)

Incipit :

Quand vous en avez l’occasion, sortez de chez vous pour admirer l’univers. Bien sûr, c’est plus facile la nuit. Mais, même de jour, lorsque le seul astre visible est le Soleil, l’univers est toujours là, qui nous attend. Le seul fait de lever les yeux vers le ciel nous aide à changer la perspective.

Ce livre je l'ai lui suite à un échange avec un ami, à propos de 'Oumuamua (L'apostrophe est en fait un okina). J'ai hésité, mais bon, pourquoi pas. C'est un livre de passion (Je n'ai rien contre) voire marketing (là je trouve cela un peu dommage mais bon) un peu biaisé scientifiquement, un peu fourre-tout aussi, qui part un peu dans tous les sens et un tantinet incohérent parfois. Le surtitre affirme clairement sans preuve et peut être considéré comme mensonger, comme le reconnait l'auteur qui dit bien vers la fin de l'ouvrage qu'il s'agit d'une hypothèse. Hypothèse que je peux soutenir mais de là à affirmer sa véracité ou qu'elle est irréfutable il y a un pas qu'il est difficile de franchir, scientifiquement parlant. L'auteur est pafois imprécis, péremptoire, jouant sur les mots, il a des comparaisons un peu bancales. Il dit ne pas se prendre pour Galilée mais y revient régulièrement. De plus il affirme qu'il y a peu de recherche en vie extraterrestre ou qu'on est pas prêt. Deux affirmations gratuites et contredites par les faits. Il y a une recherche active d'exoplanètes, l'exobiologie est une banche qui existe comme l'astrobiologie, deux chapitres y sont consacrés dans, un exemple parmi d'autres, Le ciel à découvert (2010) édition CNRS (Chapitres 24 & 25), le projet de recherche de Perseverance a clairement dans son agenda la recherche de biomarqueurs etc, d'ailleurs il l'a rajouté à la fin de son ouvrage (cela sent le rajout de dernière minute !), bref le sujet de la vie extraterrestre est bien pris en compte (Vie sur MarsExobiology Nasa, sans parler de nombreux ouvrages et articles sur le sujet, (je précise que je ne parle pas des complotistes et autres délires) au contraire de ce qu'affirme l'auteur de manière assez caricaturale, qui reflète peut être son milieu étriqué ou des souvenirs de plus  de 20 ans, mais pas vraiment ce que je ressens dans l'actualité, les magazines et les ouvrages d'astrophysique récents. Nous ne serions pas prêt à cette idée dit-il, vraiment ??? Avant même toute preuve il y a ceux qui y croient déjà et pas qu'un peu, ils y croient tellement qu'ils pensent que la reine d'Angleterre est un reptilien, il y a les scientologues, les paranoïaques et complotistes comme David Icke, ou ceux qui affirment que le gouvernement nous cache qu'ils ont capturés des Aliens, qu'ils sont dans l'Area51 (ou en Russie). Le succès de son ouvrage démontre également le contraire de ce qu'il affirme, il y a un intérêt pour cette thématique de la part du grand public et des spécialistes de tout horizon. De surcroît, à le lire, il semble donner l'impression qu'il est le seul à avoir des idées ... lui qui parle d'humilité à tout bout de champ, elle ne l'étouffe pas, mais tout de même en lisant d'autres auteurs ou d'autres ouvrages il n'est pas le seul à avoir des idées avancées ou audacieuses. Il a des propos un peu divers pour ne pas dire contradictoires, et parfois surprenant, par exemple page 164 il écrit "Le comble de l'arrogance consiste à rejeter ce qui ne peut s'expliquer rationnellement ../.. " il est pour croire à l'irrationnel ??? Page 175 il suggère que l'humanité est proche de la catastrophe (je confirme) alors pour s'en sortir ... essaimons dans l'Univers !? Et il parle d'humilité ... Et puis il ne se soucie guère qu'on pollue ailleurs, qu'on sème le bazar avec nos virus etc. C'est un peu la fuite en avant plutôt. Laissons donc la terre crever si je comprends bien. Drôle d'optimisme, après avoir constaté la médiocrité de notre hauteur de vue en tant qu'espèce. L'humanité incapable de gérer le climat, la pauvreté, la pollution, les guerres, etc. elle provoque la sixième extinction et il faudrait étendre notre médiocrité à l'Univers ? L'auteur est d'une naïveté confondante et place son optimisme de manière particulièrement curieuse. Et puis cette manie de taper sur ses confrères tout en utilisant leur recherches c'est un peu lourd à la longue. Peut-être que le souci est politique, économique et que les instances politiques sont pas au fait sur le thème ovni/extraterrestre ? Fort probable (Imaginez ce qu'en pense Trump par exemple). Mais il faut se mettre d'accord sur ce qu'on entend par OVNI ou vie extraterrestre : cela n'a rien à voir avec des soucoupes volantes ou les petits gris. Factuellement 10% des phénomènes OVNI ne sont pas résolus. Donc les OVNI existent. Cela ne veut pas dire des soucoupes volantes pour autant, juste des phénomènes qu'on a pas réussit à expliquer. Mais si je dit que je crois aux OVNI certains vont me regarder bizarre (Ceux qui regardent trop X-files, qui pensent qu'ils ont été enlevé par une soucoupe, ou qui croient que Super 8 est un documentaire ou qui ont une culture scientifique limite voire inexistante en astrophysique et au delà). De même je pense qu'il est très probable que la vie, sous quelle forme je ne sais, existe ailleurs dans l'Univers. Donc je crois aux extraterrestres. Nous sommes nés de notre étoile déjà, donc notre origine est de fait extraterrestre. Mais je ne crois pas à des aliens qui sont déjà sur Terre, ou qui veulent me faire une coloscopie ou qui veulent m'enlever comme dans X-Files. Mais si je dit que je crois aux extraterrestres on risque de me mettre dans le même sac que les farfelus qui croient à Roswell. Bref. Le monde est un peu foufou, j'ai pu le constater dans le fil de discussion LIVE de la Nasa sur Perseverance hier, mais il faut s'y faire. Entre les platistes, les fondamentalistes, les complotistes, les pro-aliens, les anti-aliens, c'est décourageant ... Bon sur 'Oumuamua l'auteur n'est pas exhaustif, il y a des réponses , et . Sans parler des magazines comme Astronomy Magazine ou encore L'Astronomie n°147 de Mars 2021 (Edito et article). Il est certes convaincant, il veut nous faire croire ... et il y arrive assez bien sur certains points. Mais comme il le dit, pour avancer, il faut plus de données. L'auteur finit par un développement philosophico-téléologique en citant notamment The Great Filter (Qu'a cité récemment Elon Musk , celui qui nous pollue l'espace avec StarLink [J'ai pu voir jeudi soir soir deux trains de satellites passer au dessus de moi, sur deux axes différents] nous rapprochant de la catastrophe des déchets dans l'espace et mettent en péril les observations (que ce soit l'ESO-ELT ou le Giant Magellan Telescope), les décollages de fusée etc., bref celui qui nous pousse dans le Filtre quoi qu'il en dise). L'auteur Avi Loeb expose enfin sa vision étonnement naïve de croire qu'en ayant découvert une vie extraterrestre tout à coup l'espèce humaine serait empreinte d'humilité (Ah ah ah mdr). Permettez moi de me gausser. Non que je n'aimerais pas que ce soit le cas. Pas du tout. Mais franchement vous y croyez vous ? Relisez vos manuels d'histoire. Pour quelqu'un qui a perdu une grande partie de sa famille à cause de la Shoah (Ce qu'il rappelle dans l'ouvrage), il me semble étonnamment optimiste pour ne pas dire franchement à côté de la plaque. Il me semble un peu schizo ou incohérent sur ces thématiques, à la fois l'espèce humaine est pas futée, pas très intelligente et en même temps faut faire des recherches extraterrestres pointues et essaimer et avoir de l'humilité (Vu comment il tape sur la physique théorique, le LHC, et même sur ses confrères parfois, je ne sais de quelle humilité il parle, pas de la sienne en tout cas, cela fleure un peu le melon ou le manque de reconnaissace, il meure d'envie d'être le découvreur cela se sent, je le comprends mais alors qu'il arrête de nous bassiner avec l'humilité, qu'il assume). Hummm et puis c'est un peu bisounours son programme. L'Histoire, si cette dernière m'a enseigné quelque chose, est que l'espèce humaine est variée et que l'hubris est l'un de ses moindres points faibles. Pour conclure, sur 'Oumuamua l'auteur reconnait qu'il aurait fallu une photo (Il dit aussi que rien ne sera fait ou ne peut être fait pour rattraper 'Oumuamua, ce qui est faux, par exemple Le projet Lyra, ou dans la revue Spectrum, mais il a tendance à abuser des arguments d'autorité, de propos définitif non étayés et d'ignorer une partie qui ne l'arrange pas, niveau rigueur et démarche scientifique il me surprend un peu) et en fin d'ouvrage que c'est bien une hypothèse, donc acte. Un surtitre du livre mensonger donc ; Pour la recherche extraterrestre qu'il estime insuffisante,  cette dernière existe (même si son livre ressemble à une lettre de motivation pour avoir des crédits pour sa voile solaire), mais la liste serait trop longue (Voir plus haut pour quelques exemples), quand à essaimer notre espèce dans l'univers alors qu'elle détruit son biotope de manière systématique, aveugle et soutenue, j'ai des doutes. Quand on est pas foutu de nettoyer, d'entretenir sa maison, qu'on saccage son jardin et qu'on défèque partout, on va pas emménager chez son voisin comme solution, si ? Bref un livre sympathique mais qui n'apporte pas grande-chose au final, même si cela offre de nombreux sujets d'échanges, ce qui est bien tout de même. Bon j'avoue que l'auteur m'agace un peu ... Et puis si cela incite des jeunes à étudier l'astrophysique alors je dis super ! (Il dit sensiblement la même chose à la fin mais le côté un peu ouin ouin, chouineur, de son ouvrage  et le paternalisme envers ses doctorants (Il utilise le possessif à tout bout de champ typique du supérieur où la culture du melon est florissante), sans parler de la répétition du mot humilité alors que l'ouvrage sent un peu le melon  (Oui moi aussi je me répète), tout cela est un peu pète noix. Mais après tout il est humain et je pense apporter moins à l'humanité, alors qui suis-je pour critiquer ? Ah oui un autre humain avec pleins de défauts warf warf. Mais ceux qui aspirent à explorer dans l'au delà peuvent aller sur le site de la NASA, du JPL, de l'ESA (qui recrute !!! Voir Dans la combi de Thomas Pesquet pour vous motiver, hi hi), le Centre Spatial Guyanais, ou, pour les ligériens, l'Observatoire de Nançay ! Ah si, vous voulez ressentir  cette émotion, fut-elle symbolique, d'avoir votre nom sur Mars ? C'est aussi par ICI ! Franchement enfant je rêvais d'être astronaute et nous vivons une époque assez incroyable où il est possible d'assister en direct, régulièrement, à des évènements spatiaux ...Avec un accès incroyable à énormément de choses, je suis stupéfait !! Sans parler des vidéos explicatives sur les télescopes, les satellites, les décollages, la station ISS, les rovers, sur Ingenuity (!!!!!), le premier hélicoptère, sur Mars !!!! Les feed live de la NASA (Qui devrait avoir des millions de vues ! et pourtant  ...), je suis un peu sidéré et ému de tout cela, alors le côté un peu ronchon d'Avi Loeb qui voit par le bout de sa lorgnette (ah ah) sans s'apercevoir que ça bouge et qu'il est pas le seul à avoir des idées, à réaliser des choses étonnantes, à être audacieux, à chercher de la vie dans l'espace, est un peu surprenant. Mais si ce livre fait avancer, alors ...pourquoi pas.

Note : AAAA

jeudi 18 février 2021

Oleg de Frederik Peeters

 Oleg de Frederik Peeters (Atrabile Editions,  184 pages, 2021)

Je n'ai entendu parler de Frederik Peeters que très récemment. Un youtuber en disant beaucoup de bien, qu'un de ses ouvrages l'avait bouleversé au point de remettre en cause une partie de sa vision du monde (Rien de moins). J'ai eu l'occasion de le découvrir pour la première au travers d'Oleg, un moment autobiographique de l'auteur. Ce dernier a su retranscrire les émotions qu'on peut traverser au cours de nos vies et les partager, il a su faire passer ces choses ineffables et indicibles qui caractérisent l'humain. Et par là même pousse le lecteur à s'interroger sur sa vie, son sens, et ses propres travers. Les liens tissés avec son épouse ou sa fille sont admirablement mis en scène. La première de couverture résume bien l'idée que je me fais de ce livre, une pause réflexive tournée vers la voie lactée, ce lien indéfinissable avec l'Univers et les questions essentielles, d'où je viens, où je suis, où vais-je. Ces questions qu'on se pose si souvent, qu'est-ce que la vie ? Qu'est-ce que vivre ? Que faire de soi ? Quels liens avec les autres ? Et tant d'autres. A chacun de se poser ses questions et ce livre vous y invite avec émotions et tendresse, avec ce regard critique sur notre société. Prenez cette pilule rouge et suivez le lapin blanc.

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA

The Music of the Primes Why an Unsolved Problem in Mathematics Matters by Marcus du Sautoy

The Music of the Primes Why an Unsolved Problem in Mathematics Matters by Marcus du Sautoy (Harper Perennial, 368 pages, 2004)

Incipit :

One hot and humid morning in August 1900, David Hilbert of the University of Göttingen addressed the International Congress of Mathematicians in a packed lecture hall at the Sorbonne, Paris.

Quel livre !!! Tous les ingrédients que j'aime réunis pour une recette équilibrée et parfaite. Le juste niveau de difficulté, des illustrations pertinentes, l'histoire des mathématiques autour des nombres premiers, des figures majeures de cette histoire présentées avec brio, les aspects de la recherche que ce soit sous l'angle des mathématiques aussi bien que ceux qui la réalise avec leurs personnalités ou leurs particularisme, et ce sentiment d'entendre cette partition musicale des nombres premiers, tout dans ce livre est perfection pour moi. Et la fonction Zêta de Riemann ... divin ! Je vous recommande de regarder sur Youtube (Deux exemples parmi d'autres : The Riemann hypothesis explained, Visualizing the zeta function) , beaucoup de vidéos sur cette fonction étonnante et frémissante, en lien musical avec les harmoniques. Cela a été un enchantement de lire ce livre, chaque jour un délice d'en parcourir quelques pages ou chapitres. Marcus du Sautoy a réussit le tour de force de transmettre la magie inhérente à un domaine qui a priori pourrait, pour le commun des mortels, en être dénué. Il se trouve que je travaille sur l'arithmétique modulaire (Number Theory Modular Arithmetic par Xing Zhou) et certains des problèmes à résoudre s'apparente, sans cet outil, à des tours de magie, justement ! Je recommande chaudement ce livre sur les nombres premiers ! Cela rejoint mes précédentes lectures A mathematician's Apology de Hardy, Oncle Petros et la conjecture de Goldbach, Le théorème du Perroquet, La conjecture de Poincaré, Le dernier théorème de Fermat, ainsi que mes loisirs sur les maths (Arithmétique modulaire ou le Mensa Puzzle Book) ou encore ma lecture en cours sur Bourbaki (Une société secrète de mathématiciens) de Maurice Mashaal.

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA^gogol^gogolplex

vendredi 5 février 2021

Einstein His Life And Universe by Walter Isaacson

 Einstein His Life And Universe by Walter Isaacson (Simon & Schuster, 675 pages, 2007)

Incipit

"I promise you four papers," the young patent examiner wrote his friends.

Un très beau livre. Je ne sais plus comment je l'ai eu, d'occasion cela est sûr. Relié, papier doux, découpé sur la tranche de manière irrégulière, cela donne un côté parchemin, un encart de photo, des illustrations, une base référentielle conséquente. Mais surtout on est au cœur de la vie d'Albert Einstein, de ses choix moraux, de son éthique, de ses doutes, de ses aménagements divers au gréé des aléas de la vie, des hauts comme des bas, de l'influence de l'Histoire (Nazisme comme de la naissance du Sionisme) sur sa vision du monde, de ses avis sur les questions religieuses ou sur l'idée de Dieu, et bien sûr de ses découvertes scientifiques majeures dont la Relativité. Des liens sont notamment fait avec Riemann dont j'ai lu quelques détails passionnants dans The music of the primes. Albert est un personnage particulièrement attachant. J'ai bien aimé voir une formule écrite de sa main dans l'un des derniers chapitres. On rencontre aussi du beau monde. Beaucoup de sujet sont effleurés comme le Projet Manhattan mais on ressent quand même l'ensemble de sa vie sous de multiples facettes. Cette biographie est une réussite.

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAAAA


Young Sherlock Holmes Death Cloud by Andrew Lane

 Young Sherlock Holmes Death Cloud by Andrew Lane ( Macmillan Children's Books, 320 pages, 2010)

Incipit

‘You there! Come here!’

Sherlock Holmes turned to see who was being called and who was doing the calling.

J'ai retrouvé dans cette série plus l'esprit de Sherlock Holmes que dans l'autre série qui met en scène le jeune James Bond. Même si on sent une influence assez grande (trop pour moi) entre son mentor et son frère Mycroft. L'histoire est bien menée, l'intrigue assez intéressante lié à un quelque chose qui a symboliquement une importance pour Sherlock, surtout quand ce dernier prendra sa retraite. Comme dans la série du jeune James Bond on retrouve les "astuces" de l'écrivain, à savoir le sidekick et la jeune et jolie demoiselle, qui dynamise et romtanticise (Oui un néologisme ...) l'histoire. Dans les deux cas j'ai pris plaisir mais c'est tout de même Sherlock qui a ma faveur, alors je lirais en premier la suite dans cette série.

Note : AAAAAAAAAA

mercredi 27 janvier 2021

Silverfin by Charlie Higson

Silverfin A James Bond Adventure. Young Bond Book One by Charlie Higson (Ian Fleming Publication, 400 pages, 2005)

Incipit

The boy crept up to the fence and looked around. There was the familiar sign…

Un roman jeunesse, pour la détente. Enfin pour la détente, il y a quelques passages qui fleurent bon le fantastique/horreur mais j'ai survécu (!). Bon je suis fan de James Bond, probablement lié à ma jeunesse où je le découvrais au cinéma. Depuis j'ai lu en anglais quelques Ian Fleming pour m'apercevoir au passage à quel point les films avaient "modernisé"/modifié les histoires originelles. Ici dans cette série, on peut découvrir l'enfance de James .... alléchant, non ? L'histoire se lit très bien, j'aime les histoires d'adolescent qui vont à l'école, qui grandissent, se transforment, vivent des aventures etc. Mais si le héros ne s'appelait pas James Bond cela n'aurait pas changé grand-chose. Cela aurait pu tout aussi bien être une aventure d'Alex Rider (Je parle des livres, pas des films que je n'ai pas vu). Cela reste proche du personnage emblématique, sur ses capacités, sur son adaptabilité, sur son courage mais cela ne fait pas James Bond pour autant. Donc un peu mitigé sur cet aspect. L'intrigue reste globalement simple au final. Néanmoins l'histoire est prenante et j'ai pris un grand plaisir à la dévorer. Dans la même lignée j'ai commencé Young Sherlock Holmes. Un de mes personnages préféré (Avec Lisbeth Salander, Yoko Tsuno et quelques autres). 

Note : AAAAAAAAAAAAAAAA

A mathematician's apology by G.H. Hardy

 A mathematician's apology by G.H. Hardy (Martino Fine Books, 93 pages, 2018)

Incipit :

It is a melancholy experience for a professionnal mathematician to find himself writing about mathematics.

A sa découverte j'ai été un peu surpris, par le format, je pensais recevoir un livre de poche, et par son épaisseur, un peu court et donc par là même cher, vu que c'est le prix d'un poche. Je m'en suis remis. Vous pouvez reprendre de la tarte au flanc. Nous plongeons dans la pensée d'un mathématicien qui explique ce que c'est que d'être un mathématicien. Un vrai. La différence réside essentiellement entre les mathématiques appliquées et le nirvana des mathématiques : les mathématiques abstraites, les mathématiques pures. De celles qui s'intéressent à des objets dont les théorèmes en révèlent une profondeur abyssale.  C'est très Platon comme vision, mais je vois l'idée. Il admet aussi que ce n'est pas dû à tout le monde et que cet univers est source d'une satisfaction intellectuelle sans bornes. Je veux bien le croire. Bref un condensé de paroles de mathématicien, qui peut faire entrevoir à son lecteur un monde imaginaire totalement abstrait et lui faire toucher du doigt à quel point c'est intéressant même si, en tout cas pour moi, je ne saurais jamais ce qu'il en est réellement. Mais cela m'en donne une idée et une certaine satisfaction malgré tout.

Note : AAAAAAAAAAAAAAA

dimanche 24 janvier 2021

Arsène Lupin Gentleman cambrioleur de Maurice Leblanc

 Arsène Lupin Gentleman cambrioleur de Maurice Leblanc (Fleurus, 150 pages, 2012)

Incipit :

L’étrange voyage ! Il avait si bien commencé cependant ! Pour ma part, je n’en fis jamais qui s’annonçât sous de plus heureux auspices.
L'impression d'un recueil de nouvelles qui s’enchainent avec fluidité. On y découvre l'origine du personnage, son ingénuité, son goût du déguisement, ses plans élaborés, sa finesse d'esprit, son côté joueur et même sentimental. Je retrouve aussi l'esprit Sherlock Holmes, sauf que là Arsène utilise son intellect pour voler autrui, avec brio et raffinement mais sans meurtre ou violence (Sauf envers les criminels). L'autre raison est que cela semble raconté par un tiers de confiance, pendant de Watson. C'est plutôt bien écrit, de manière à attiser la curiosité comme la variation sur le thème apparemment impossible de La chambre jaune de Gaston Leroux ou encore la rencontre épique avec Herlock Sholmès. Et un début pétaradant puisqu'on assiste à son arrestation. Comme dans Sherlock il y a le pendant de l'inspecteur Lestrade. Alors il est vrai que c'est suite au visionnage de Lupin sur Netflix et quelques fuites médiatiques sur le succès de cette série télé que finalement je me suis laissé tenté. Après tout ce livre était chez mes parents et je pensais le lire un jour. J'aime bien ce style et cette ambiance légèrement surannée. 

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAA

jeudi 21 janvier 2021

Doc Savage The Man of Bronze by Kenneth Robeson

 Doc Savage The Man of Bronze by Kenneth Robeson (Bantham, 135 pages, 1964 pour la première édition)

Incipit :

THERE was death afoot in the darkness

Cela me rappelle quelques souvenirs, de vieux Comics, le magazine Strange,  où l'action prime, où la psychologie est réduite, avec un rythme soutenu, des super méchants, des combats réguliers. Une forme de super-héro sans collant ni super-pouvoir mais avec des facultés à la limite du plausible, un supra-humain  à tout le moins. C'est un genre particulier, le Pulp ! En français il y a Bob Morane d'Henri Vernes. In est très vite dans l'action, en quelques chapitres à l'autre bout du monde, dans une vallée perdue d'une ancienne civilisation ... Cela se lit bien mais c'est un peu léger, primaire. Mais très distrayant tout de même. Cela pourrait être le script d'un comics tant on va à l'essentiel et tant c'est visuel finalement. Dans son genre, c'est du pulp comme Indiana Jones, de l'aventure à 200%. Assez fun !

Note: AAAAAAA

mercredi 20 janvier 2021

Oncle Petros et la conjecture de Goldbach d'Apostolos Doxiadis

 Oncle Petros et la conjecture de Goldbach d'Apostolos Doxiadis (Points Seuil, 205 pages, 2000)

Incipit :

Toute famille possède sa brebis galeuse.

Et oui encore un livre qui parle de mathématiques ... et qui le fait bien. Là on est au cœur de ce que cela coûte de s'attaquer à un problème ardu, de ce que c'est que d'être mathématicien (On nait mathématicien, on ne le devient pas ...), des passions dont ne sont pas exempt les mathématiciens, humains comme les autres. Et cela au travers une histoire familiale qui sonne juste.Un récit bien écrit et captivant. Peut-être plus littéraire que Le théorème du perroquet. Moins historique que Le dernier théorème de Fermat, moins technique et plus accessible que La conjecture de Poincaré. en fait une fois commencé j'ai eu du mal à le lâcher. Cet Oncle Petros m'intriguait et le personnage principal, son neveu, je me demandais ce qu'il allait devenir. Ce livre donne une bonne idée de la destinée du mathématicien pur et dur. Cet Oncle Petros me rappelle Andrew Wiles, à la différence que ce dernier a atteint son but ...

Note : AAAAAAAAAAAAAAA

Le théorème du perroquet de Denis Guedj

 Le théorème du perroquet de Denis Guedj (Seuil Points, 651 pages, 1998)

Incipit :

Comme tous les samedis, Max avait fait sa virée aux Puces de Clignancourt; il s'y était rendu à pied, par le nord de la butte Montmartre.

Un roman qui, sous couvert d'une intrigue un peu fantaisiste, propose de revisiter une partie de l'histoire des mathématiques au travers de quelques grands noms (Thalès, Euler, Gauss par exemple) et de quelques concepts issus par exemple de la géométrie ou de la théorie des nombres. Une famille atypique se retrouve avec un perroquet et hérite d'une bibliothèque exceptionnelle d'ouvrages mathématiques. Sur un ton bon enfant, style Daniel Pennac, avec une intrigue qui m'a rappelé Tintin et l'oreille cassée, on est sensibilisé, l'air de rien, à différents aspects des mathématiques, des ouvrages anciens, des mathématiciens et de la quête des théorèmes. Un livre sympathique, qui permet d'apprendre tout en s'amusant. Une excellente sensibilisation à cette matière. Pourrait plaire aux plus jeunes, peut-être 13, 14 ans ? On sent l'auteur passionné et il arrive à nous transmettre celle-ci, ce qui peut être un tour de force pour une matière finalement complexe.

Note : AAAAAAAAAAAAA

jeudi 14 janvier 2021

La conjecture de Poincaré de George G. Szpiro

 La conjecture de Poincaré de George G. Szpiro (Lattès Points Sciences, 408 pages, 2000) 

Incipit :

Le mois d'août n'est pas la meilleure époque de l'année pour visiter l'Espagne.

Mathématiquement plus ardu à suivre que Le dernier théorème de Fermat (La topologie me semble assez ésotérique et l'ouvrage n'offre pas la moindre illustration ou quelques bases ne serait-ce que pour se faire une idée) et plus centré sur le XXième siècle, début XXIème (Le livre de Singh remontait à Pythagore), et s'intéressant aux "petites affaires" dans le milieu assez clos des mathématiciens. Cela reste néanmoins tout aussi passionnant, donne une idée, même lointaine, de ce monde de la pensée abstraite, ce qui n'exclus pas la recherche de la gloire, les coups bas, les rancœurs, l'hostilité, la jalousie. Mais aussi l'entraide, le soutien, le partage. Disons qu'il semble qu'une certaine éthique se soit perdue dans les périodes récentes. Vraiment ? Peut-être. Disons que le slogan libéral "être publié ou crever" n'accentue pas les meilleures aspects de nos personnalités. Je serais plutôt d'avis de Perelman, la recherche pour la recherche et ne pas s'empêtrer dans ces travers si humains. J'ai découvert au passage le site ArXiv, et en parcourant cet article, j'ai été agréablement surpris que Matlab, que j'étudie aussi dans mes révisions mathématiques, était utilisé. Cool, non ? Bon je me dit qu'un jour je tenterais un livre de topologie pour débutant. Pour voir. Cela m'a donné envie de lire d'autres ouvrages de ce type. Notamment Le théorème du perroquet, qui me semble plus orienté roman que ces essais sur des conjectures mais je n'en ai pas d'autres sous la main alors pourquoi pas ? J'ai aussi en ligne de mire Oncle Petros et la conjecture de Goldbach. Et puis ces histoires, qui me dépassent d'une certaine manière, sont très motivantes pour mes révisions. Même si ces dernières n'ont pas du tout le même niveau (et de très très loin), je ne puis m'empêcher de ressentir une certaine satisfaction à faire des dérivées, entre autre. Dans peu de temps j'arrive aux intégrales, cela me rappellera des souvenirs. Et pouvoir faire des graphiques avec Matlab est une grande satisfaction aussi. Je découvre aussi l'intérêt pratique, les liens avec la physique et même le calcul pour des emballages ! Un peu comme Théorème vivant de Villani, on touche du doigt, même de manière imperceptible, ce monde qui me restera en très grande partie inconnu. Mais cela vaut le coup de s'y intéresser.

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAAA

Foundation's edge by Isaac Asimov

 Foundation's edge by Isaac Asimov (HarperCollins, 432 pages, 2016)

Incipit :

THE FIRST GALACTIC EMPIRE WAS FALLING. IT HAD been decaying and breaking down for centuries and only one man fully realized that fact.

J'ai parfois un peu de mal à débuter chaque tome car avant que l'intrigue débute vraiment on est un peu dans le flou. Et puis l'intrigue est assez élaborée voire retord finalement et là, comment dire, je n'ai pas été déçu, au contraire. Asimov arrive à maintenir l'intérêt dans ce sixième et avant-dernier tome. La fin est même ... cosmique ! Il arrive à insérer des considérations sur l'humanité, nos travers si caractéristiques : l'ambition, la perfidie, la jalousie etc et même la deuxième fondation n'est pas exempt de ces travers toute évoluée qu'elle est dans l'esprit. D’ailleurs ce niveau intellectuel et spirituel me rappelle un tantinet Le jeu des perles de verre d'Hermann Hesse. D'une certaine manière ce volume réponds à une des questions existentielles mais dans une perspective grandiose, qui rappelle une hypothèse dont je puis dire plus sans dévoiler la fin. Disons l'hypothèse G, sans trop en dire. Et puis sept volume comme pour Harry ma saga fétiche. cela ne peut être un hasard ...  J'ai commencé le dernier volume et peut-être que je m'aventurerais dans Le cycle des robots. Dans la postface Asimov parle d'autres ouvrages qui font référence à cet univers, cet empire, par exemple Peeble in the sky que j'avais lu il y a longtemps sans me douter de toutes ces ramifications. En fait cela fait parti d'un plus grand cycle, le cycle de l'Empire (Oui le nom utilisé par Lucas pour sa saga Star Wars) pour  Décidément il est fort Asimov ... un Maître.

Note : AAAAAAAAAAAAAAAA

samedi 9 janvier 2021

Le dernier théorème de Fermat de Simon Singh

 Le dernier théorème de Fermat - L'histoire de l'énigme qui a défié les plus grands esprits du monde pendant 358 ans de Simon Singh (Pluriel, 305 pages, 2002)

Incipit : 

Nous nous rencontrâmes enfin dans une salle clairsemée, assez grande pour contenir tous les gens du Département des mathématiques de Princeton à l'occasion de leurs grandes célébrations.

Une histoire très bien racontée, le juste équilibre entre émotions, aventures, suspense, notions mathématiques pour en comprendre l'enjeu intellectuel. Cela donne envie de devenir mathématicien c'est dire. Une quête commencée très tôt et l'auteur rappelle les origines à Pythagore, la question posée, la réponse dans la marge d'un livre par Fermat mais sans le détail de la démonstration, et la quête de nombreux mathématiciens, y compris des pointures Leonhard Euler, Gauss et d'autres. J'ai dévoré cet ouvrage. Cette lecture est très motivante aussi. A mon échelle je fais des mathématiques pour le plaisir, j'utilise Matlab depuis quelques jours et je comprends les sentiments qui habitent les mathématiciens (toute proportion gardée). Non seulement cela me permet de vérifier des calculs mais aussi se les représenter, que ce soit des fonctions, des dérivées ou la modification de coordonnées via des matrices. Il y a quelques passages dans ce livre qui m'ont beaucoup touché, la quête personnelle d'Andrew Wiles mais aussi le destin tragique de Taniyama. J'ai aussi regardé le documentaire de la BBC sur Dailymotion, et j'ai été fasciné par les formes modulaires, encore plus qu'elles aient un lien avec les équations elliptiques. L'auteur arrive à nous faire toucher du doigt cette épopée absolument passionnante. Et puis quelques anecdotes amusantes et quelques énigmes. Au point que cela m'a incité à en lire un autre dans la même veine : La conjecture de Poincaré de Szpiro qui parle d'un autre génie des maths, Grigori Perelman et d'une autre conjecture, non pas celle de Shimura-Taniyama mais celle de Poincaré, oui c'est le titre, cela tombe bien, fou non ?

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA

Le discours de Fabrice Caro

 Le discours de Fabrice Caro (Folio, 210 pages, 2018) 

Incipit :

Tu sais, ça ferait plaisir à ta sœur si tu faisais un petit discours le jour de la cérémonie.

Du grand Fabcaro. Déjà drôle dans ses BD il réussit dans cet ouvrage à garder le même 'mauvais' esprit, un ton décalé, un regard acéré sur nos faiblesses humaines, nos travers et une mise en perspective qui frôle parfois l'absurde. Sous un prétexte assez trivial, un discours de mariage, il nous emmène dans les relations dysfonctionnelles, les affres de l'amour, les non dits familiaux, sur un ton détaché et moqueur, un peu comme Houellebecq mais en moins sinistre, enfin moi Houellebecq me fait rire, mais bon. En lisant ce livre je m'imagine les planches que Fabcaro pourrait en tirer. Une lecture agréable assez détente, feelgood en fait.


Note : AAAAAAAA

vendredi 1 janvier 2021

Super crunchers by Ian Ayres

 Super crunchers - How anything can be predicted by Ian Ayres (John Murray, 260 pages, 2008)

Incipit :

Orley Ashenfelter really loves wine : "When a good red wine ages," he says, "something quite magical happens".
Un livre étonnant qui montre à quel point le calcul sur les données à partir des statistique (calcul régression) ou à partir de réseau neuronaux sur un ensemble gigantesque de données peut permettre de comprendre, analyser, produire de nouvelles informations et même prédire, anticiper. Le premier exemple sur la qualité d'un vin est révélatrice. A la fois de ce qu'il est possible de faire, de remettre en cause l'hégémonie d'une personne se prétendant experte, de réduire à une formule ce qui apparemment était du domaine des sens. Au fil du livre on perçoit à quel point l'expertise remise en cause peut être mal perçue voire complètement rejetée. Une blessure narcissique s'ajoutant aux trois de Freud ... Et pourtant, si on s'en tient aux exemples éducatifs ou médicaux, cela semble permettre de faire mieux, beaucoup mieux. Aussi fun que le livre Freakonomics, cela pose aussi la question, comment une 'simple' formule peut prédire la qualité du vin ? Et comment ce type de résultat permit par le data mining peut semer le trouble, le désordre, voire créer de l'hostilité ? Comment l'analyse régression peut se passer de soit-disant experts, la formule magique étant ici dévoilée, de nouveau pour orienter vos investissements, formule accessible ... à tous, tout comme sa découverte ou la découverte d'autres 'formules' à partir des OpenData. Et puis la vie privée qui est bousculée, car nous laissons d'innombrables traces et nos habitudes en sont bien plus prévisibles qu'on veut bien le croire, analysées et valorisée par le data mining, cela pose question sur nos libertés, notre autonomie, notre besoin de liberté, fut-elle illusoire. Encore une lecture suggérée par Culture Numérique. Excellente suggestion.

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA