jeudi 3 juin 2021

Le Gang de la Clef à Molette d'Edward Abbey

Le Gang de la Clef à Molette d'Edward Abbey (Gallmeister, 487 pages, 2005)

Incipit :

Lorsqu’un nouveau pont entre deux États souverains des États-Unis est achevé, arrive l’heure des discours, des drapeaux, des fanfares et de la rhétorique techno-industrielle amplifiée par haut-parleurs. 

Je n'ai pas lu la version illustrée par Crumb (Carrément adapté à l'ambiance du livre !!) car trop chère. J'ai appris aussi qu'il y a une suite. Je ne sais pas si je la lirais, je trouve que cet ouvrage se suffit à lui-même, bien que je sois curieux de ce qui advient à certains personnages, Doc ou Abbzug. Comme les luddites, un groupe épars se réunit en vue de commettre des actes de sabotages, on dirait peut-être éco-terrorisme de nos jours, à l'encontre du modernisme industriel salissant, détruisant, saccageant l'environnement. C'est aussi dans le courant de la contre-culture, voire qui prend racine dans la désobéissance civile de Thoreau. Il y a un côté subversif, comme avec la BD les Pieds-nickelés, mais aussi un hymne à la liberté, à la vie, même à vivre la vie par les deux-bouts, avec limite un soupçon de punk voire de No Future. Comme je ne suis guère pour le vandalisme l'épopée me dérange un peu mais en même temps me fait m'interroger sur moi, la société, le futur. La préface de Robert Redford donne un éclairage singulier sur l'auteur, très taciturne, avare de mots, allant à l'essentiel. Un peu le contraire de ses personnages un peu loufoques, extravagants, qui revivent une sorte de conquête de l'Ouest. Une lecture vivifiante qui interroge notre modernisme, notre société de consommation, tous ces clichés limités éculés mais qui nous rappelle que sous nos yeux il y a la vie, la nature, les relations et que c'est là l'essentiel. En pleine pandémie et télétravail cela fait d'autant plus sens. 

Note:  AAAAAAAAAAAA

 

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