samedi 14 mai 2022

Stefan Zweig de Dominique Bona

Stefan Zweig de Dominique Bona (tempus, 517 pages, 2022)

Incipit :

Quand j'ai écrit la biographie de Stefan Zweig, mon fils avait quinze ans et lisait Le joueur d'échecs.

Une très belle biographie, très bien écrite, passionnante de bout en bout, qui, au travers de Zweig, souligne le tragique de l'homme, de sa destinée. En dépit de ses idées cosmopolites, de sa culture européenne, Zweig sera le témoin impuissant de deux guerres qui déchireront l'Europe et le monde. A notre époque du brexit, de Trump, Bolsonaro, de guerre en Ukraine, je retrouve son pessimisme.

Bon, m'intéressant à la psychanalyse, dans le livre pour les nuls, ils recommandent quelques films (Par exemple l'excellent Hitchcock La maison du Docteur Edwards, avec décors de Salvador Dali) mais aussi des romans comme L'interprétation des meurtres, qui s'enlise au fur et à mesure de l'intrigue pour devenir très ennuyeux vers la fin. Je ne sais si je le finirais.

J'ai fini l'excellentissime série En thérapie sur ArteTV, et j'ai enquillé Mindhunter sur Netflix. J'aime bien l'ambiance des années 60, le style qui me rappelle le film culte Le silence des agneaux, bref j'ai commencé le livre Mindhunter qui a inspiré la série éponyme. J'ai aussi terminé Luca de Franck Thilliez, d'abord parce que j'ai lu tout Noreck, tout Minier, que cela faisait longtemps que je n'avais plus lu Franck alors que son Labyrinthe vient de sortir. Il sera prochainement sur la liste. Probablement après Le fantôme du vicaire, suite du très bon Le bureau des affaires occultes.

 Bon week-end et à un de ces quatre ! 





jeudi 28 avril 2022

Olivier Norek

1er avril 2022
La série Olivier Norek, de Code 93 à Dans les brumes de Capelans (Pocket ou Michel Lafon, Un certain
nombre de pages, 2014 à 2022)

C'est vrai je délaisse un peu ce blog ; Quelques évènements personnels viennent émailler une vie ordonnée, calibrée, sur des rails, et de nouveaux horizons se découvrent au fur et à mesure. Non que je n'ai point lu, loin de là, des bandes dessinées (Chris Ware, Moebius, Scott McCloud), des comics, de la psychanalyse (Freud, Lacan), des mangas (Je relis 20th Century Boy, Death Note et en découvre d'autres), et aussi du ... policier. Par la grâce d'un échange heureux à la librairie Le Chat qui Dort à Beaugency, j'ai découvert Olivier Norek. Oui la couverture de cet article n'a aucun rapport, c'était un essai pour le 1er avril 2022, pour l'étal de la librairie La Chat qui dort. Cette couverture n'a pas été retenu alors ... cadeau. J'en ai fait une vingtaine, peut-être que vous en aurez d'autres, si vous êtes sages. Mais revenons à Olivier Norek. J'adore ! J'ai tout lu en moins de trois semaines. La pile de livres, tout en pocket sauf le dernier, s’est nonchalamment réfugié à côté de mon épouse, pour l'inciter à les lire, c'est mon côté pervers. Même si des passages sont violents, on apprend la maïeutique avec une perceuse et un foret de 12, il y a plusieurs aspects qui m'ont conquis. Un récit haletant, c'est quand même la moindre des choses, des personnages bien campés, attachants, dont on s'inquiète, preuve de la réussite, et parfois on s'inquiète même de personnages qui se révèlent pas si saint que cela, l'auteur ayant l'audace non seulement de bien ficeler ses intrigues, le coquin, je subodore qu'il est un expert en préparation de gigot probablement ou en bondage scénaristique, et qui, de surcroît réserve souvent, après un chapitre qui semble conclure l'affaire, une surprise de dernière minute, genre le bouquet final, la dernière salve du feu d'artifice, la cerise sur le gâteau, le croquant noisette à l'intérieur d'un chocolat moelleux. Au point, si je ne faisait pas attention, de me transformer en stalker, prêt à le rencontrer, le féliciter, lui demander une dizaine d'autographe, à quand le prochain Costes (Son héros), s'il voulait m'en dire plus, me rajouter comme personnage dans l'un de ses romans, bref la lose totale, le chien chien éperdu devant son maître à baver pour une croquette. J'avais pas mal lu Thilliez, puis Bernard Minier, et pourtant il y a un petit plus pour Norek, l'engagement social, la finesse psychologique, l'ambivalence du bien et du mal ou disons la porosité entre ces deux extrêmes, pas du binaire en somme, bref de l'humain rien que de l'humain. Avec Entre deux mondes, il m'a fait pleurer bordel ! J'ai senti la douleur de Costes alors que Dans les brumes de Capelans il apprend ... ha ha non je vous dirais pas. Et Noémie dans Surface, j'avais peur pour elle. Même Melchior, le psy, m'a laissé des souvenirs ...  Bon le problème est que là ben j'ai tout lu ... Alors Olivier, s'il te plait, dis moi que tu es sur le prochain, qu'il ne va pas tarder à paraître ... Et puis si tu passes dans la région je serais tellement content de vous rencontrer. Bon je vais de suite regarder si vous avez un site et peut-être un circuit de promotion pour votre dernier ouvrage. Au plaisir de vous rencontrer un jour. Et dans l'attente de votre prochain que ce soit avec Costes, Noémie ou un autre personnage. En tout cas merci pour ces moments passés avec vos histoires, je suis accro !

Note : 10/10 pour toute la série


dimanche 6 mars 2022

Le droit d'emmerder Dieu de Richard Malka

Le droit d'emmerder Dieu de Richard Malka (Grasset, 93 pages, 2021)

Incipit :

J'écris mes plaidoiries.

Brillante plaidoirie de Richard Malka (Avocat de Charlie Hebdo, lors du procès des attentats) qui résume ma pensée et que je soutiens pleinement. Les manipulations de certains imams, l'instrumentalisation par des régimes autoritaires musulmans (qui ne bougent pas une oreille pour leurs frères, et sœurs, ouïghours), la duplicité et la lâcheté de certains intellectuels et personnes politiques française et du monde, guère étonnant pour les premiers, une grande majorité des figures intellectuelles françaises du XXème siècle ayant soutenu les pires régimes, comme Sartre et bien d'autres, d'autres ayant soutenu les Khmers et le régime de Pol Pot, par exemple Alain Badiou. Pour les seconds, les politiques, une absence de vision et de convictions, bradées sur l'autel électoraliste, reste du classique pour un monde politique à courte vue dans un contexte individualiste et consumériste. L'indigence des argumentaires d'un grand nombre d'individu, de ces "hauts esprits", ne pas blesser, ne pas heurter, sur la religion alors que des extrémistes venaient de laisser le corps encore chaud de leurs victimes. La confusion de ces esprits est sidérante, prêt à sacrifier la liberté de tous, y compris celle de tous les croyants de toutes les religions, en abdiquant sur un principe fondamental, dont tout le monde profite, croyants, non croyants, idéologies diverses, et qui permet à tout un chacun de vivre ensemble.

Ce livre, cette plaidoirie, est un hymne à la liberté, la seule, celle qui autorise chacun à critiquer idéologies, religions mais pas à critiquer les personnes en tant que telle. C'est aussi cela la tolérance, tant il est facile de tolérer ce qui nous convient, mais la tolérance, la vraie, est d'accepter ce qui nous remet en cause. Ces deux principes visant à casser le cercle de la violence. Encore faut-il y être éduqué.

En pleine guerre ukrainienne menée par un dictateur criminel de guerre, V. Putin, je sens poindre le désastre d'une troisième guerre mondiale, Sapiens (bien peu de sapience en vérité, en tant qu'espèce) ayant atteint le degré zéro de son épanouissement spirituel. L'Histoire ne lui a rien appris et il est toujours aussi belliqueux, assoiffé de pouvoir et prêt à détruire, tuer, éradiquer, pour des dogmes, une idéologie, une croyance. Son impéritie au regard des enjeux (Réchauffement climatique, Sixième extinction) tout comme sa lâcheté devant l'inadmissible le rend impropre à sa propre succession. Ce vieux monsieur qu'est V. Putin (Un nom plus approprié, que la version française Poutine), n'a plus rien à perdre, Thanatos a pris le dessus sur Eros. Peut-être ne verrais-je pas le monde dans un grain de sable, ni le paradis dans une fleur. Je n'aurais pas eu le temps de tenir l'infini dans la paume de ma main et de voir l'éternité durer une heure (Oui c'est W. Blake)

Courage aux ukrainiens. Courage aux humains de bonne volonté. Courage aux russes qui subissent un régime totalitaire et répressif.

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA

jeudi 6 janvier 2022

La maladie bipolaire du Dr Raphaël Giachetti

La maladie bipolaire expliquée aux souffrants et aux proches du Dr Raphaël Giachetti (Odile Jacob/Psychologie, 222 pages, 2016)

Incipit :

 Le trouble bipolaire, ou maladie bipolaire, ou encore maladie maniaco-dépressive, touche au bas mot 3% de la population.

Un mal bien plus courant que je ne le pensais. Plus divers aussi (Il y a au moins deux types, l'état mixte et si un des pôles est inexistant l'état dit monopolaire). Sous forme de dialogues, très bien mis en scène, entre une journaliste et l'auteur, avec ce qu'il faut d'humour, de tensions voire d'innuendo, l'état des lieux, la nosographie, l'étiologie, les traitements possibles dont la psychoéducation chère à l'auteur, sont très bien décrits. Avec justesse. J'ai compris le mal profond et violent dont souffrait les bipolaires. Comme pour l'ouvrage sur la schizophrénie, cet ouvrage, en décrivant les états extrêmes ou qui s'écartent de la norme, dit quelque chose de ce qu'on évoque par "normalité", dit quelque chose de l'humain dans sa globalité, dit quelque chose de moi aussi en tant qu'être. Permet enfin une meilleure compréhension de l'autre, dans sa diversité.

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA

La schizophrénie du Pr Nicolas Franck

 La schizophrénie. La reconnaitre et la soigner du Pr Nicolas Franck (Odile Jacob / Psychologie, 209 pages, 2021)

Incipit :

Depuis qu’Émile Kraeplin l'a décrite en 1899, et qu'Eugen Bleuler lui a donné son nom en 1911, la schizophrénie a beaucoup fat parler d'elle, et ce dans plusieurs registres.

Un excellent ouvrage sur une maladie bien plus complexe que je ne l'aurais imaginée. L'ouvrage rend bien compte des difficultés vécues, terribles, des possibilités diverses et complexes également des traitements, de l'étiologie, des nouveaux traitements comme la stimulation magnétique transcrânienne, l'importance du contexte, les critères, l'évolution, les rémissions, les écueils etc. Un livre d'une grande richesse, clair, qui peut apporter énormément aux patients comme à leur entourage. Un livre qui n'élude pas les difficultés diverses (Détection compliquée, prise en charge, etc), les souffrances ressenties, les dégâts occasionnés. Un livre qui offre un panorama qui me semble assez complet de cette maladie, pour une meilleure compréhension et donc ouvrant la possibilité à de meilleurs traitements, de meilleurs soins, une meilleure aide. Qui sort des sentiers battus et les clichés sur cette maladie (qui ne se réduit pas à une personnalité multiple par exemple).

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA

Ma vie de C. G. Jung

 "Ma Vie" Souvenirs, rêves et pensées de C. G. Jung, recueillis et publiés par Aniéla Jaffé (Folio, 712 pages, 2021)

Incipit :

Ma vie est l'histoire d'un inconscient qui a accompli sa réalisation.

Quel livre ! C'est en ayant lu celui sur Jung de F. Lenoir, que j'ai voulu en savoir plus. L'incipit donne le ton et il est vrai que tout le livre décrit exactement cela, ce processus d'individuation cher à Jung. Comme le souligne Lenoir tout n'est pas dit, ni son "égarement" sur le nazisme, ni l'inceste qu'il aurait subit, ni certainement un tas d'autres choses. Néanmoins il s'agit d'un témoignage fort sur un personnage singulier. Son Liber Novus est stupéfiant et le mandala a une place bien plus complexe que celle décrite dans ce livre, qui reste, d'une certaine manière, une introduction à sa vie et à son œuvre. Cela incite à une plus large ouverture d'esprit, à la curiosité, à la recherche de soi par des chemins divers autant que personnel. Car on peut y puiser tant de chose comme le fait de construire ses propres outils. Sa rupture avec Freud, ici évoquée, notamment parce que Freud ne voulait pas perdre son "autorité" occulte ses quatre années à s'en remettre. Mais cela reste évoqué. Tout n'est pas dit mais pourtant on y trouve les clés. Cet ouvrage permet aussi de différencier, dans une certaine mesure, la psychanalyse freudienne de l'analyse psychologique, aka la psychanalyse jungienne. Étudier la psychologie est aussi, selon moi, s'intéresser à ses figures et ce livre vaut le détour à plus d'un titre. Cela m'a incité à écouter les émissions sur la psychanalyse sur France Culture (Les quatre podcasts "Faut-il tuer Freud ?" de l'émission de Van Reeth par exemple). Une bonne introduction aux concepts de Jung.

Note : AAAAAAAAAAAAAAA